Je pense qu'il faut redescendre sur terre et arrêter de penser que Paris est le centre du monde.
Paris n'est pas le centre du monde et on peut très bien promouvoir et défendre le libre et les biens communs informationnels depuis le fin fond de la Creuse ou les îles Kerguelen. Par exemple, je suis le secrétaire de l'APRIL et j'habite à Toulouse. 3 autres membres du CA de l'APRIL habitent en province (à Toulouse, Grenoble et Digne les Bains).
Par contre, il est une vérité que vous ne pouvez pas nier : la Présidence de la République, le gouvernement, l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Conseil d'Etat, le Conseil Constitutionnel, le CSPLA et bien d'autres institutions sont sises à Paris. Que vous le vouliez ou non, au niveau national, l'essentiel des décisions politiques, législatives et économiques sont donc prises à Paris et c'est là que tout se joue, même s'il est effectivement possible de sensibiliser un député en amont dans sa circonscription (ce que j'invite chacun à faire).
Comme il est plus simple de rencontrer nos interlocuteurs et d'agir en étant sur place plutôt qu'aux antipodes, les permanents de l'APRIL et les trois quarts du CA habitent à Paris ou en Ile de France. Je ne vois rien d'hégémonique ou de choquant là dedans, c'est du simple bon sens.
Maintenant, il est tout aussi légitime qu'une association qui prétend agir au niveau national souhaite s'appuyer sur une base d'adhérents répartie sur tout le territoire et lance donc une campagne d'adhésion d'envergure nationale. J'imagine d'ailleurs la volée de bois vert que se prendrait l'APRIL s'il en allait autrement.
Contrairement à ce que vous semblez croire, l'appartenance à une association nationale n'empêche nullement un investissement local. Par exemple, certains membres de l'APRIL, très actifs au sein de l'association toulousaine Toulibre, le démontrent brillamment.
Par contre, si les associations de proximité doivent exister et, pour certaines, effectuent un travail de sensibilisation remarquable, jamais leur action ne remplacera celle de l'APRIL (et vice versa). Pour se limiter à l'actualité, donnez-moi le nom d'un LUG qui ait déposé un recours en annulation devant le Conseil d'Etat. Donnez-moi le nom d'un LUG qui participe au FDI ou à la commission de l'AFNOR en charge de l'étude du format OpenXML. Donnez-moi le nom d'un LUG qui ait obtenu la position officielle des candidats à la présidence vis à vis du logiciel libre, de l'interopérabilité, des brevets, etc. Donnez-moi le nom d'un LUG qui participe au SMSI (Sommet Mondial de la Société de l'Information). Il n'en existe pas car jamais une association de vingt personnes n'obtiendra de poste dans ces instances ou ne sera même consultée par elles.
Quant à l'adhésion des associations en lieu et place de leurs adhérents, ce n'est réellement pas une perspective séduisante puisque, au delà d'un gain de représentativité, le but de cette campagne est de collecter des fonds pour financer nos permanents. La plupart des associations de proximité ayant un budget très limité paient une cotisation symbolique de 10 ou 20 euros quand elles ne demandent tout simplement pas à être exemptées. Sachant qu'en moyenne, un particulier qui adhère à l'APRIL verse spontanément plus, vous devinez qu'il est bien plus intéressant pour l'APRIL que les gens adhèrent individuellement.
Ce qui se joue, ce n'est pas l'existence d'une association nationale au détriment d'une centaine d'associations locales, c'est la consolidation d'un acteur capable de promouvoir et de défendre le logiciel libre et les biens communs informationnels auprès de nos industriels, de nos élus et de nos institutions. Pour ce faire, nous devons doter l'APRIL des moyens à la hauteur des enjeux.
[^] # Re: Je ne pense pas être d'accord avec cet appel
Posté par Sébastien Dinot (site web personnel) . En réponse à la dépêche Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté informatique à adhérer à l'APRIL. Évalué à 10.
Paris n'est pas le centre du monde et on peut très bien promouvoir et défendre le libre et les biens communs informationnels depuis le fin fond de la Creuse ou les îles Kerguelen. Par exemple, je suis le secrétaire de l'APRIL et j'habite à Toulouse. 3 autres membres du CA de l'APRIL habitent en province (à Toulouse, Grenoble et Digne les Bains).
Par contre, il est une vérité que vous ne pouvez pas nier : la Présidence de la République, le gouvernement, l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Conseil d'Etat, le Conseil Constitutionnel, le CSPLA et bien d'autres institutions sont sises à Paris. Que vous le vouliez ou non, au niveau national, l'essentiel des décisions politiques, législatives et économiques sont donc prises à Paris et c'est là que tout se joue, même s'il est effectivement possible de sensibiliser un député en amont dans sa circonscription (ce que j'invite chacun à faire).
Comme il est plus simple de rencontrer nos interlocuteurs et d'agir en étant sur place plutôt qu'aux antipodes, les permanents de l'APRIL et les trois quarts du CA habitent à Paris ou en Ile de France. Je ne vois rien d'hégémonique ou de choquant là dedans, c'est du simple bon sens.
Maintenant, il est tout aussi légitime qu'une association qui prétend agir au niveau national souhaite s'appuyer sur une base d'adhérents répartie sur tout le territoire et lance donc une campagne d'adhésion d'envergure nationale. J'imagine d'ailleurs la volée de bois vert que se prendrait l'APRIL s'il en allait autrement.
Contrairement à ce que vous semblez croire, l'appartenance à une association nationale n'empêche nullement un investissement local. Par exemple, certains membres de l'APRIL, très actifs au sein de l'association toulousaine Toulibre, le démontrent brillamment.
Par contre, si les associations de proximité doivent exister et, pour certaines, effectuent un travail de sensibilisation remarquable, jamais leur action ne remplacera celle de l'APRIL (et vice versa). Pour se limiter à l'actualité, donnez-moi le nom d'un LUG qui ait déposé un recours en annulation devant le Conseil d'Etat. Donnez-moi le nom d'un LUG qui participe au FDI ou à la commission de l'AFNOR en charge de l'étude du format OpenXML. Donnez-moi le nom d'un LUG qui ait obtenu la position officielle des candidats à la présidence vis à vis du logiciel libre, de l'interopérabilité, des brevets, etc. Donnez-moi le nom d'un LUG qui participe au SMSI (Sommet Mondial de la Société de l'Information). Il n'en existe pas car jamais une association de vingt personnes n'obtiendra de poste dans ces instances ou ne sera même consultée par elles.
Quant à l'adhésion des associations en lieu et place de leurs adhérents, ce n'est réellement pas une perspective séduisante puisque, au delà d'un gain de représentativité, le but de cette campagne est de collecter des fonds pour financer nos permanents. La plupart des associations de proximité ayant un budget très limité paient une cotisation symbolique de 10 ou 20 euros quand elles ne demandent tout simplement pas à être exemptées. Sachant qu'en moyenne, un particulier qui adhère à l'APRIL verse spontanément plus, vous devinez qu'il est bien plus intéressant pour l'APRIL que les gens adhèrent individuellement.
Ce qui se joue, ce n'est pas l'existence d'une association nationale au détriment d'une centaine d'associations locales, c'est la consolidation d'un acteur capable de promouvoir et de défendre le logiciel libre et les biens communs informationnels auprès de nos industriels, de nos élus et de nos institutions. Pour ce faire, nous devons doter l'APRIL des moyens à la hauteur des enjeux.
Cordialement,
Sébastien Dinot, secrétaire de l'APRIL