J'ai vu la vidéo. Quelques remarques :
- le code barre et la partie aléatoire peuvent contenir n'importe quoi (l'électeur n'a pas de raison de faire confiance au code barre). Le code barre pourrait par exemple contenir toute info associée à l'électeur ou à son vote. Peu importe ce qu'il y a vraiment dedans d'ailleurs, ce qui compte ici c'est qu'il ait confiance dans le code barre et la partie aléatoire, et il n'a pas de raison d'en avoir a priori (et il ne devrait pas avoir confiance a priori).
- le système n'est pas compréhensible par tous les électeurs (le vote papier est compréhensible par tout citoyen majeur, voire par des mineurs ; là il faut des connaissances en crypto et en informatique). Il explique notamment le "zero knowledge", El Gamal, etc. Peu importe que le système soit mathématiquement/cryptographiquement juste ou informatiquement juste, il n'est pas compréhensible par tous les citoyens, donc il n'y aura pas de contrôle par l'ensemble des citoyens, mais au mieux par une élite/une minorité.
- le système est encore plus dur pour les illettrés ou personnes lisant mal le français, vu que les candidats sont dans le désordre.
...
Bref c'est la différence entre la théorie et la pratique.
> Pas besoin d'être un expert non plus, les démonstrations sont connues et publiées. Et des assoces peuvent vérifier elles-aussi le résultat.
Contrôle par une minorité et non plus contrôle démocratique par tous les citoyens.
> Personnellement je ne suis pas un expert en informatique, je ne suis pas un développeur, et pourtant je me sens plus en sécurité en utilisant des logiciels libres parce que je sais que justement, des spécialistes peuvent en analyser le code source.
La différence entre utiliser ssh et utiliser une machine à voter, c'est que ssh son code est dispo, tourne sur ma machine sur laquelle j'ai tout contrôle et peut être audité par n'importe qui. Un ordinateur de vote contient (en France en tout cas) un logiciel propriétaire, du matériel propriétaire et je n'ai aucun contrôle dessus, et quand bien même le code serait ouvert que cela ne changerait rien...
> Justement pas, tout citoyen peut vérifier lui-même que son vote a bien été pris en compte, et qu'il a bien voté pour la bonne personne. C'est un des énormes avantages de la méthode présentée.
Vérifier son vote c'est bien, vérifier l'élection c'est mieux. Avec le vote papier, tu peux surveiller l'urne de l'ouverture à la clôture du bureau, tu peux surveiller et vérifier ton propre vote, et tu peux assister au décompte, puis suivre les résultats qui remontent à la mairie, puis à la préfecture, puis à l'Intérieur. Avec la solution de la vidéo, tu as juste le droit de vérifier ton bulletin.
[^] # Re: Le vote électronique peut avoir du bon
Posté par Benoît Sibaud (site web personnel) . En réponse à la dépêche Vote électronique : les boîtes noires de la démocratie. Évalué à 8.
- le code barre et la partie aléatoire peuvent contenir n'importe quoi (l'électeur n'a pas de raison de faire confiance au code barre). Le code barre pourrait par exemple contenir toute info associée à l'électeur ou à son vote. Peu importe ce qu'il y a vraiment dedans d'ailleurs, ce qui compte ici c'est qu'il ait confiance dans le code barre et la partie aléatoire, et il n'a pas de raison d'en avoir a priori (et il ne devrait pas avoir confiance a priori).
- le système n'est pas compréhensible par tous les électeurs (le vote papier est compréhensible par tout citoyen majeur, voire par des mineurs ; là il faut des connaissances en crypto et en informatique). Il explique notamment le "zero knowledge", El Gamal, etc. Peu importe que le système soit mathématiquement/cryptographiquement juste ou informatiquement juste, il n'est pas compréhensible par tous les citoyens, donc il n'y aura pas de contrôle par l'ensemble des citoyens, mais au mieux par une élite/une minorité.
- le système est encore plus dur pour les illettrés ou personnes lisant mal le français, vu que les candidats sont dans le désordre.
...
Bref c'est la différence entre la théorie et la pratique.
> Pas besoin d'être un expert non plus, les démonstrations sont connues et publiées. Et des assoces peuvent vérifier elles-aussi le résultat.
Contrôle par une minorité et non plus contrôle démocratique par tous les citoyens.
> Personnellement je ne suis pas un expert en informatique, je ne suis pas un développeur, et pourtant je me sens plus en sécurité en utilisant des logiciels libres parce que je sais que justement, des spécialistes peuvent en analyser le code source.
La différence entre utiliser ssh et utiliser une machine à voter, c'est que ssh son code est dispo, tourne sur ma machine sur laquelle j'ai tout contrôle et peut être audité par n'importe qui. Un ordinateur de vote contient (en France en tout cas) un logiciel propriétaire, du matériel propriétaire et je n'ai aucun contrôle dessus, et quand bien même le code serait ouvert que cela ne changerait rien...
> Justement pas, tout citoyen peut vérifier lui-même que son vote a bien été pris en compte, et qu'il a bien voté pour la bonne personne. C'est un des énormes avantages de la méthode présentée.
Vérifier son vote c'est bien, vérifier l'élection c'est mieux. Avec le vote papier, tu peux surveiller l'urne de l'ouverture à la clôture du bureau, tu peux surveiller et vérifier ton propre vote, et tu peux assister au décompte, puis suivre les résultats qui remontent à la mairie, puis à la préfecture, puis à l'Intérieur. Avec la solution de la vidéo, tu as juste le droit de vérifier ton bulletin.