• [^] # Re: Wifi et DRM

    Posté par . En réponse à la dépêche Un dernier clou dans le cercueil du WEP. Évalué à 4.

    Le terme de "règle du jeu" est certainement mal choisi, le remplacer par "conditions d'utilisation" te semble-t-il mieux ?


    lorsque que FT établis un cvc en ATM pour transmettre ta connection téléphonique, c'est pas FT qui est responsable de ce que tu dis, pourtant c'est eux 'les maitres du systèmes'.

    Confusion entre l'infrastructure qui fournit le service et le l'utilisation du service, qui sont deux choses bien distinctes. Idem pour l'accès Internet. Idem pour la Dédibox, etc. Le fournisseur fixe des conditions d'utilisation de son système à ses utilisateurs et éventuellement prend des mesures pour contraindre le système à cette seule utilisation.
    Zorro a fait un bon rapprochement me semble-t-il entre l'expression consacrée "maître du système" et la notion de responsabilité.


    tu es maître de rien du tout [...]

    Tu parles de maîtrise technique là. Or la loi essaye de s'affranchir de la technique. La question porte donc plus sur la manière dont on veut utiliser le système, ici le réseau WiFi, que comment on peut contraindre ces conditions d'utilisation.
    Exemple : mes conditions d'utilisation de mon réseau, c'est qu'il m'est personnel et que je dois être le seul à l'utiliser. C'est ce qui fait la différence entre l'accès public et l'accès privé aux yeux de la loi et de la jurisprudence telle que je la comprends.
    Maintenant, j'ai éventuellement à ma disposition des moyens techniques pour imposer cette règle du jeu, mais ils n'y changent rien. Cette règle ne va pas changer selon que j'utilise du WEP ou du WPA.


    On en revient à la séparation entre le service et l'infrastructure qui rend ce service. Quand ton FAI te fournit une box qui fait du WiFi, il te fournit un équipement qui te rend un service, qui comprend le WiFi et sa configuration (donc sa sécurisation). C'est d'ailleurs plus simple pour lui, puisque ça va lui permettre justement de décharger sa responsabilité : "la sécurisation du WiFi, c'est le problème de l'utilisateur, pas le mien", sauf peut-être le jour où quelqu'un va se retourner contre lui parce qu'il s'est fait pirater et que le FAI ne fournissait pas de mesure de protection à jour.

    Maintenant, oui, ces boxes peuvent ne pas t'offrir ce que tu serais en droit d'attendre en terme de niveau de protection technique, comme ça a longtemps été le cas avec le support du WEP seulement. Mais ça n'a rien à voir avec l'utilisation que tu veux faire de ton réseau, ça a à voir avec les moyens dont tu disposes pour l'encadrer.

    Ça me fait penser à la différence entre la politique de sécurité et l'implémentation de cette politique. Entre la charte d'utilisation d'un réseau et les moyens techniques qui sont mis en oeuvre pour la faire respecter. Etc.


    Et comment faire pour signifier un accés libre par wifi autrement qu'en collant des étiquettes partout

    En utilisant un SSID explicite, comme par exemple "wifipublic" ? Et on pourra retourner l'argument : comment faire pour signifier un accès privé, au sens de l'utilisation, pas de la technique ? Et plus loin que ça, doit-on considérer qu'un AP ouvert est public parce que finallement, on n'a pas de moyen simple de vérifier si c'est le cas ou non, même après s'être connecté ? J'aurais plutôt tendance à penser le contraire, à m'abstenir dans le doute.


    au risque qu'un voisin qui utilise une config 'non chiffré' soit aussi utilisé à ta place, alors que ce ne sont pas tes règles du jeu ?

    En quoi l'utilisation du réseau de mon voisin impacte-t-elle la manière dont le mien est utilisé ? Si quelqu'un utilise le réseau de mon voisin à la place du mien, public, ce sont ses règles à lui qu'on risque de ne pas respecter, pas les miennes.


    le serveur web est fait pour publier de l'info , effectivement, mais on a JAMAIS dis au public

    D'où le "sans mention du contraire" qui traine entre parenthèse. Qui osera (à part toi) prétendre qu'un serveur Web accessible librement sur le port TCP/80 ne doit pas être considéré comme accessible publiquement ?! C'est exactement ce qui ressort de la jurisprudence Kitetoa vs. Tati. C'est un fait communément admis sur le Net, c'est ce qui fait le Web. Dans le cas que tu évoques, tu as pris une mesure restrictive pour le rendre privé.


    Ce que j'essaye de faire, maladroitement manifestement, c'est de montrer que les gens considère certains services comme publics par défaut sans même les avoir regardé et d'autres non.
    Le web en est un. Quand on sait qu'un serveur Web tourne en quelque part, on ne réfrène pas son éventuelle curiosité à se demander si on peut ou non se connecter. On le fait et on attend de voir si on se prend un 403 ou une demande d'authentification, signe qu'on doit aller jouer ailleurs. C'est comme ça que c'est utilisé.
    A contrario, il me semble qu'un réseau WiFi n'a pas ce côté public par défaut quand il est ouvert. Quand je vois un réseau ouvert, je n'en déduis pas naturellement qu'il s'agit d'un accès public.


    Alors oui, on peux couper les cheveux en quatre et jouer sur les mots en bon gros techniciens et apprentis juristes du dimanche avec, comme tu l'écris, des mots à la mort moi le noeud à tous les coins de phrase. Ce n'est pas mon propos. Si tu veux savoir ce qu'il en est réellement, il va falloir que tu attendes que quelqu'un teste la loi (un volontaire ?).


    Enfin, il y a tout de même un aspect technique que tu mentionnes rapidement. Si on a un gestionnaire automatique de connexion WiFi configuré de manière un peu laxiste (à savoir par défaut), tu peux te retrouver associé à l'insu de ton plein gré à un AP ouvert dont le propriétaire ne voudrait pas de toi. Mais (pour refaire du droit à deux balles), si tu accèdes à son système contre sa volonté, tu le fais sans le savoir et à ce titre, tu n'es pas responsable. Un ami s'est par exemple aperçu un jour de panne de son AP que son Nabaztag tournait sur celui du voisin depuis toujours :)