• [^] # Re: Bourdes journalistiques

    Posté par . En réponse à la dépêche Réponse de Linus aux allégations de Microsoft sur la transgression de 235 brevets. Évalué à 8.

    > A la base les droits d'auteurs sont là pour garantir l'indépendance financière des auteurs.

    Archi-faux. À la base, les droits d'auteur sont là pour garantir à l'auteur qu'on ne pourra pas lui voler son oeuvre.

    Qu'on ne puisse pas lui voler son oeuvre ? Pourtant à en croire le rapporteur de la toute première loi sur le droit d'auteur en France, le public est autant propriétaire de l'oeuvre que l'auteur : « [la PI est] d'un genre tout différent des autres propriétés. Lorsqu'un auteur fait imprimer un ouvrage ou représenter une pièce, il les livre au public, qui s'en empare quand ils sont bons, qui les lit, qui les apprend, qui les répète, qui s'en pénètre et qui en fait sa propriété ».

    La citation entière est plus ambigüe car il commence par dire que la propriété d'un auteur sur les oeuvres de son esprit est « la plus sacrée, la plus légitime, la plus inattaquable, et, si je puis parler ainsi, la plus personnelle de toutes les propriétés ». On peut retrouver la même ambiguité sur la propriété dans un texte de Victor Hugo. En fait, il faut bien comprendre qu'à l'époque, la propriété était quasi-synonyme de « rémunération juste » et d'émancipation du citoyen par rapport aux pouvoirs. Il était donc bien question de récompenser l'apport des auteurs, de leur donner une place dans la société et pour ce faire d'empêcher qu'on puisse faire profit de leur travail à leur place. La position de Le Chapelier est tout de même sans équivoque car il ajoute par après que le droit de l'auteur à « disposer de l'ouvrage » est une « exception, [car] un ouvrage publié est de sa nature une propriété publique. »

    Quant au copyright états-unien institué en 1909, le texte disait : La mise en oeuvre par le Congrès d'une législation sur le droit de reproduction, conformément à la Constitution, ne repose pas sur un droit naturel que l'auteur aurait sur ses oeuvres, [. . .] mais sur l'idée que le bien public et le progrès de la science et des arts utiles seront favorisés.». En d'autres termes : si on donne plein de tunes aux auteurs ils nous écriront plein de livres.

    Donc je maintiens ce que j'ai dit.