Il n'y a pas grand chose de rempli mais ce qui l'est est franchement mauvais. Inexactitudes, approximations, imprécision, c'est du niveau d'un étudiant assez moyen. Je parle en relative connaissance de cause puisque j'ai enseigné deux sous-disciplines de cette matière (vlan pour l'argument d'autorité !) pendant 2 années en 2ème année de DEUG (aujourd'hui Licence 2) et Maîtrise (Master 1).
Avant d'aller plus loin je signalerai que je suis extrèmement réservé sur le plan scientifique et méthodologique par le concept même de Wikipedia et de ses projets annexes (cf. mes anciesn commetnaires sur le sujet) et que je lui préfére la partialité sincère et l'attitude plus humble du tout venant des pages personnelles, attitude pas très constructive mais que je tiens à distinguer de l'anti-wikipedisme de pure médisance qui trouve refuge ces jours-ci dans les journaux du "bien-penser" pour les gens qui se croient de gôôche.
Or ici, le pékin curieux attiré par la réputation des wiki-concepts se trouverait embarqué dans de forts beaux draps...
Illustration par l'exemple :
Le droit public en France trouve son origine lors de la Révolution Française. Ainsi l'autonomie des juridictions administratives trouve ses origines dans les lois du 16 Août 1790 et 24 Août 1790. Mais cette évolution a été longue : au début justice retenue, puis déléguée en fait, puis enfin déléguée en droit par la loi du 24 mai 1872. C'est généralement la décision du Tribunal des Conflits (TC) du 8 Février 1873, dit Arrêt Blanco, qui est souvent retenue comme étant la première décision appliquant pour la première fois l'autonomie des juridictions administratives. Même si les juridictions existaient déjà comme le Conseil d'État, elle n'applique la justice délégué en droit qu'à partir de cette période.
On peut remarquer trois grandes réformes en droit français contribuant à développer la justice administrative: La réforme de 1953, les tribunaux administratifs sont juges de droit commun du contentieux administratif et exercent subsidiairement, des fonctions administratives. Le développement du contentieux conduit à une nouvelle loi le 31 décembre 1987 créant les cours administratives d'appel, qui les rends compétentes afin de juger les appels des décisions des tribunaux administratifs. Le Conseil d'État intervient alors comme juge de cassation.
Dans l'ordre :
- une erreur dès la première phrase : il y a toujours eu un droit public . Car qu'est-ce que le droit public ? L'auteur reste dans le vague et se trompe : il assimile à tort donc droit public (le droit de l'exercice de la Souveraineté dans un cadre étatique entendu le plus largement) et le droit administratif (droit dérogatoire régissant une part des activités de l'Administration) qui n'en est qu'une partie (avec le droit constitutionnel, les finances publiques, etc.). Il y a toujours eu des règles particulières relatives à l'exercice de la Souveraineté, parfois anecdotiques (et encore...) comme la loi Salique opportunément exhumée par les Légistes ou d'une importance cruciale comme la convocation des Etats Généraux. A cela s'ajoute un régime de responsabilité propre ("Le Roi ne saurait mal faire"), des règles contentieuses adaptées (Edit de Saint Germain et ses défenses itératives aux Parlements (le juge de droit commun de l'époque en gros) de troubler les activités de l'Administration. En réalité c'est le droit public moderne qui apparaît pendant et après la Révolution (le rôle de l'Empire est considérable à de nombreux égards...). L'erreur semble minime, elle aboutit toutefois à une énormité.
- une longue confusion ensuite. Il y a confusion entre le particularisme des juges de l'Adminsitration qui vont progressivement se constituer en une juridction administrative, un Ordre Administratif, et l'existence d'un droit Administratif autonome, distinct du droit applicable aux gens normaux (= les particuliers). Blanco [1] ne scelle pas du tout l'autonomie de la juridiction administrative mais affirme l'autonomie du *droit* administratif, les règles applicables (avec aussi deux trois bricoles sans conséquence sur la liaison de la compétenc eet du fond et un vague critère du service public ;-D. la confusion est évidente avec la décision Cadot qui consacre le caractère de juridiction de droit commun (= celle à laquelle on s'adrese quand aucun texte ne prévoit la compétence d'une autre juridiction) du Conseil d'Etat.
- un second paragraphe marquée par une imprécision habile (j'ai l'impression de rajeunri quand j'étais examinateur à l'oral...) : pas de bétises mais rien de bien précis. Sauf que quand l'on annonce trois réformes autant en citer 3 et pas 2 (oubli de la réforme de 1995, de 2000, du Code de Justice Administrative ?). Et, le venin est dans dans la queue, le Conseil d'Etat depuis la prise d'effet de la réforme de 1987 est principalement juge de cassation, il reste aussi un juge de 1er ressort et d'appel d'attribution (= quand un texte spécial le prévoit).
Bref, le curieux sincère qui se pencherait en toute confiance sur cette présentation se verrait déjà embarquer dans des contre-sens sérieux. On ne peut rien reprocher d'autre à l'étudiant ou à l'amateur éclairé qui a rédigé cette introduction qu'une certaine superficialité des connaissances, un manque de recul par rapport à son sujet. Mais comme celà augure mal de la suite...
En conclusion, il faut voir avec l'augmentation des contributeurs mais le nombre de bénévoles correctement informés est modeste et l'effet de dispersion déjà relevé plus haut dans les commentaires entre les diffférents Wiki-concepts n'est pas un élément favorable...
Quant aux rigolos qui viendront me dire "Bin, t'as qu'à corriger si t'es si malin !", je les enverrai poliment (ou pas) paître en leur signalant que j'emploie mon temps comme je l'entends et que si mon âme miséricorideuse a accepté de jeter ces quelques pensées sur mon dlfp que j'ai, c'est mon choix !!
# Réserves récurrentes & mise en garde salutaire
Posté par yojik77 . En réponse à la dépêche Wikiversity en français atteint les 2 000 cours. Évalué à 2.
http://fr.wikiversity.org/wiki/D%C3%A9partement:Droit_public
Il n'y a pas grand chose de rempli mais ce qui l'est est franchement mauvais. Inexactitudes, approximations, imprécision, c'est du niveau d'un étudiant assez moyen. Je parle en relative connaissance de cause puisque j'ai enseigné deux sous-disciplines de cette matière (vlan pour l'argument d'autorité !) pendant 2 années en 2ème année de DEUG (aujourd'hui Licence 2) et Maîtrise (Master 1).
Avant d'aller plus loin je signalerai que je suis extrèmement réservé sur le plan scientifique et méthodologique par le concept même de Wikipedia et de ses projets annexes (cf. mes anciesn commetnaires sur le sujet) et que je lui préfére la partialité sincère et l'attitude plus humble du tout venant des pages personnelles, attitude pas très constructive mais que je tiens à distinguer de l'anti-wikipedisme de pure médisance qui trouve refuge ces jours-ci dans les journaux du "bien-penser" pour les gens qui se croient de gôôche.
Or ici, le pékin curieux attiré par la réputation des wiki-concepts se trouverait embarqué dans de forts beaux draps...
Illustration par l'exemple :
Dans l'ordre :
- une erreur dès la première phrase : il y a toujours eu un droit public . Car qu'est-ce que le droit public ? L'auteur reste dans le vague et se trompe : il assimile à tort donc droit public (le droit de l'exercice de la Souveraineté dans un cadre étatique entendu le plus largement) et le droit administratif (droit dérogatoire régissant une part des activités de l'Administration) qui n'en est qu'une partie (avec le droit constitutionnel, les finances publiques, etc.). Il y a toujours eu des règles particulières relatives à l'exercice de la Souveraineté, parfois anecdotiques (et encore...) comme la loi Salique opportunément exhumée par les Légistes ou d'une importance cruciale comme la convocation des Etats Généraux. A cela s'ajoute un régime de responsabilité propre ("Le Roi ne saurait mal faire"), des règles contentieuses adaptées (Edit de Saint Germain et ses défenses itératives aux Parlements (le juge de droit commun de l'époque en gros) de troubler les activités de l'Administration. En réalité c'est le droit public moderne qui apparaît pendant et après la Révolution (le rôle de l'Empire est considérable à de nombreux égards...). L'erreur semble minime, elle aboutit toutefois à une énormité.
- une longue confusion ensuite. Il y a confusion entre le particularisme des juges de l'Adminsitration qui vont progressivement se constituer en une juridction administrative, un Ordre Administratif, et l'existence d'un droit Administratif autonome, distinct du droit applicable aux gens normaux (= les particuliers). Blanco [1] ne scelle pas du tout l'autonomie de la juridiction administrative mais affirme l'autonomie du *droit* administratif, les règles applicables (avec aussi deux trois bricoles sans conséquence sur la liaison de la compétenc eet du fond et un vague critère du service public ;-D. la confusion est évidente avec la décision Cadot qui consacre le caractère de juridiction de droit commun (= celle à laquelle on s'adrese quand aucun texte ne prévoit la compétence d'une autre juridiction) du Conseil d'Etat.
[1] http://www.conseil-etat.fr/ce/jurisp/index_ju_la01.shtml
[2] http://www.conseil-etat.fr/ce/jurisp/index_ju_la04.shtml
- un second paragraphe marquée par une imprécision habile (j'ai l'impression de rajeunri quand j'étais examinateur à l'oral...) : pas de bétises mais rien de bien précis. Sauf que quand l'on annonce trois réformes autant en citer 3 et pas 2 (oubli de la réforme de 1995, de 2000, du Code de Justice Administrative ?). Et, le venin est dans dans la queue, le Conseil d'Etat depuis la prise d'effet de la réforme de 1987 est principalement juge de cassation, il reste aussi un juge de 1er ressort et d'appel d'attribution (= quand un texte spécial le prévoit).
Bref, le curieux sincère qui se pencherait en toute confiance sur cette présentation se verrait déjà embarquer dans des contre-sens sérieux. On ne peut rien reprocher d'autre à l'étudiant ou à l'amateur éclairé qui a rédigé cette introduction qu'une certaine superficialité des connaissances, un manque de recul par rapport à son sujet. Mais comme celà augure mal de la suite...
En conclusion, il faut voir avec l'augmentation des contributeurs mais le nombre de bénévoles correctement informés est modeste et l'effet de dispersion déjà relevé plus haut dans les commentaires entre les diffférents Wiki-concepts n'est pas un élément favorable...
Quant aux rigolos qui viendront me dire "Bin, t'as qu'à corriger si t'es si malin !", je les enverrai poliment (ou pas) paître en leur signalant que j'emploie mon temps comme je l'entends et que si mon âme miséricorideuse a accepté de jeter ces quelques pensées sur mon dlfp que j'ai, c'est mon choix !!
Bien fraternellement,
Yojik