• [^] # Re: Libre n'est pas gratuit

    Posté par . En réponse à la dépêche Modèles économiques liés aux logiciels libres. Évalué à 10.

    Il ne s'agit pas de s'opposer à la propriété qui est une chose naturelle : l'oiseau défend son nid et le chien défend son os ! Mais d'éviter les dérives qui conduisent au féodalisme et aux iniquités.

    L'appropriation est un sentiment naturel, c'est vrai. Mais en tant que tel, il n'est ni bien, ni mal. La convoitise est également un sentiment naturel qui se retrouve chez les animaux.

    La vraie question est : est-ce que la propriété l'est, naturelle ? C'est une question complexe qu'il ne s'agit pas de balayer d'un revers de tournure de phrase. Le dogme ambiant du libéralisme fait qu'on ne se pose plus de question à ce sujet.

    Le problème est que la question fait peur. Remettez en cause la propriété en tant que droit naturel, et tout interlocuteur se voit déjà se faire aggresser par des théories collectivistes. C'est faux. On peut très bien décider que la propriété est une chose nécessaire à établir, même si elle n'est pas naturelle. La différence est que l'on n'est plus borné par le dogme libéral, et l'on peut donner des limites à la propriété si c'est pour le bien de la société. Dans le cadre axiomatique du libéralisme, on ne peut rien faire, car c'est le déroulement de la nature. Peu importe que des hommes amassent du capital à en devenir plus riche qu'un pays, ou que des promoteurs immobiliers laissent des immeubles à l'abandon plutôt que d'en faire du logement afin de garder les prix hauts.

    Bref, briser les axiomes de la propriété, faire du libéralisme un moyen et non plus une fin, c'est le plus grand enjeu du XXIe siècle, àmha.