• [^] # Re: Des chiffres...

    Posté par . En réponse à la dépêche Les collèges du Rhône se libèrent !. Évalué à 10.

    La méthode globale ou méthode analytique (on part du mot pour descendre vers la lettre) n'a été appliquée en tant que méthode principale d'apprentissage de la lecture que de manière anecdotique en France. Elle n'est donc pas responsable d'un quelconque échec en masse.

    La réalité de la classe est plus complexe que la caricature simplificatrice qu'en font les médias dominants. Par exemple, en maternelle, on part des prénoms qu'on segmente en syllabes : c'est une méthode analytique ou "globale". Au CP, on apprend la méthode synthétique ou "syllabique" (on part de la lettre pour aller vers le mot). Mais les petits mots fréquents sont, de fait, reconnus de manière globale.

    Il n'y a donc pas une méthode unique pour apprendre à lire qu'il suffirait de suivre de bout en bout. Toutes les méthodes sont en fait utilisées à un moment ou à un autre de l'apprentissage. Tout le monde s'accorde maintenant sur la nécessité de connaître la méthode synthétique pour déchiffrer des mots inconnus.
    L'apprentissage de la lecture qui se résume à une querelle de méthodes, c'est bon pour les journaleux, car la lecture, c'est plus que le déchiffrage. Beaucoup plus.

    Je mets les échecs ou les manques constatés sur le dos de la massification et de l'allongement des études. Jusqu'en 1975, l'objectif était pour la moitié des élèves de primaire d'entrer dans la vie active, pas de poursuivre des études longues. L'objectif de 80% d'une classe d'âge au niveau BAC est sans précédent historique et à changé considérablement la nature des attentes scolaires.
    Le règne de l'image qui prend de plus en plus la place de l'écrit, avec notamment la télé et de sa lente déchéance en terme de qualité a sans doute un effet important quand on sait l'importance de l'acquisition d'un large dictionnaire mental de mots pour comprendre ce qu'on lit.