• # Zotero et Thomson-Reuters : affaire à suivre...

    Posté par . En réponse à la dépêche EndNote attaque Zotero, LL à Genève et présentations EOLE. Évalué à 10.

    Le détail de l'histoire est disponible (en anglais) sur ce site : http://dltj.org/

    En résumé, Thomson-Reuters reproche à Zotero de permettre la conversion de ses formats .ens en fichiers .csl, ce qui serait en contradiction avec la license d'EndNote : "A significant and highly touted feature of the new beta version of Zotero, however, is its ability to convert - in direct violation of the License Agreement - Thomson’s 3,500 plus proprietary .ens style files within the EndNote Software into free, open source, easily distributable Zotero .csl files.". Là où Thomson-Reuters ne manque pas d'air, c'est que beaucoup de ses styles ens ne sont pas le fruit de leur travail, mais bon passons...

    Les extraits de la plainte sont assez édifiants (GMU est la George Mason University qui publie Zotero) :
    - "GMU is willfully and intentionally destroying Thomson’s customer base for the EndNote Software, in direct violation of the License Agreement[...]". Reuters affirme donc que Zotero "détruit la base de clients d'EndNote" en "violation directe de sa licence". Je ne suis pas juriste, mais j'ose espérer que même à Richmond, Virginie (USA) --- où a été déposée la plainte, on ne peut pas poursuivre quelqu'un en justice, juste parce que c'est un concurrent qui vous pique des clients...

    - "On information and belief, GMU reverse engineered or de-compiled the EndNote Software and the proprietary .ens files contained within the EndNote Software in order to determine how to convert the EndNote Software .ens style files into the open source Zotero .csl style files, in direct and material violation of the License Agreement." Ici Thomson-Reuters affirme que les développeurs de Zotero on désassemblé et/ou utilisé du reverse-engineering pour réaliser un convertisseur de .ens en .csl. Je ne suis toujours pas juriste (je n'ai fait aucun progrès sur ce point depuis le paragraphe précédent :-) ), mais je crois me souvenir que le reverse-engineering est interdit aux États-Unis, ou tout au moins dans certains états. Auquel cas, **si** la GMU a effectivement désassemblé et/ou utilisé du reverse-engineering pour écrire un convertisseur ils serait en violation de la licence d'EndNote.

    Sauf que ce n'est pas si clair que ça. A priori les développeurs de Zotero se sont simplement appuyé sur les fichiers .ens pour écrire un parser. La question est alors de savoir si les formats font partie du produit EndNote auquel cas, ils seraient protégés par la licence contre le reverse-engineering. Et même les gens de Thomson-Reuters n'ont pas l'air d'en être si sûr que ça puisqu'ils ont cru bon d'ajouter tout récemment (comme le prouve WebArchive) un alinéa à leur produit précisant "EndNote output styles are provided solely for use by licensed owners of EndNote and with the EndNote product." et ce tout en conservant sur ladite page la mention "This page was last modified on: November 4, 2005". Bravo pour le procédé : très élégant.

    Ceci étant, la GMU a l'air de vouloir faire face et a décidé de réintégrer la fonctionnalité dans Zotero (après l'avoir momentanément supprimée). Accessoirement, ils ont aussi annoncé qu'ils ne renouvelleraient par leur licence site pour EndNote :-).

    A cette annonce Thomson-Reuters a maintenu qu'ils étaient convaincu que le développement de cette fonctionnalité s'était appuyé sur du reverse-engineering tout en ajoutant qu'ils étaient de farouche partisans de l'interopérabilité ce qui prouve que malgré les mauvaises intentions qu'on peut leur prêter, ils ne manquent pas d'humour (ah bon, c'était pas de l'humour ?).

    J'espère que Zotero s'en sortira et que Thomson-Reuters qui exerce un monopole indécent sur l'outil bibliographique sera mis à l'amende. En attendant, le site de Zotero, down pendant quelques temps, a repris du poil de la bête :-)