Écoutez, je trouve votre dernière réponse très émotionelle. Rien de plus normal normal dans un domaine aussi sensible que celui de la langue (ce genre de réactions est d'ailleurs un classique du genre[1] )
Mais cela rend la discussion frustrante. On tombe dans un dialogue de sourds faute de regarder calmement les faits qu'on observe sur le terrain (une démarche scientifique tout à fait normale quoi). Facile à dire certes, j'essaye de m'y lancer :
1) comme l'a dit mon collègue, l'espéranto est une langue intermédiaire entre l'anglais d'Angleterre qui est une langue très compliquée à apprendre et très riche, et le globish, broken english, qui est une langue facile à apprendre mais extrêmement pauvre. Pour le coup, le globish une véritable sous-langue.
En espéranto : en 150H, on (je généralise mon cas) a un niveau qu'on atteint en anglais ou en allemand au bac ; au bout de 6 mois on est capable d'apprécier un poème ; au bout d'un an de lire un livre entier.
2) Elfique vs Espéranto : aucune raison de les opposer, ces deux langues n'ont pas le même but (littéraire vs communicationnel).
3) l'espéranto discrimant parce qu'une minorité n'utilisent pas l'alphabet latin. OK, dans ce cas on laisse tomber l'hypothèse espéranto, et que reste t'il ? Le globish qui utilise l'alphabet latin...
4) Cet intéressant paragraphe appele 5 remarques de ma part : Pour ma part, je reste convaincu que les langues, ça vient des peuples, et que l'espéranto, étant une langue artificielle et n'ayant pas de peuple, reste un excellent exercice d'ingénierie linguistique, mais pas un outil d'ouverture sur le monde.
* Justement, l''espéranto parce qu'il n'est la langue d'aucun peuple est ouvert à tous les peuples. J'avoue que je trouve séduisante cette caractéristique que l'espéranto partage avec l'Internet (réseau sans frontières et sans nation) et le logiciel libre (idem).
* l'espéranto n'est pas un exercice d'ingéniérie linguistique comme la plupart des autres langues construires. Son créateur n'était pas linguiste mais médecin occuliste, par contre c'était un écrivain d'une créativité littéraire tout à fait remarquable. Si l'espéranto repose sur des principes rationels, c'est au contact des chefs d'oeuvres de la littérature mondiale que Zamenhof et ses successeurs ont traduits que l'espéranto est devenue une vraie langue.
* la langue parlée dans l'État d'Israël a été en pratique recrée par un comité de linguiste à partir de l'hébreu ancien (tout comme l'espéranto n'a pas été créé ex-nihilo mais à partir des grandes langues euroépéennes). Qui nierait aujourd'hui que ce soit une "vraie" langue malgré son origine "artificielle" ? Comme quoi, impossible n'est pas français.
* l'espéranto n'a pas vocation à remplacer l'anglais en tant que langue maternelle de quelques centaines de millions de personne.
* l'espéranto n'a pas été créé contre le broken english (qui n'était pas à l'époque la langue internationale) mais contre la haine qui séparait les 4 communautés linguistiques (juive, allemande, russe, polonaise) de la ville natale de Zamenhof. On peut ne pas croire à cette alternative au broken english, mais pourquoi nier que l'espéranto tire son âme d'une volonté d'ouverture sur le monde ?
Pour terminer, peut-on condamner une solution avant d'avoir compris dans les moindres détails le problème qu'elle cherche à résoudre ? Sur la base de ce principe, je voudrais vous demander de réfléchir sur un fait extrêmement simple avant de condamner l'espéranto :
Le désir de communiquer simplement, en toute égalité, par-dessus les barrières linguistiques, désir parfaitement légitime à une époque où les relations internationales sont d’une densité sans précédent, ne peut être satisfait par les méthodes qu’appliquent actuellement les États et l’ensemble de la société.
[^] # Re: Traduction du document
Posté par Minos . En réponse à la dépêche Rapport pour la Commission européenne sur le logiciel libre. Évalué à 5.
[1] http://claudepiron.free.fr/articlesenanglais/reactions.htm
Mais cela rend la discussion frustrante. On tombe dans un dialogue de sourds faute de regarder calmement les faits qu'on observe sur le terrain (une démarche scientifique tout à fait normale quoi). Facile à dire certes, j'essaye de m'y lancer :
1) comme l'a dit mon collègue, l'espéranto est une langue intermédiaire entre l'anglais d'Angleterre qui est une langue très compliquée à apprendre et très riche, et le globish, broken english, qui est une langue facile à apprendre mais extrêmement pauvre. Pour le coup, le globish une véritable sous-langue.
En espéranto : en 150H, on (je généralise mon cas) a un niveau qu'on atteint en anglais ou en allemand au bac ; au bout de 6 mois on est capable d'apprécier un poème ; au bout d'un an de lire un livre entier.
2) Elfique vs Espéranto : aucune raison de les opposer, ces deux langues n'ont pas le même but (littéraire vs communicationnel).
3) l'espéranto discrimant parce qu'une minorité n'utilisent pas l'alphabet latin. OK, dans ce cas on laisse tomber l'hypothèse espéranto, et que reste t'il ? Le globish qui utilise l'alphabet latin...
4) Cet intéressant paragraphe appele 5 remarques de ma part :
Pour ma part, je reste convaincu que les langues, ça vient des peuples, et que l'espéranto, étant une langue artificielle et n'ayant pas de peuple, reste un excellent exercice d'ingénierie linguistique, mais pas un outil d'ouverture sur le monde.
* Justement, l''espéranto parce qu'il n'est la langue d'aucun peuple est ouvert à tous les peuples. J'avoue que je trouve séduisante cette caractéristique que l'espéranto partage avec l'Internet (réseau sans frontières et sans nation) et le logiciel libre (idem).
* l'espéranto n'est pas un exercice d'ingéniérie linguistique comme la plupart des autres langues construires. Son créateur n'était pas linguiste mais médecin occuliste, par contre c'était un écrivain d'une créativité littéraire tout à fait remarquable. Si l'espéranto repose sur des principes rationels, c'est au contact des chefs d'oeuvres de la littérature mondiale que Zamenhof et ses successeurs ont traduits que l'espéranto est devenue une vraie langue.
* la langue parlée dans l'État d'Israël a été en pratique recrée par un comité de linguiste à partir de l'hébreu ancien (tout comme l'espéranto n'a pas été créé ex-nihilo mais à partir des grandes langues euroépéennes). Qui nierait aujourd'hui que ce soit une "vraie" langue malgré son origine "artificielle" ? Comme quoi, impossible n'est pas français.
* l'espéranto n'a pas vocation à remplacer l'anglais en tant que langue maternelle de quelques centaines de millions de personne.
* l'espéranto n'a pas été créé contre le broken english (qui n'était pas à l'époque la langue internationale) mais contre la haine qui séparait les 4 communautés linguistiques (juive, allemande, russe, polonaise) de la ville natale de Zamenhof. On peut ne pas croire à cette alternative au broken english, mais pourquoi nier que l'espéranto tire son âme d'une volonté d'ouverture sur le monde ?
Pour terminer, peut-on condamner une solution avant d'avoir compris dans les moindres détails le problème qu'elle cherche à résoudre ? Sur la base de ce principe, je voudrais vous demander de réfléchir sur un fait extrêmement simple avant de condamner l'espéranto :