• [^] # Re: Le déni plausible ou le chiffrement ne suffisent pas...

    Posté par . En réponse à la dépêche Comment matériel numérique et données peuvent s'envoler dans un aéroport.... Évalué à 4.

    Il y a tout de même une différence de taille entre ADN et empreinte, c’est la déviance pseudo-scientifique autour de l’ADN, qui s’apparente de plus en plus à un nouveau type de racisme. Le problème c’est que certains, et pas des moindres puisque parmi eux un président, pensent que l’ADN permet de caractériser un individu et pire : son comportement (si je me rappelle bien c’était sur la pédophilie ?), et prétendent se servir de ça pour se justifier. Bref, on a remplacé la couleur de la peau par quelque chose de plus subtil, mais l’idée reste la même : placer les hommes dans des catégories selon leur apparence physique dès la naissance. (Et qu’est-ce qui peut mieux représenter le caractère inné d’un individu que l’ADN ?)

    Là où je dis pseudo-scientifique, c’est parce que ceux qui pensent de cette manière utilisent le crédit scientifique qu’a apporter l’ADN dans la science (biologie moléculaire, hérédité, mécanismes de l’évolution darwinienne, etc.). Pourtant, la distinction de peau avait aussi une base d'argumentaire scientifique (le concept de 'race' permet à l’origine de distinguer des êtres vivants à l’intérieur d’une même espèce, et on a cru pendant longtemps qu’il existait plusieurs races humaines, cf. des écrits de naturalistes, je suis tombé aussi sur un très vieux Science&Vie, c’était le cas par le passé — la wikipedia anglophone parle de l’homme de néendertal comme une sous espèce humaine comme le sapiens l’est, notion qui se rapproche le plus de race). Ce qui n’excuse en rien. De plus une interprétation déterministe du codage de l’ADN est totalement fausse, on en tire que des probabilités statistiques.

    Donc évitez de mettre dans le même panier empreinte et ADN. L’un identifie un individu, ne saurait être systématique ni fiable, l’autre a une utilisation potentiellement beaucoup plus dangereuse.

    À ce sujet le Monde Diplomatique a mis en ligne quelques articles dessus qui donnent un aperçu des dérives réelles et potentielles de l’utilisation de l’ADN. Fin du HS.