• [^] # Re: DISSENSUS

    Posté par . En réponse à la dépêche Les députés ratifient les traités OMPI, mais les débats ne font que commencer. Évalué à 4.

    Personnellement, je vote. Et je milite, en particulier lors d'échéance électorales, si je vois une bonne raison de le faire (une liste qui porte un programme résolument progressiste avec une stratégie qui tient la route).

    Je suis assez agacé par le ton avec lequel on traîte l'abstentionnisme en France. Le caractère sacré qu'on confère au vote et qui permet de dire sans risquer d'être contredit que voter c'est bien, et ne pas voter c'est mal. Il est vrai que de la part des gens qui vivent de ces votes, on n'attend pas une remise en cause de la légitimité de ce système.

    Parmis les abstentionnistes, je distingue :

    - les anars et autres, qui ont une raison politique de ne pas voter (ok pour se donner des règles, mais pas pour déléguer le pouvoir), que je respecte

    - les gens qui ne sont enthousiasmés par aucun candidat/programme et ne veulent pas voter pas défaut pour le moins pire, que je comprends (même s'ils feraient mieux de voter blanc, sauf s'il considèrent faire partie de la catégorie précédente).

    - ceux qui s'en branlent complètement du fonctionnement de la société et qui préfèrent faire le tour de la zone commerciale (jardiland, foire-fouille, gifi, et de plus en plus de magasins ouverts le dimanche...).

    En ce qui concerne la LCR, je ne crois pas que sa légitimité soit contestée. Simplement, un programme politique n'a d'intérêt que s'il a vocation à être mis en oeuvre. Or il semble dans les positionnements stratégiques, ainsi que dans les écrits (matériels de campagne, etc...) qu'elle préfère sécuriser ses 4 ou 5% d'électorat, et qu'elle participe aux élections pour se compter, que de prendre le risque de participer aux institutions, et de collaborer avec des "impurs".

    Un programme de transformation sociale est utile s'il est appliqué. Pour ça, l'unité à gauche est nécessaire. Et de ça, la majorité de la ligue ne veut pas entendre parler (attention ! l'unité c'est parler avec des gens impurs !). D'où leur attitude vis-a-vis des listes unitaires, lors des dernières échéances électorales (présidentielle, législatives, municipales), et vis-à-vis de leur courant unitaire interne. Même s'ils ont cherché à offrir une image d'ouverture aux dernières municipales, dans le cadre du lancement de leur NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) afin de recruter des jeunes pour préparer le grand soir de dans 50 ans qu'on va avoir.

    Il ne s'agit pas ici de cautionner l'attitude du PCF (avec la gauche de transformation sociale les années impaires, avec le PS les années paires), ni celles de ceux, parmis les collectifs unitaires antilibéraux, qui cherchent à créer un parti de plus, plus vert que les rouges, donc à diviser encore plus au lieu de rassembler. Hélas il semble que les gens unitaires sont tous minoritaires dans leur camp...