Un point important à rappeler, c'est que les licences libres - qu'il s'agisse de logiciel ou de musique - concernent les modalités de diffusion . Et c'est d'ailleurs pour ça qu'une appli non diffusée, comme certaines applications web, n'est ni libre ni non-libre ; c'est aussi pour ça que des sociétés peuvent forker un logiciel libre pour usage interne sans diffuser leurs modifications (par exemple Coverty, qui a dérivé gcc pour son service d'audit des sources).
Cette notion de « libertés (et devoirs) de diffusion » caractérise donc le logiciel libre. C'est une belle trouvaille de la part des fondateurs du libre (qui, en effet, aurait deviner que la diffusion était le point essentiel pour garantir l'ouverture d'un logiciel ?). Le monde des arts et de la musique, en revanche, est pleinement sensibilisé, dès le départ, à la lourdeur des problèmes et droits de diffusion.
Le choix du médium (ou du label, etc.) est souvent l'affirmation d'une démarche militante, ou au moins d'un certain parti pris. Les licences libres adaptées aux arts arrivent peut-être un peut trop tard dans ce domaine (alors qu'elles sont arrivées tôt pour le monde logiciel) : les grandes sociétés de production (ou d'auteur, comme la SACEM) ont lourdement vérouillé le terrain, et les idéologues ont pris les devants dans les milieux alternatifs. Ainsi, dans la musique alternative, on fait plus souvent attention au label choisi qu'à la licence, ou on veut interdire les utilisations commerciales (NC) en réaction aux modèle des majors de la diffusion.
C'est une embuche sur le chemin non idéologique, pragmatico-légal, proposé par le modèle du LL, mais c'est notre faute, nous aurions dû arriver plus tôt.
Pour ce qui est de la dérivabilité et de l'accès aux sources : je ne comprend pas pourquoi l'auteur de cette dépêche se focalise sur les partitions. Les auteurs de Hip-Hop ou d'électro doivent-ils savoir écrire une partoche ? non. Et l'absence de partition, dans ces genres musicaux précisément, n'empêche pas de faire des oeuvres dérivées, de réutiliser le travail des autres, de partager etc. : merci aux samplers.
On se rend bien compte que dans ce cas, ce qui importe, que la musique est en quelque sorte son propre code source : un musicien qualifié écoute un morceau, et il connait la partition. Ou il peut le sampler. Le remixer. Bref, les "sources" ne sont pas intéressantes dans ce cas, car elles ne sont pas nécessaires pour produire une oeuvre dérivée (à la différence du monde logiciel). C'est la même chose pour un livre : tout son matériau est là, prêt à être réutilisé, dérivé, et rediffusé.
Tout ce qui importe pour rester dans l'esprit (plutôt que la lettre) du LL, c'est le droit de dériver (pas de ND donc) et de rediffuser (pas de NC donc).
# diffusion et dérivabilité
Posté par herodiade . En réponse à la dépêche Qu'est ce que la musique libre a de commun avec le logiciel libre ?. Évalué à 1.
Cette notion de « libertés (et devoirs) de diffusion » caractérise donc le logiciel libre. C'est une belle trouvaille de la part des fondateurs du libre (qui, en effet, aurait deviner que la diffusion était le point essentiel pour garantir l'ouverture d'un logiciel ?). Le monde des arts et de la musique, en revanche, est pleinement sensibilisé, dès le départ, à la lourdeur des problèmes et droits de diffusion.
Le choix du médium (ou du label, etc.) est souvent l'affirmation d'une démarche militante, ou au moins d'un certain parti pris. Les licences libres adaptées aux arts arrivent peut-être un peut trop tard dans ce domaine (alors qu'elles sont arrivées tôt pour le monde logiciel) : les grandes sociétés de production (ou d'auteur, comme la SACEM) ont lourdement vérouillé le terrain, et les idéologues ont pris les devants dans les milieux alternatifs. Ainsi, dans la musique alternative, on fait plus souvent attention au label choisi qu'à la licence, ou on veut interdire les utilisations commerciales (NC) en réaction aux modèle des majors de la diffusion.
C'est une embuche sur le chemin non idéologique, pragmatico-légal, proposé par le modèle du LL, mais c'est notre faute, nous aurions dû arriver plus tôt.
Pour ce qui est de la dérivabilité et de l'accès aux sources : je ne comprend pas pourquoi l'auteur de cette dépêche se focalise sur les partitions. Les auteurs de Hip-Hop ou d'électro doivent-ils savoir écrire une partoche ? non. Et l'absence de partition, dans ces genres musicaux précisément, n'empêche pas de faire des oeuvres dérivées, de réutiliser le travail des autres, de partager etc. : merci aux samplers.
On se rend bien compte que dans ce cas, ce qui importe, que la musique est en quelque sorte son propre code source : un musicien qualifié écoute un morceau, et il connait la partition. Ou il peut le sampler. Le remixer. Bref, les "sources" ne sont pas intéressantes dans ce cas, car elles ne sont pas nécessaires pour produire une oeuvre dérivée (à la différence du monde logiciel). C'est la même chose pour un livre : tout son matériau est là, prêt à être réutilisé, dérivé, et rediffusé.
Tout ce qui importe pour rester dans l'esprit (plutôt que la lettre) du LL, c'est le droit de dériver (pas de ND donc) et de rediffuser (pas de NC donc).