J'ai du mal à imaginer que tu ne puisses pas comprendre ce que je dis.
Il se trouve que j'ai créé avec succès deux boites, la première où on faisait un produit purement logiciel, et l'autre où on faisait (et fait toujours) du logiciel pour carte à puce qui doit être en rom.
Dans le premier cas, on produisait des logiciels, dans le second, on produit des microcontrolleurs qui contiennent du code non modifiable. C'est à dire qu'on est très proche du principe d'un produit hardware.
Dans ma première boite, en 1 an et demi, on a dépensé à trois environ 4000 euro. Plusieurs ordinateurs, une licence Visual Studio, une licence Qt plus quelques broutilles. Note qu'au bout de 6 mois, on avait déjà un produit montrable pour convaincre nos clients.
Dans ma deuxième boite, même effectif humain de départ. Rien qu'en logiciel on est déjà autour des 10000 euro (licence des compilos proprio). Il nous a fallu un an et demi pour lancer la première fabrication qui a couté environ 30 000 euro. A partir de ce moment là on a eu des prototypes, non vendables. Pour notre premier produit, on a du relancer une fabrication (un peu moins cher cette fois : 15000 euro) et faire une certification du produit (environ 35 000 euro). Finalement, ce n'est même pas ce produit là qu'on a vendu, il a fallu en refaire un autre.
Et là, je n'ai mis aucun coût de salaire. Juste du matériel, du logiciel et de la production.
Pour en revenir au sujet, les coûts initiaux pour un développement hardware, quoi que tu en penses, sont sans commune mesure avec les coûts de développement software.
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Tu répond au cout de production après conception en parlant .. du coup de conception intial.
>>
Pour parler du coût d'un produit, tu es obligé de tenir compte de tous les coûts. Le coût de développement initial est tellement important qu'il impacte de façon majeur la marge que tu dois faire sur la production. Dans mon industrie, on ne commence à faire des bénéfices qu'au delà du millions de pièces produites. Quand le client est exigeant, c'est au delà des 3 premiers millions. C'est super difficile de sortir des marchés de plusieurs millions de pièces, donc c'est difficile de rentabiliser juste le développement.
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Elle est où la différence avec le gars qui quitte son boulot, créé sa société, mis son temps pour faire un début de développement logiciel. Ensuite il embauche des gens pour continuer, tester, valider. Il embauche encore quelqu'un pour lui parler du coté fonctionnel et valider les calculs, le travail. Il écrit des specs, des connecteurs.
>>
Il y en a plusieurs des différences. L'idée, c'est que quand tu démarres une société en logiciel, tu réduis les coûts au minimum, et c'est possible :
- tu ne te paye pas de salaire
- en général, tu n'as pas de salarié non plus. Dans le meilleurs des cas, tu as un associé qui comme toi n'a pas de salaire
- les compilos sont libres
- pas de coût de production
- tu peux montrer des prototypes à tes clients sans débourser beaucoup
Au final, tu peux démarrer ton projet logiciel pour quelques milliers d'euro. Typiquement, tu vas commencer en mode garage et quand tu auras un proto qui marche et un client prêt à acheter la version finale, tu envisgeras d'embaucher des gens.
Dans le cas du demarrage d'un projet hardware, même en résuisant les coûts au maximum maximum et en restant en mode garage, tu vas t'en sortir pour 50 000 euro. D'où un besoin beaucoup plus important d'assurer tes arrières.
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Tous ces gens ils ont besoin de prendre des précautions pour revenir dans leurs couts, qu'ils fassent du hard ou du soft. Ce n'est pas parce que le soft n'est pas tangible qu'il ne coute rien.
>>
Sauf que les coûts dans l'un et l'autre cas sont d'un rapport 10.
Je vois pas trop ce que je peux dire de plus pour te convaincre. Créée une boite pour vendre du hardware libre, on en reparlera.
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Je trouve effarant que sur un site dominé par les informaticiens on arrive encore à lire des textes qui insinuent que le coût d'un logiciel est nul ou négligeable (je parle bien du coût, pas du prix)
>>
Bien sur qu'il y a un coût de production d'un logiciel. Mais le coût de production peut pour la très grande partie être converti en temps qui ne coûte relativement rien (quand c'est le tien). Pour le hard, c'est pas convertible (et en plus, tu as en général le même coût en temps personnel).
Autre problème, le coût d'une erreur. Si tu as un bug grave dans ton soft, tu peux faire une mise à jour et l'envoyer à tes clients et deux jours après, tu es un peu moins crédible mais ton problème est résolu.
Dans une carte à puce, si tu as un bug grave, tu as perdu 45 000 euro et tu dois repayer 45 000 euro pour une nouvelle production et tu repars pour un cycle de fabrication d'environ 4 mois pendant lesquels tu vas perdre des clients.
Rien qu'avec ton exemple de l'informaticien passionné et de l'électronicien passionné, on voit la différence. Pour une informaticien passionné, il faut une babasse et un accès internet et il peut s'amuser. Pour un électronicien passionné, il va falloir une babasse, très probablement un accès internet, un poste à souder, des cartes micro-controlleurs, éventuellement un compilateur proprio s'il utilise du matériel hyper spécifique, plus pas mal de matériel électronique. Si il veut faire du pas moche, il faudra même qu'il se paye un moule en plastique. S'il veut faire 10 protos pour ses copains, il faudra qu'il paye le matériel 10 fois. Alors qu'un logiciel peut être téléchargé des milliiers de fois sur sourceforge sans couter un bezef au développeur.
[^] # Re: Pas vraiment libre
Posté par Philippe F (site web personnel) . En réponse à la dépêche Projet Open Graphics : 1ère étape terminée. Évalué à 10.
Il se trouve que j'ai créé avec succès deux boites, la première où on faisait un produit purement logiciel, et l'autre où on faisait (et fait toujours) du logiciel pour carte à puce qui doit être en rom.
Dans le premier cas, on produisait des logiciels, dans le second, on produit des microcontrolleurs qui contiennent du code non modifiable. C'est à dire qu'on est très proche du principe d'un produit hardware.
Dans ma première boite, en 1 an et demi, on a dépensé à trois environ 4000 euro. Plusieurs ordinateurs, une licence Visual Studio, une licence Qt plus quelques broutilles. Note qu'au bout de 6 mois, on avait déjà un produit montrable pour convaincre nos clients.
Dans ma deuxième boite, même effectif humain de départ. Rien qu'en logiciel on est déjà autour des 10000 euro (licence des compilos proprio). Il nous a fallu un an et demi pour lancer la première fabrication qui a couté environ 30 000 euro. A partir de ce moment là on a eu des prototypes, non vendables. Pour notre premier produit, on a du relancer une fabrication (un peu moins cher cette fois : 15000 euro) et faire une certification du produit (environ 35 000 euro). Finalement, ce n'est même pas ce produit là qu'on a vendu, il a fallu en refaire un autre.
Et là, je n'ai mis aucun coût de salaire. Juste du matériel, du logiciel et de la production.
Pour en revenir au sujet, les coûts initiaux pour un développement hardware, quoi que tu en penses, sont sans commune mesure avec les coûts de développement software.
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Tu répond au cout de production après conception en parlant .. du coup de conception intial.
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Pour parler du coût d'un produit, tu es obligé de tenir compte de tous les coûts. Le coût de développement initial est tellement important qu'il impacte de façon majeur la marge que tu dois faire sur la production. Dans mon industrie, on ne commence à faire des bénéfices qu'au delà du millions de pièces produites. Quand le client est exigeant, c'est au delà des 3 premiers millions. C'est super difficile de sortir des marchés de plusieurs millions de pièces, donc c'est difficile de rentabiliser juste le développement.
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Elle est où la différence avec le gars qui quitte son boulot, créé sa société, mis son temps pour faire un début de développement logiciel. Ensuite il embauche des gens pour continuer, tester, valider. Il embauche encore quelqu'un pour lui parler du coté fonctionnel et valider les calculs, le travail. Il écrit des specs, des connecteurs.
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Il y en a plusieurs des différences. L'idée, c'est que quand tu démarres une société en logiciel, tu réduis les coûts au minimum, et c'est possible :
- tu ne te paye pas de salaire
- en général, tu n'as pas de salarié non plus. Dans le meilleurs des cas, tu as un associé qui comme toi n'a pas de salaire
- les compilos sont libres
- pas de coût de production
- tu peux montrer des prototypes à tes clients sans débourser beaucoup
Au final, tu peux démarrer ton projet logiciel pour quelques milliers d'euro. Typiquement, tu vas commencer en mode garage et quand tu auras un proto qui marche et un client prêt à acheter la version finale, tu envisgeras d'embaucher des gens.
Dans le cas du demarrage d'un projet hardware, même en résuisant les coûts au maximum maximum et en restant en mode garage, tu vas t'en sortir pour 50 000 euro. D'où un besoin beaucoup plus important d'assurer tes arrières.
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Tous ces gens ils ont besoin de prendre des précautions pour revenir dans leurs couts, qu'ils fassent du hard ou du soft. Ce n'est pas parce que le soft n'est pas tangible qu'il ne coute rien.
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Sauf que les coûts dans l'un et l'autre cas sont d'un rapport 10.
Je vois pas trop ce que je peux dire de plus pour te convaincre. Créée une boite pour vendre du hardware libre, on en reparlera.
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Je trouve effarant que sur un site dominé par les informaticiens on arrive encore à lire des textes qui insinuent que le coût d'un logiciel est nul ou négligeable (je parle bien du coût, pas du prix)
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Bien sur qu'il y a un coût de production d'un logiciel. Mais le coût de production peut pour la très grande partie être converti en temps qui ne coûte relativement rien (quand c'est le tien). Pour le hard, c'est pas convertible (et en plus, tu as en général le même coût en temps personnel).
Autre problème, le coût d'une erreur. Si tu as un bug grave dans ton soft, tu peux faire une mise à jour et l'envoyer à tes clients et deux jours après, tu es un peu moins crédible mais ton problème est résolu.
Dans une carte à puce, si tu as un bug grave, tu as perdu 45 000 euro et tu dois repayer 45 000 euro pour une nouvelle production et tu repars pour un cycle de fabrication d'environ 4 mois pendant lesquels tu vas perdre des clients.
Rien qu'avec ton exemple de l'informaticien passionné et de l'électronicien passionné, on voit la différence. Pour une informaticien passionné, il faut une babasse et un accès internet et il peut s'amuser. Pour un électronicien passionné, il va falloir une babasse, très probablement un accès internet, un poste à souder, des cartes micro-controlleurs, éventuellement un compilateur proprio s'il utilise du matériel hyper spécifique, plus pas mal de matériel électronique. Si il veut faire du pas moche, il faudra même qu'il se paye un moule en plastique. S'il veut faire 10 protos pour ses copains, il faudra qu'il paye le matériel 10 fois. Alors qu'un logiciel peut être téléchargé des milliiers de fois sur sourceforge sans couter un bezef au développeur.
Ma conclusion : l'electronique coûte plus cher.