• [^] # Re: Le problème

    Posté par . En réponse à la dépêche L'UFC Que Choisir contre la vente liée. Évalué à 8.

    Euh, je crois que tu n'as pas compris le problème :

    Constructeur 1 : ne donne pas le choix.
    * Coûts de production : inférieurs (une seule chaine de production, un seul produit)
    * Coûts de stockage : inférieurs (un seul type de produit)
    * Coûts de licence MS : inférieurs (réduc spéciale MS grâce à l'exclusivité)

    Constructeur 2 : donne le choix entre PC + Windows ou PC + rien
    * Couts de production : probablement légèrement supérieurs, avec deux produits. Les constructeurs prétendent que dans les 2 cas il faut installer l'OS pour tester les composants, puis de le désinstaller dans la chaine de production "sans OS". Douteux, mais les coûts ne peuvent de toutes manières pas être inférieurs à ceux qui constructeur 1
    * Coûts de stockage : significativement supérieurs pour le distributeur. Plus de produits = plus de stocks. Peuvent être réduits par les histoires de clés d'activation, mais ça va faire plus de service après vente probablement. Idem qu'au dessus, couts >= à ceux du constructeur 1.
    * Coûts de licence MS : supérieurs (rupture de l'exclusivité)

    Constructeur 3 : donne le choix PC + Windows, PC + distrib Linux préinstallée, PC + rien
    * Coûts de production : très supérieurs. Plusieurs chaines, au moins 3 produits, moins de flexibilité pour le choix des composants (compatibilité Linux obligatoire...). + coûts de transformation des outils + coûts de formation du personnel, etc.
    * Coûts de stockage : idem, supérieurs. + Coûts de service après vente (même s'ils peuvent être en partie pris en charge par le support technique de la distrib si c'est une distrib commerciale)
    * Coûts de licence : idem que constructeur 2.

    Toute la question, c'est donc de savoir si en adoptant les stratégies 2 et 3, tu gagnes suffisamment en chiffre d'affaire pour compenser les coûts. Et c'est pas gagné, parce que tu vas gagner le marché des geeks, linuxiens, radins (eh oui, si mandriva coûte moins cher que Windows...), et ados-crackers en herbe (mom pote Momo a le dernier Windows craké...). Mais que faire du surcoût dû à la diversification de l'offre? 2 possibilités:
    * Le répercuter sur toute la gamme. Dans ce cas, les PC "normaux" (+WinWin) qui représentent la plupart des ventes vont être plus chers que la concurrence. C'est la cata, parce que ça va être dur de vendre (pas directement au consommateur, qui est un beuf qui n'y connait pas grand chose, mais par contre Carrefour ou Auchan va tiquer pour les 10 ou 15¤ de différence...)
    * Le répercuter seulement sur les produits alternatifs (sans rien ou + Distrib Linux). Ça risque d'amener ces PC au même prix ou même à un prix supérieur à ceux "normaux Windows", et d'annuler complètement l'effet "prix" espéré pour favoriser Linux. Sans compter que le distributeur final lui-même (la grande surface quoi) a aussi une latitude pour gérer ses marges, et qu'il va falloir me prouver qu'Auchan a un intérêt à vendre préférentiellement sa camelote la moins chère sur laquelle elle fait probablement moins de marge. Je crains qu'on risque de voir fleurir des offres avec "Windows pour 1¤ de plus", et voila, dans le c... Lulu.

    En clair, c'est loin d'être aussi facile que ça. Dans le monde des Bisounours, les PC avec Linux sont moins chers et tout le monde les achète. Dans le monde réel, il faut convaincre avec des arguments économiques. Et moi, je fais confiance à Monsieur Auchan pour faire ce qui l'arrange, et uniquement ce qui l'arrange. Monsieur Auchan pisse à la raie de Microsoft ou de Linus Torvalds. Monsieur Auchan il vend les PC de la manière qui lui permette de faire le plus de bénéfices, y compris avec les marges arrière et toute cette mafia de la grande distribution (donc entente directe avec les constructeurs, etc). Et si Monsieur Auchan pour l'instant ne vend que des PC avec Windows (ou presque), c'est bien que c'est pas rentable économiquement de ne pas le faire. Donc les démonstrations à deux balles du style "oh mais pourtant les distributeurs y gagneraient, il faut aller les convaincre c'est tout", franchement, hein...

    Une partie du blocage (mais pas tout) semble venir de ces licences exclusives de Microsoft. L'action de Que Choisir pourrait bien rendre ces accords de licences caducs en France; puisque tous les constructeurs se retrouveraient avec l'accord "non exclusif", ce qui assainirait clairement la concurrence. Mais tous les autres problèmes restent bien présents, et notemment ce risque d'offres spéciales avec Windows inclu pour une somme dérisoire : ne sous-estimons pas la capacité des distributeurs à s'adapter à l'environnement juridique en faisant tout ce qu'ils peuvent pour maintenir la situation antérieure si elle leur était favorable.