• [^] # Re: Les réponses de Bové

    Posté par (Mastodon) . En réponse à la dépêche Réponse de la candidate Marie-George Buffet à Candidats.fr. Évalué à 2.

    On est presque d'accord, pas vrai ;)

    Mais bon, j'argumente encore un peu...

    Si on se place du point de vue de l'entreprise, le temps mis par les salariés est compensé par le salaire versé

    Euh, pas tout à fait, sinon, comment gagne-t-elle de l'argent et comment rémunère-t-elle les investisseurs ? (ok, elle combine des facteurs de production, mais j'ai tendance à penser que le travail est le facteur majeur, en tout cas dans mon domaine, celui des services). Du coup, le travail fournit par le salarié ne lui est que partiellement payé... Et en effet, le surplus de travail, que j'ai appelé amour, enthousiasme ou ce qu'on voudra, lui n'est pas remunéré.

    Ce qui justifie que ce soit le capital qui prenne les decisions ? c'est que si la boite coule, c'est l'argent du capital qui va disparaire.

    Si la société fait faillite, la perte se répartit pour le moins équitablement : la perte du capital pour l'actionnaire a peut-être (sans doute) été mainte fois compansée par les dividendes reçus au fil du temps. De plus, l'"utilité" de cet argent est sans doute bien moindre que l'"utilité" du salaire de chaque salarié. Je veux dire par là que l'actionnaire ne dépend très probablement pas de cet argent pour manger / se nourrir / se vétir / éduquer ses enfants. La perte pour le salarié est probablement relativement à ses besoins / resources bien supérieure. L'enjeu est donc au moins aussi important pour lui que pour le détenteur du capital.

    Je ne sais pas combien vous avez investit d'argent, mais si demain la boite coule, les salarié perdront leur boulot. Vous vous perdrez tout l'argent que vous y avez mis.

    Dans notre cas, l'investissement est minime, le retour très important. S'agissant d'une société de services (conseil et informatique), nous n'avons investi, il y a quatre ans que 9000 euros (à 3). Aujourd'hui, le capital (par incorporation de reserves) s'élève à 300 000 ¤... De plus nous nous sommes versés de généreux dividendes. Ce que nous avons réellement investi, c'est notre travail et notre savoir-faire. Mais presque au même titre que les salariés qui nous ont rejoint depuis.
    Et encore, dans mon cas, j'ai bossé pour créer cette boite, j'y suis depuis l'origine, mais que penser de cette même situation si j'avais juste hérité de la société ? Ou si je l'avais rachetée créant une holding qui aurait emprunté pour cela et aurait adossé son emprunt à la valeur future de ladite boite ? (les fameux LBO, voir par exemple ce qui a été fait avec Eutelsat SA par le fond Eurazeo...).

    Alors pourquoi ne pas mettre mes actes en phase avec mes convictions (transformer la société en Scop par exemple) ? Par appât du gain je crois...