• [^] # Re: Une vision bisounours du libre...

    Posté par . En réponse à la dépêche Modèles économiques liés aux logiciels libres. Évalué à 5.

    Je ne suis pas du tout d'accord avec ton analyse. Pour moi les contributions des entreprise aux projets de bureautiques sont toues petites comparé a ce qu'on peut avoir dans tout ce qui est framework de développement web, serveurs web, outils d'administration web, compilateurs/librairies pour des languages tels que haskel erlang, rebol, servers web, serveurs en tous genre en fait, outils d'intégration type open directory, groupwares, bases de données ou encore des outils comme éclipse et tout ce qui tourne autour.

    Pour de domaine que je connais, la carto, la plupart des projets son principalement écrit par des employés d'entreprise, consultants indépendants, universitaires et quelques rares contributeurs indépendants intéressé par la carto.
    Certes ca bouge moins que desktop, mais on ne peut pas dire que les entreprises ne mettent pas du leur, et ce dans un domaine "professionnel".

    D'autre part, les contributeurs son plus enclins a travailler sur des projet qui ont la plus grosse visibilité, et donc, le desktop. Et pour moi c'est la principale raison pour laquelle le desktop bouge beaucoup, et certainement pas uniquement parce que SuSE/RedHat/canonical/qui-vous-voulez y met du sien, même si effectivement ca joue pas mal. (il y a certes l'exception openoffice, grosse exception, mais exception quand même)

    Pour ce qui est de l'informatique pour entreprise, on a les sociétés de services du libre qui font du déploiement ou du développement à façon, à partir de logiciels libres. Là je pense que pas mal de choses passent au dessus de la tête de la communauté car le prestataire à seule obligation de fournir les sources au client/commanditaire et non à la communauté.

    Certes c'est indéniable ... mais je pense que tous ces gens rendent un grand service aussi : leurs tests, bug reports ou patchs son sans doutes très précieux - même s'il faut admettre que la majorité ne doit pas en faire. Après il ne faut pas oublier que les gens qui ont du talent passe souvent du status SSII vers de l'édition de logiciel, ou ils seront beaucoup plus impliqué dans la qualité du code libre qu'ils utilisent. Ils sont souvent amenés a contribuer et si ma foi la contre partie est qu'ils gardent certains de leur bout de code propriétaire, soit ! c'est un bon compromis gagnant/gagnant.

    En ce qui concerne les modèles économiques, invoquer le bénévolat, le mécénat, le dons est plutôt léger voire limite insultant pour ceux qui effectivement développent dans cette optique car sauf erreur de ma part il n'y a pas d'échanges sous ces formes, donc pas de modèle économique.

    Je pense que l'auteur avait une vision plus "socio-économique" que économique pure. C'est a dire que l'idée n'est pas forcément d'en vivre, mais juste de préciser c'est un des moyens de gagner un peu de sous. Moi ca ne m'a pas choqué, j'ai même trouvé ca bien : ca réintroduit la philosophie du libre là ou comme tu le dis, on en parle pas, en parlant du fait que tout le monde ne fait pas du libre pour gagner ca croute.

    La question du modèle du libre est effectivement très importante et loin d'être triviale. Mais elle ne peut être traitée uniquement du point de vue d'un modèle économique qui lui serait spécifique. Pas sûr d'ailleurs qu'un tel modèle spécifique existe.

    L'économie est une discipline d'analyse, pas de construction ... bien sûr qu'il y a un modèle économique global pour le libre puisque des gens en vivent, tout comme un modèle existe pour le reste de l'économie, le problème est toujours le même : le définir/formaliser correctement.

    Et il est plus complexe qu'un modèle traditionnel car le système est très ouvert : on distribue et reçoit beaucoup plus (en terme de temps de travail, communication, etc, etc) quand on fait du logiciel libre que dans n'importe quel domaine d'activité, et avec des sources et destinations très diverses. Un réseau global, même pour un petit projet devient très vite complexe, donc pas facile a modéliser en étant certain de ne pas avoir oublier/simplifié/ignoré une partie significative.

    Donc on peut très bien isoler un modèle purement économique, mais par contre je te rejoint sur l'idée qu'il serait plus intéressant d'avoir une analyse plus générale qu'uniquement économique ... mais les papiers présentant les choses sous la forme de "comment gagner sous ici" retiennent toujours plus l'attention.