• [^] # Re: Les absents ont toujours ...

    Posté par . En réponse à la dépêche Les Anglais n'ont pas le RGI mais ils ont Becta et ils s'en servent !. Évalué à 7.

    [Je viens de voir que ton message était ironique. Tant pis je réponds quand même. Rien de tel qu'un bon commentaire hors-sujet bien long pour accueillir une dépêche.]

    Étrange que l'anglais, pourtant langue internationale si simple à apprendre, pose temps de problèmes à certain.

    "Langue internationale" ? Qu'est-ce que c'est ? Le français, c'est une langue internationale ? On le parle dans pas mal de pays.

    Je ne trouve pas étrange que l'anglais pose des problèmes à certains. Je peux comprendre que des gens, pour quelque raison que ce soit, par culture, par choix, maîtrisent plusieurs langues et pas l'anglais. Voire même qu'ils n'aient pas réussi à l'apprendre. Pourquoi pas ? Un inspecteur recalé parce qu'il ne parlerait pas anglais, ça me choquerait un peu. Je trouve insupportable qu'on ne parle plus de "l'apprentissage des langues" mais de "l'apprentissage de l'anglais" à l'école.

    Certes l'anglais domine, et dans l'informatique on est bien placé pour le savoir. Et c'est pratique d'avoir un référentiel commun, c'est indéniable. Pour autant, cette domination (le terme est bien choisi) est un problème. L'anglais est autant un standard que windows, c'est-à-dire qu'il n'a de standard que le caractère majoritaire. Cette domination sert bien les anglo-saxons. Ils n'ont aucun effort d'apprentissage linuigstique à faire (ou bien c'est ce qu'ils croient) et font peser sur les autres le coût de l'interopérabilité. Et surtout, elle leur permet de faire passer dans nos vocabulaires le leur, et avec, leurs expressions, leurs modes de pensée, leur mode de vie "non négociable".

    Le pire, et là encore c'est un schéma assez classique, c'est que les plus gros promoteurs de l'anglais ne sont peut-être pas tant les Américains et les Anglais que ceux qui l'ont appris, qui ont accepté et intériorisé cette domination, d'autant mieux que dans leur milieu, ils se trouvent avantagés par rapport à leurs collègues qui le parlent moins bien. Volontairement soumis. A ce jeu là ils sont condamnés à être second derrière les anglophones, mais ça leur va bien. Heureusement qu'on a le prix_de_la_carpette_anglaise pour récompenser ses gens-là.

    Si nous maîtrisons bien l'anglais, ce n'est pas seulement grâce à l'apprentissage scolaire, mais aussi parce qu'on est immergé dedans via les sites internet, les films en VO plus accessibles qu'avant au ciné et sur internet, etc... ce qui est aussi une bonne chose, évidemment, une ouverture. Mais il me semble qu'il serait plus sain qu'on ait une politique d'ouverture multilingue. Qu'on ne regarde pas des "films en anglais", mais des "films en VO". La France est le pays du monde qui doit projeter le plus de films étrangers non américains au ciné (je n'ai pas de source). Pourvu que ça dure, mais c'est lié à des politiques publiques volontaristes, donc des distorsions de la saine concurrence libre et non faussée. Je ne suis pas optimiste.

    Il y a aussi un enjeu d'accessibilité : permettre à chacun d'avoir accès à l'info dans sa langue. Lors du passage de l'UE à 25 pays, certains n'avaient pas accès à des traducteurs. On se doute que les politiciens des institutions Lettones parlent anglais en grande majorité. Ne serait-ce que de par leur classe sociale, je ne serais pas surpris qu'une bonne partie d'entre eux ait fait des études aux Etats-Unis. Mais c'est une question de principe. Un représentant d'une peuple francophone n'est pas supposé maîtriser l'anglais. D'ailleurs, le représentant du peuple français doit être meilleur pour l'imposer aux élèves du pays que pour l'apprendre lui-même...