• [^] # Re: Exception pour les livres

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Autonomie : la liberté de pensée. Évalué à 1.


    si je veux adapter un livre pour qu'il puisse être mieux compris et mieux approprié? Je ne peux pas avec du non libre tel que me le propose "Du bon usage de la piraterie", car il est non libre et me limitera dans la diffusion, CQFD


    Voilà bien une idée saugrenue (oups je m'emporte) !
    Même pour des livres classiques, absolument non libres, vous avez parfaitement la liberté de faire des adaptations comme bon vous semble ! Évidemment il y a toujours la manière du « courageux » qui va comprendre le livre et réecrire un ouvrage correspondant mieux à ses désires : plus intéressant, meilleur style, plus complet... tout ce que vous voudrez ! C'est souvent une question de goût, de point de vue, d'époque et cela a été fait ( et se fait toujours ) un nombre incalculable de fois dans l'histoire. Il n'y a qu'a ouvrir un dictionnaire pour s'en rendre compte. Jamais aucun auteur (jusqu'à ce que les offices de brevets ne dégènèrent) ne s'est vu accordé l'exclusivité sur une idée. La publication d'un ouvrage vise précisemment à l'opposé. Ce serait donc un comble !
    Et puis Il y aura aussi la méthode du paresseux qui publiera un addendum, des corrections et cætera en faisant savoir a son propre public comment les utiliser. Si en plus le paresseux est informaticien il pourra même arranger un script pour que les corrections s'ajoutent automatiquement à l'ouvrage visé. De sorte que la licence de l'auteur ne soit pas enfreinte. Évidemment, le public pourra douter de la profondeur des reflexions de celui qui ne maitrise même pas assez son sujet pour écrire son propre ouvrage selon son style. Mais c'est une autre histoire.
    Enfin reste la méthode des sagouins. Les mêmes qui n'hésitent pas un instant à enfreindre le droit d'auteur pour installer des copies pirates de windows et autres logiciels qui leur sont pécunièrement interdit plutôt que de se rendre compte que de nombreux auteurs seraient heureux de les voir utiliser gratuitement leurs œuvres qui offrent les mêmes services. Donc le sagouin, comme a son habitude enfreindra toute règle de bien séance, il recopiera à droite et à gauche des passages qu'il ne comprendra pas (puisqu'il ne se sent pas obligé de les exprimer à sa manière), et créera une œuvre frankenstein sans queue ni tête qui trainera sur une étagère et, heureusement, disparaîtra bien vite dans l'oublie. Malheureusement, entre temps s'il a réussi a la refilé à un éditeur il aura pollué un peu plus le monde et les bibliothèques. Dans certains pays cela se fait beaucoup et dans mon métier c'est une vraie plaie ! Par ailleurs c'est aussi extrêmement néfaste pour les malheureux qui sont encouragés à pratiquer ainsi car ils n'acquièrent aucune compétence réelle. Ensuite soit ils deviennent chomeurs ce qui n'est pas très joyeux. Soit ils trouvent un post qu'ils ne sont pas assez compétent pour occuper. C'est peut-être encore pire.

    Pour le bien de la société tout entière et de chacun de ses membres il faut parfois accepter des limites à sa propre liberté (là où commence celle des autres dit-on). C'est dur mais le monde est malheureusement plus complexe qu'il n'y paraît et ne saurait se résumer en deux règles simplistes. Tous les physiciens vous le diront :-).

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace