• # La mutalisation du libre lui a échappé

    Posté par . En réponse à la dépêche Interview de G. Collomb, Sénateur-Maire de Lyon. Évalué à 10.

    Cependant, et cela doit attirer notre attention, ni l’Adullact, ni la société de service qui a mis en oeuvre la solution ne sont prêts à financer l’installation de cette solution dans une autre ville. Ce qui pose la question centrale du coût d’utilisation consolidé des solutions libres.

    Cette remarque est importante, elle donne, à mes yeux, une certaine valeur à cette entrevue bien que je partage pleinement l'avis de Pierre Jarillon. Pour le rassurer, et inquiéter G. Collomb, on pourrait rappeler quelques projets de même nature entre Microsoft et des Universités qui ont assez rapidement tourné en eau de boudin, il ne faut en effet pas confondre investissement publicitaire et investissement technologique.

    Sur le fond cette question de la mutualisation est importante et mal comprise. Les entreprises commerciales (comme Microsoft, Oracle ou SAP) mutalisent car elles permettent de partager les coûts de développement entre plusieurs utilisateurs. Le problème est que cette mutalisation est couteuse (souvent plus qu'un facteur 10) et souffre de multiples effets de bord néfastes pour les utilisateurs.

    Cependant G. Collomb a un peu (mais pas trop!) raison quand il dit que ce n'est pas à UN utilisateur de supporter les coûts de mutualisation:
    - Il oublie que quand on développe en libre on ne réinvente pas constamment la roue et que l'on utilise largement du code produit par d'autres, créant ainsi un premier niveau de mutalisation
    - les coûts d'adaptation du logiciel proprio restent à la charge de chaque utilisateur, pourquoi en serait-il autrement pour le logiciel libre?

    Il n'en reste pas vrai que la mutalisation devrait au moins en partie être prise en charge par la collectivité, cela serait bien plus efficace que sa prise en charge par les logiciels propriétaires. Il me semble que des efforts comme EDOS (http://www.edos-project.org) ou le pôle de compétitivité Logiciel Libre (http://www.ouverture-paris-region.org/xwiki/bin/Main/) le réalisent. Et même l'Adallact, n'en déplaise à G.Collomb qui a du mal à voir plus loin que le bout de son nez: la mutualisation permise par l'adullact doit être évaluée sur l'ensemble des projets qu'elle supporte et non sur un seul.