Bonsoir Patrick,
Bonsoir à tous les contributeurs qui se sont exprimés posément sur mon malheureux post,
D'abord, urbi et orbi, je suis ravi qu'un commentaire absolument sans intérêt provoque une telle succession de messages. Oui c'est un sarcasme puisque le résultat de cette excellente attitude (je dois pointer à -2 en cet instant) est que je ne suis même pas sûr d'être lisible avec ce nouveau post. La chasse aux sorcières comme moyen de réplique des analphabètes et des immatures va finir par m'éloigner une bonne fois pour toute de linuxfr. C'était HS mais ça soulage...
1ère clarification : je ne visais aucunement Patrick de manière personnelle dans mon post. Je critiquais un comportement auquel s'est livré Patrick et que je désapprouve totalement, l'euphémisation des rapports de force et de la violence sociale au travail. Ceux qui ne saisisse pas la nuance peuvent aller s'occuper autrement, la suite ne les intéressera pas plus. Sur ce point, j'y reviendrai...
2ème clarification : je ne visais pas les USA, j'ai passé l'âge. De la même façon qu'il faut laisser la peur du rouge aux bêtes à cornes, j'apprécierais de ne pas être assimilé aux anti-américanistes primaires qui sévissent ici et là. Pour donner un exemple, la "liberté d'expression" et la "privacy" étaient bien mieux garantis aux USA qu'en France ou qu'en Angleterre. Donc merci aux spécialistes des amalgames poisseux de passer leur chemin.
Je parlais d'un mode de fonctionnement qui n'existe plus en France que pour certains types de postes (administrateurs et dirigeants des sociétés congédiables ad nutum (= d'un signe de tête), collaborateur politiques, postes de cabinet dans la haute fonction publique), c'est-à-dire un départ sans préavis et peu ou pas indemnisé .
C'était schématique mais, en aparte, ce qu'indique pasBillpasGates n'est pas significatif de la généralité des entreprises aux USA à ma connaissance: il s'agit plus d'un choix généreux de son employeur (comme le recours aux "packages" lors d'un licenciement par exemple). Pour les SSII ou pour Wal-Mart, mon intuition est que l'on ne prend pas forcément toujours des gants. Ceci étant je n'irais pas lire dans l'USC les lois fédérales du travail ce soir, donc je passe sur un débat que je ne voulais pas soulever d'ailleurs.
3ème clarification : Je suis ravi de relever que je suis clairement reconnu pour ce que je suis, à savoir un crypto-communiste, certainement syndiqué et ouvertement pro-grève. cela doit signifier que je suis quelqu'un d'honnête intellectuellement, non ?? Pour parodier les échanges fumeux des gauchistes des années 70, les questions "D'où parles-tu Camarade ?" (sous entendu pour quelle faction, scission, groupuscule...) n'est pas inintéressante, c'est un premier gage d'intégrité intellectuelle qui expose clairement ses "fondamentaux" intellectuels, moraux ou idéologiques. Pour mémoire, et avant toute chose à mon avis, je suis profondément et intrinsèquement un juriste.
4ème clarification : Je n'ai jamais contesté le droit d'un employeur de procéder à un licenciement . C'est une évidence pour tout juriste : un contrat doit pouvoir être rompu (d'où le débat historique sur le mariage, est-ce une institution (= intouchable) ou un contrat (= divorce possible) ? C'est un peu comme si j'interdisais à un employé de démissionner...
Mais l'Humanité ou pour éviter les associations malheureuses, le "Respect sacré qui est du à un être humain" fait, exige, devrait rendre évident que l'on ne peut pas traiter une personne sensible comme un ordinateur amorti comptablement et en bout de course matériellement. C'est à dire que l'exercice du pouvoir de licenciement doit être encadré (extrêmement encadré de mon point de vue) et qu'il soit assorti de justes compensations proportionnées au sérieux des motifs ayant justifié qu'il soit mis au contrat.
Ayant un score de 3:1 (3 dém' ; 1 licenciement), je peux vous dire qu'un licenciement fait plus de mal et plus durablement à un humain qu'une démission ne bouleverse une entreprise. Je ne vous souhaite pas de le vivre mais la dépression, le divorce, le suicide sont réellement des conséquences usuelles de licenciements, économiques ou non.
Je vous épargne les considérations marxistes inactuelles mais pourtant promises à une nouvelle évidence dans les prochains mois selon lesquelles les chômeurs constituent l'armée de réserve des employeurs (plus de chômeurs, moins de revendications salariales, moins de contestation, possibilité de remplacer à vil prix des employés, etc.).
Donc le coeur du débat, c'est quoi ??
C'est qu'il y a actuellement une forte tendance à truquer les termes du débat sur la relation Employeurs-Employés. Un contrat de travail entre une structure et un Humain n'est pas un achat de'un bien consommable car, entre autres choses, l'Humain a le droit au Respect et à ce que soit préservée sa Dignité.
Parmi ces dévoiements, un discours aigri assez récurrent existe chez des gens qui n'auraient jamais le courage de faire grève, de déposer un témoignage pour soutenir un collègue aux Prud'hommes ou de se rebiffer sur des humiliations petites ou grandes, c'est de reprocher à ceux qui ont ce courage, qui n'ont pas abdiqué tout sens de la Dignité d'être des "preneurs d'otages" des usagers, des "grandes gueules", des "fouteurs de merde", bref des cgt-syndicalistes...
Pour tout dire, et justement pour éviter que Patrick ne puisse penser à une attaque ad hominem le visant (j'ai déjà du marquer une fois ou deux des déssacords avec lui, ça pourrait légitimement nourrir un soupçon de vendetta délirante de ma part), j'ai volontairement omis un autre épisode qui m'avait marqué : c'était à l'occasion de la rituelle dépèche de sortie de Noyau : il faisait état en termes assez détendus de la façon dont un développeur du noyau qui s'était consacré pendant plusieurs mois sur un nouvel ordonannceur avait vu son projet dégagé d'un claquement de doigt ou peu s'en faut par l'arbitraire de Linus T. himself. Tout celà assorti de commentaires de posteurs du genre, "c'est ça aussi le libre", "c'est la sélection des meilleurs projets", patati-patata.
Non, ça c'était du darwinisme social parfaitement rustique et c'est, de mon point de vue, parfaitement déguelasse.
Je suis, à tous égards, très loin d'être une petite chose fragile mais je sais que d'autres sont plus fragiles que moi et même si je ne l'espère pas je pourrais moi aussi, un jour, être fragilisé. Mais même si ce n'était jamais le cas, le respect que je ressens à défaut de le devoir pour tout autre hominidé fait que je ne lui souhaite ni souffrances, ni malheur. Mieux, même si je me sens sûr de ma force, de mon talent et de mon génie, winner parmi les winner jamais je ne m'abaisserais à une telle attitude envers un prétendu loser. C'est fleur-bleue et naïf pour ceux qui se planquent derrière un faux cynisme moderne (les vrais cyniques se pendent).
Mais c'est ça qui est en jeu, affaiblir notre sensibilité aux destins de nos congénères, s'habituer à la violence sociale et morale, pire la banaliser avant, en toute bonne conscience, de la reproduire...
Le rapport entre un employeur et ses subordonnés est un rapport juridique mais aussi un rapport de force et, comme dans tout lieu de pouvoir, il y a de nombreux abus de pouvoirs en entreprise sans qu'il soit souhaitable ou légitime de les banaliser ou de les masquer derrière des formules camouflages. A la rigueur, la froide honnêteté du gus de Red Hat est intègre et sincère : ils en avaient le pouvoir, ils avaient un motif légitime, ils l'ont fait et ils assument. Pas d'enjolivage, pas de pipeau.
Pour donner d'autres exemples de banalisation contre lesquelles je m'insurge :
- "pousser vers la sortie" ; "mettre au placard", ça peut avoir un autre nom juridiquement : du harcèlement moral...
- considérer qu'une telle ne "progresse plus" et percute le "plafond de verre", mais que "c'est normal tu comprends, depuis qu'elle a des gosses..."....
- dernier exemple, comme le disait l'affreux Filoche dans le canard de Siné il y a quelques semaines, le terme "collaborateurs" est une autre escroquerie intellectuelle. Le contrat de travail se traduit par un lien de subordination qui se manifeste notamment par l'autorité de l'employeur et l'existence d'un pouvoir disciplinaire, lequel ne peut être contesté a priori mais seulement a posteriori devant les juges.
Donc loin de l'agressivité de pacotilles, je vous invite seulement à être attentifs, jusqu'en dans vos termes, à la dignité de vos frères d'espèce et de ne pas abdiquer totalement devant l'individualisme obligatoire et forcené que l'on cherche à nous inculquer...
Bon soir & à tous mais toujours très fraternellement,
Yojik
--
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ps : comme les surintérprétations de mes quelques lignes sont quand même assez prodigieuses, je vous invite à lire successivement, le Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie et "Qui as tué Roger Ackroyd" de M. Bayard aux éditions de Minuit qui expose au passage et magistralement ce qu'est une "lecture délirante" d'éléments factuels...
[^] # Re: Que ces choses là en termes délicats sont dites...
Posté par yojik77 . En réponse à la dépêche RPM va enfin de l'avant avec la version 4.6. Évalué à -1.
Bonsoir à tous les contributeurs qui se sont exprimés posément sur mon malheureux post,
D'abord, urbi et orbi, je suis ravi qu'un commentaire absolument sans intérêt provoque une telle succession de messages. Oui c'est un sarcasme puisque le résultat de cette excellente attitude (je dois pointer à -2 en cet instant) est que je ne suis même pas sûr d'être lisible avec ce nouveau post. La chasse aux sorcières comme moyen de réplique des analphabètes et des immatures va finir par m'éloigner une bonne fois pour toute de linuxfr. C'était HS mais ça soulage...
1ère clarification : je ne visais aucunement Patrick de manière personnelle dans mon post. Je critiquais un comportement auquel s'est livré Patrick et que je désapprouve totalement, l'euphémisation des rapports de force et de la violence sociale au travail. Ceux qui ne saisisse pas la nuance peuvent aller s'occuper autrement, la suite ne les intéressera pas plus. Sur ce point, j'y reviendrai...
2ème clarification : je ne visais pas les USA, j'ai passé l'âge. De la même façon qu'il faut laisser la peur du rouge aux bêtes à cornes, j'apprécierais de ne pas être assimilé aux anti-américanistes primaires qui sévissent ici et là. Pour donner un exemple, la "liberté d'expression" et la "privacy" étaient bien mieux garantis aux USA qu'en France ou qu'en Angleterre. Donc merci aux spécialistes des amalgames poisseux de passer leur chemin.
Je parlais d'un mode de fonctionnement qui n'existe plus en France que pour certains types de postes (administrateurs et dirigeants des sociétés congédiables ad nutum (= d'un signe de tête), collaborateur politiques, postes de cabinet dans la haute fonction publique), c'est-à-dire un départ sans préavis et peu ou pas indemnisé .
C'était schématique mais, en aparte, ce qu'indique pasBillpasGates n'est pas significatif de la généralité des entreprises aux USA à ma connaissance: il s'agit plus d'un choix généreux de son employeur (comme le recours aux "packages" lors d'un licenciement par exemple). Pour les SSII ou pour Wal-Mart, mon intuition est que l'on ne prend pas forcément toujours des gants. Ceci étant je n'irais pas lire dans l'USC les lois fédérales du travail ce soir, donc je passe sur un débat que je ne voulais pas soulever d'ailleurs.
3ème clarification : Je suis ravi de relever que je suis clairement reconnu pour ce que je suis, à savoir un crypto-communiste, certainement syndiqué et ouvertement pro-grève. cela doit signifier que je suis quelqu'un d'honnête intellectuellement, non ?? Pour parodier les échanges fumeux des gauchistes des années 70, les questions "D'où parles-tu Camarade ?" (sous entendu pour quelle faction, scission, groupuscule...) n'est pas inintéressante, c'est un premier gage d'intégrité intellectuelle qui expose clairement ses "fondamentaux" intellectuels, moraux ou idéologiques. Pour mémoire, et avant toute chose à mon avis, je suis profondément et intrinsèquement un juriste.
4ème clarification : Je n'ai jamais contesté le droit d'un employeur de procéder à un licenciement . C'est une évidence pour tout juriste : un contrat doit pouvoir être rompu (d'où le débat historique sur le mariage, est-ce une institution (= intouchable) ou un contrat (= divorce possible) ? C'est un peu comme si j'interdisais à un employé de démissionner...
Mais l'Humanité ou pour éviter les associations malheureuses, le "Respect sacré qui est du à un être humain" fait, exige, devrait rendre évident que l'on ne peut pas traiter une personne sensible comme un ordinateur amorti comptablement et en bout de course matériellement. C'est à dire que l'exercice du pouvoir de licenciement doit être encadré (extrêmement encadré de mon point de vue) et qu'il soit assorti de justes compensations proportionnées au sérieux des motifs ayant justifié qu'il soit mis au contrat.
Ayant un score de 3:1 (3 dém' ; 1 licenciement), je peux vous dire qu'un licenciement fait plus de mal et plus durablement à un humain qu'une démission ne bouleverse une entreprise. Je ne vous souhaite pas de le vivre mais la dépression, le divorce, le suicide sont réellement des conséquences usuelles de licenciements, économiques ou non.
Je vous épargne les considérations marxistes inactuelles mais pourtant promises à une nouvelle évidence dans les prochains mois selon lesquelles les chômeurs constituent l'armée de réserve des employeurs (plus de chômeurs, moins de revendications salariales, moins de contestation, possibilité de remplacer à vil prix des employés, etc.).
Donc le coeur du débat, c'est quoi ??
C'est qu'il y a actuellement une forte tendance à truquer les termes du débat sur la relation Employeurs-Employés. Un contrat de travail entre une structure et un Humain n'est pas un achat de'un bien consommable car, entre autres choses, l'Humain a le droit au Respect et à ce que soit préservée sa Dignité.
Parmi ces dévoiements, un discours aigri assez récurrent existe chez des gens qui n'auraient jamais le courage de faire grève, de déposer un témoignage pour soutenir un collègue aux Prud'hommes ou de se rebiffer sur des humiliations petites ou grandes, c'est de reprocher à ceux qui ont ce courage, qui n'ont pas abdiqué tout sens de la Dignité d'être des "preneurs d'otages" des usagers, des "grandes gueules", des "fouteurs de merde", bref des cgt-syndicalistes...
Pour tout dire, et justement pour éviter que Patrick ne puisse penser à une attaque ad hominem le visant (j'ai déjà du marquer une fois ou deux des déssacords avec lui, ça pourrait légitimement nourrir un soupçon de vendetta délirante de ma part), j'ai volontairement omis un autre épisode qui m'avait marqué : c'était à l'occasion de la rituelle dépèche de sortie de Noyau : il faisait état en termes assez détendus de la façon dont un développeur du noyau qui s'était consacré pendant plusieurs mois sur un nouvel ordonannceur avait vu son projet dégagé d'un claquement de doigt ou peu s'en faut par l'arbitraire de Linus T. himself. Tout celà assorti de commentaires de posteurs du genre, "c'est ça aussi le libre", "c'est la sélection des meilleurs projets", patati-patata.
Non, ça c'était du darwinisme social parfaitement rustique et c'est, de mon point de vue, parfaitement déguelasse.
Je suis, à tous égards, très loin d'être une petite chose fragile mais je sais que d'autres sont plus fragiles que moi et même si je ne l'espère pas je pourrais moi aussi, un jour, être fragilisé. Mais même si ce n'était jamais le cas, le respect que je ressens à défaut de le devoir pour tout autre hominidé fait que je ne lui souhaite ni souffrances, ni malheur. Mieux, même si je me sens sûr de ma force, de mon talent et de mon génie, winner parmi les winner jamais je ne m'abaisserais à une telle attitude envers un prétendu loser. C'est fleur-bleue et naïf pour ceux qui se planquent derrière un faux cynisme moderne (les vrais cyniques se pendent).
Mais c'est ça qui est en jeu, affaiblir notre sensibilité aux destins de nos congénères, s'habituer à la violence sociale et morale, pire la banaliser avant, en toute bonne conscience, de la reproduire...
Le rapport entre un employeur et ses subordonnés est un rapport juridique mais aussi un rapport de force et, comme dans tout lieu de pouvoir, il y a de nombreux abus de pouvoirs en entreprise sans qu'il soit souhaitable ou légitime de les banaliser ou de les masquer derrière des formules camouflages. A la rigueur, la froide honnêteté du gus de Red Hat est intègre et sincère : ils en avaient le pouvoir, ils avaient un motif légitime, ils l'ont fait et ils assument. Pas d'enjolivage, pas de pipeau.
Pour donner d'autres exemples de banalisation contre lesquelles je m'insurge :
- "pousser vers la sortie" ; "mettre au placard", ça peut avoir un autre nom juridiquement : du harcèlement moral...
- considérer qu'une telle ne "progresse plus" et percute le "plafond de verre", mais que "c'est normal tu comprends, depuis qu'elle a des gosses..."....
- dernier exemple, comme le disait l'affreux Filoche dans le canard de Siné il y a quelques semaines, le terme "collaborateurs" est une autre escroquerie intellectuelle. Le contrat de travail se traduit par un lien de subordination qui se manifeste notamment par l'autorité de l'employeur et l'existence d'un pouvoir disciplinaire, lequel ne peut être contesté a priori mais seulement a posteriori devant les juges.
Donc loin de l'agressivité de pacotilles, je vous invite seulement à être attentifs, jusqu'en dans vos termes, à la dignité de vos frères d'espèce et de ne pas abdiquer totalement devant l'individualisme obligatoire et forcené que l'on cherche à nous inculquer...
Bon soir & à tous mais toujours très fraternellement,
Yojik
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ps : comme les surintérprétations de mes quelques lignes sont quand même assez prodigieuses, je vous invite à lire successivement, le Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie et "Qui as tué Roger Ackroyd" de M. Bayard aux éditions de Minuit qui expose au passage et magistralement ce qu'est une "lecture délirante" d'éléments factuels...