• [^] # Re: Le choix aurait bel et bien un coût

    Posté par . En réponse à la dépêche Le monopole de Microsoft : mode d'emploi. Évalué à 3.

    Bonjour,

    Il faut remonter un peu plus dans les fils de réponse.

    Il fut évoqué les contrats d'exclusivité.

    Admettons que le coût unitaire d'une licence soit de 25¤. Celà signifie que le fabriquant "assembleur" d'ordinateurs (portables par exemple) à une partie de ses charges variables (dépendant directement de la quantité produite) égale à 25¤. Ce cas de figure intervient dans le cadre d'une licence d'exclusivité avec le fournisseur des licences de l'OS.

    Maintenant, si le même "assembleur" rompt ou ne renouvelle pas le contrat d'exclusivité, admettons qu'il touche la licence à 85¤ alors les coûts variables de chaque machine augmenteront de 60¤.

    Si nous prenons comme base de raisonnement que le prix moyen de commercialisation est de 850¤ (histoire de faciliter les calculs), Les coûts variables augmenteront d'environs 8% baissant d'autant la marge sur coûts variables de chaque unité vendue.

    De fait, pour retrouver les bénéfices d'avant, il faudra augmenter d'autant les quantités vendues pour augmenter le chiffre d'affaires et ainsi récupérer les bénéfices (toutes quantités vendues) d'avant.

    Autrement dit, il faut qu'il y ait une augmentation au moins égale à 8% des quantités vendues pour que les bénéfices (marge totale -toutes quantités produites-) ne changent pas.

    8%, c'est beaucoup sur un marché concurrentiel. Du coup il faut avoir la certitude que les quantités de machines vendues sans OS ou avec d'autres OS permettent de consolider la marge perdue avec la rupture du contrat d'exclusivité.

    Toute la problématique est là. Les "assembleurs" vont rechigner à rompre ou à ne pas renouveler leur contrat d'exclusivité car la demande potentielle des autres segments du marché ne leur semble pas assez importante pour courir un tel risque.

    Pour plus d'info sur ce qu'est une marge sur coût variable, un coût fixe ou un seuil de rentabilité, je vous renvoie aux liens suivants :

    Prix et coûts : http://leneant.echosblogs.org/post/274/1255
    Marge : http://leneant.echosblogs.org/post/274/1260
    Seuil de rentabilité : http://leneant.echosblogs.org/post/274/1261

    Je pense que ce raisonnement permet de comprendre beaucoup des raisons du comportement et des "assembleurs/fabriquants" et de la communication de Microsoft.
    Tant que la communication de microsoft permettra de contenir le développement de la demande pour des machines autres que livrées avec des licences M,ドル les "assembleurs/fabriquants" rechigneront à proposer des machines sans les licences M$.
    Et d'un autre côté, même si la demande pour d'autres configurations progresse, M$ pourrait toujours augmenter le prix de ses licences hors contrat d'exclusivité. Mais celà risque d'être plus problématique car celà pourrait favoriser les "assembleurs/fabriquants" à sauter le pas... Tout est question de calculs et d'équilibres.

    Donc il faut d'autres éléments pour "fermer" le marché et emprisonner la demande.

    Du coup on voit tout l'intérêt que peut avoir M$ à développer les architectures TCPA (Trusting Computing Plateforme Aliance).
    De telles architectures pourraient exclure du marché les développements de structures qui ne sont pas issus du TCG (Trusting Computing Group) et qui n'ont pas les moyens pour payer leur billet d'entrée.
    Maintenant, je ne sais pas comment seront attribuer les certificats de confiance aux matériels, aux logiciels et aux données.

    Pour plus de détail sur ce thème et s'il vous intéresse vous pouvez vous informer sur mon blog :
    http://leneant.echosblogs.org
    billet intitulé "Bientôt les fêtes" ou sur agoravox :
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15799

    J'espère qu'ainsi le raisonnement que je tiens depuis le début de ces commentaires parraitra plus clair.