• [^] # Re: 300 est bien un film de néocons

    Posté par . En réponse à la dépêche 300, La vie des autres et Sunshine. Évalué à 1.

    C'est vrai. Et surtout, le film colle assez bien à la BD originale. Maintenant, il faudrait peut-être regarder ce qu'a fait Miller comme autres BD avant de crier au loup.

    On a en vrac : la réinvention (et le sauvetage à l'époque) de Daredevil, même chose pour Batman avec Batman Year One (ou comment Batman est devenu Batman), The Dark Knight Returns (futur hypothétique, avec un Bruce Wayne qui a dans les 40-50 ans), The Dark Knight Strikes Again (la suite), Sin City, ...

    Pour faire court : les personnages de Miller sont TOUS ambigus, sans exception. Avec la vision de Miller, Batman n'est plus un simple justicier. Il s'agit d'un homme qui, s'il ne combattait pas le crime et ne refusait pas de prendre des vies, aurait certainement sa place à l'asile d'Arkham avec les autres Joker, Two-face, etc. Il faut cependant contrebalancer cette vision du dark knight avec le côté « ville totalement corrompue » qui nous est montré dans B:YO.

    Dans Dark Knight Returns et sa suite, Miller passe la société américaine au vitriol, tout en montrant que ce côté « facho » de Batman est à contrebalancer avec une certaine forme d'optimisme quant à la capacité des hommes à devenir meilleurs.

    Idem pour Daredevil, qui profite de l'aspect japanophile de Miller, gagne en noirceur, et cesse d'être le personnage fade qu'il était avant. Il reste un héros bien plus « classique », mais aussi bien plus humain.

    Dans le même ordre d'idée, je vous conseille fortement de lire Watchmen, d'Alan Moore, qui possède une vision relativement proche de celle de Miller concernant le mythe du super-héros (et Léonidas et ses hommes sont clairement des super-héros à leur manière) : ce sont des gens qui brisent les lois établies, des « justiciers » qui au final imposent une sorte d'ordre totalitaire aux autres « pour leur propre bien ».

    Bref, tout ça pour dire que traiter Miller et ses oeuvres de fascistes ou fascisantes révèle surtout un manque de profondeur dans l'analyse.