Ahhh je me vois dans l'obligation de faire l'avocat du diable et d'ajouter un bémol. Le bémol en question, c'est que contrairement à un logiciel, une plante cultivée n'est pas destinée à la consommation du cultivateur. Si tu es agriculteur, tes plantes tu vas les mettre sur le marché, et elles vont être utilisées à des fins industrielles, ou entrer dans le circuit de l'alimentation... et c'est là que les problèmes commencent: il me semble légitime qu'un produit alimentaire soit certifié d'une manière ou d'une autre, car on sait très bien que c'est pas parce que c'est "naturel" que c'est sans danger. Avec un système complètement ouvert sans certification, tout repose sur la confiance que tu as en l'agriculteur, le fait qu'il n'a pas planté n'importe quoi, que quelqu'un a bien fait des tests de toxicité pour savoir si sa variété ne contient pas une toxine particulière etc. Or, dans la grande distribution (ou même la distribution à plus petite échelle), l'agriculteur tu ne le connais pas. En plus, il y aura forcément des petits malins pour faire des croisements inédits et tout; tout ça est très bien pour la biodiversité, mais il me semble nécessaire de devoir ajouter une étape administrative avant la commercialisation.
Attention hein, il ne faut pas faire d'erreur de raisonnement et répondre que les variétés cultivées et commercialisées officiellement sont dangereuses également, c'est probablement vrai. Mais ça ne veut pas dire que la procédure de certification est nuisible.
À mon avis, la solution passe par des coopératives agricoles et des centres de recherche communs. Les agriculteurs pourraient ainsi mutualiser les couts de recherche et développement, ainsi que les procédures de certification, validation etc, pas seulement au niveau national d'ailleurs. Mais le retour à la sélection artisanale de variétés personnelles, ça ressemble quand même séreieusement à un militantisme obscurantiste dont il faut se méfier. En particulier, il ne faut pas tomber dans le piège grossier de l'histoire des variétés ancestrales, qui auraient plus de gout blablabla. Ces variétés ont la plupart du temps un piètre rendement, et le manque de surfaces agricoles doit quand même faire passer l'idée que le développement durable, ce n'est pas une agriculture à deux vitesses avec quelques nantis qui peuvent se payer des légumes "bio" aux rendements exécrables tandis que les pauvres bouffent du poulet industriel. il suffit simplement de sélectionner les variétés --beaucoup de variétés; la biodiversité est un moyen très efficace de lutte contre les ravageurs de culture-- pour des critères complexes et pas seulement pour le rendement.
[^] # Re: Bon trève de conneries !
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Mouvement des semences libres. Évalué à 9.
Attention hein, il ne faut pas faire d'erreur de raisonnement et répondre que les variétés cultivées et commercialisées officiellement sont dangereuses également, c'est probablement vrai. Mais ça ne veut pas dire que la procédure de certification est nuisible.
À mon avis, la solution passe par des coopératives agricoles et des centres de recherche communs. Les agriculteurs pourraient ainsi mutualiser les couts de recherche et développement, ainsi que les procédures de certification, validation etc, pas seulement au niveau national d'ailleurs. Mais le retour à la sélection artisanale de variétés personnelles, ça ressemble quand même séreieusement à un militantisme obscurantiste dont il faut se méfier. En particulier, il ne faut pas tomber dans le piège grossier de l'histoire des variétés ancestrales, qui auraient plus de gout blablabla. Ces variétés ont la plupart du temps un piètre rendement, et le manque de surfaces agricoles doit quand même faire passer l'idée que le développement durable, ce n'est pas une agriculture à deux vitesses avec quelques nantis qui peuvent se payer des légumes "bio" aux rendements exécrables tandis que les pauvres bouffent du poulet industriel. il suffit simplement de sélectionner les variétés --beaucoup de variétés; la biodiversité est un moyen très efficace de lutte contre les ravageurs de culture-- pour des critères complexes et pas seulement pour le rendement.