Votre article "il n'a de libre que le nom" dans le Libé du 5 Juillet m'a fait sursauter. J'aimerais reprendre quelques phrases de cet article, en essayant de ne pas les sortir du contexte.
"Enfourchant la thématique à la mode de la gratuité communautaire, il [le mythe libertaire des logiciels à code ouvert] lance un message à tous : l'informatique ne doit pas s'insérer dans l'économie, c'est une liberté de plus et rien d'autre". Certains réveurs pensent peut-être cela. Je ne crois pas que ce soit le sentiment général dans la communauté du libre ou chez les utilisateurs. J'en veux pour preuve le nombre croissant des sociétés spécialisées dans le service autour du logiciel libre et les standards ouverts. Ces sociétés participent à l'économie du pays.
"L'ouverture des codes informatiques peut être utile à la recherche, et le travail communautaire peut parfois contribuer à certains progrès technologiques". Plus prosaïquement, elle peut également permettre à une société de ne pas avoir pieds et poings liés à un fournisseur. Travaillant en SSII, je ne pense pas, loin de là, que la relation client-fournisseur ne se base jamais sur la confiance mais je trouve bon d'avoir la possibilité d'être maître de sa solution. Cela présente l'avantage de réagir plus vite et plus précisément en cas de problème ou d'évolution. Par ailleurs, un code visible par une communauté plus large augmente la probabilité qu'un bogue soit découvert, en toute transparence.
"mais peut-on durablement [...] se mettre en marge du droit de la propriété intellectuelle ?" Qui dit logiciel libre ne dit pas absence de licence. Pour ne prendre qu'un exemple, la licence GPL et ses dérivées, largement utilisées, sont certes différentes, mais comme les autres elles respectent le droit d'auteur.
"Y a-t-il vraiment un avenir pour une «alterinformatique libertaire» où le travail de création serait gratuit ?" IBM semble penser que oui et cela lui réussit. Notez qu'elle ne défend pas le "tout libre".
"Remettre en cause [Le principe de la propriété intellectuelle] est suicidaire dans un contexte de compétition mondiale accrue." Il n'est pas question de libérer les logiciels qui ne le sont pas mais de laisser la place à un nouveau modèle économique. A l'autre extrême, je vous engage à vous intéresser aux excès des brevets logiciels.
Vous citez R. Stallman. Je vous engage à interviewer le patron d'une SSLL ou un expert en formats ouverts. Comme les autres, ils doivent assurer leur résultat jour après jour. Et y arrivent. La communauté ne se réduit pas à des "papes".
"C'est ainsi que le ministère des Finances français vient de signer avec fierté le plus gros contrat au monde de maintenance informatique sur logiciels ouverts, pour un montant de 39 millions d'euros. Ce qui fait de ces «logiciels gratuits» les logiciels les plus chers de l'histoire ". Peut-etre s'agit-il également de maintenir le parc d'application le plus important de l'histoire. Dans ce cas, je demande à connaitre le coût par poste ou par application, cela me semble une variable plus indicative.
"Privilégier le service sur la création, c'est comme choisir de construire des stations services et ignorer l'industrie automobile." L'un n'existe pas sans l'autre.
# Cher Mr Giuliani
Posté par Franck Hanot . En réponse à la dépêche Il n'a de libre que le nom. Évalué à 7.
"Bonjour,
Votre article "il n'a de libre que le nom" dans le Libé du 5 Juillet m'a fait sursauter. J'aimerais reprendre quelques phrases de cet article, en essayant de ne pas les sortir du contexte.
"Enfourchant la thématique à la mode de la gratuité communautaire, il [le mythe libertaire des logiciels à code ouvert] lance un message à tous : l'informatique ne doit pas s'insérer dans l'économie, c'est une liberté de plus et rien d'autre". Certains réveurs pensent peut-être cela. Je ne crois pas que ce soit le sentiment général dans la communauté du libre ou chez les utilisateurs. J'en veux pour preuve le nombre croissant des sociétés spécialisées dans le service autour du logiciel libre et les standards ouverts. Ces sociétés participent à l'économie du pays.
"L'ouverture des codes informatiques peut être utile à la recherche, et le travail communautaire peut parfois contribuer à certains progrès technologiques". Plus prosaïquement, elle peut également permettre à une société de ne pas avoir pieds et poings liés à un fournisseur. Travaillant en SSII, je ne pense pas, loin de là, que la relation client-fournisseur ne se base jamais sur la confiance mais je trouve bon d'avoir la possibilité d'être maître de sa solution. Cela présente l'avantage de réagir plus vite et plus précisément en cas de problème ou d'évolution. Par ailleurs, un code visible par une communauté plus large augmente la probabilité qu'un bogue soit découvert, en toute transparence.
"mais peut-on durablement [...] se mettre en marge du droit de la propriété intellectuelle ?" Qui dit logiciel libre ne dit pas absence de licence. Pour ne prendre qu'un exemple, la licence GPL et ses dérivées, largement utilisées, sont certes différentes, mais comme les autres elles respectent le droit d'auteur.
"Y a-t-il vraiment un avenir pour une «alterinformatique libertaire» où le travail de création serait gratuit ?" IBM semble penser que oui et cela lui réussit. Notez qu'elle ne défend pas le "tout libre".
"Remettre en cause [Le principe de la propriété intellectuelle] est suicidaire dans un contexte de compétition mondiale accrue." Il n'est pas question de libérer les logiciels qui ne le sont pas mais de laisser la place à un nouveau modèle économique. A l'autre extrême, je vous engage à vous intéresser aux excès des brevets logiciels.
Vous citez R. Stallman. Je vous engage à interviewer le patron d'une SSLL ou un expert en formats ouverts. Comme les autres, ils doivent assurer leur résultat jour après jour. Et y arrivent. La communauté ne se réduit pas à des "papes".
"C'est ainsi que le ministère des Finances français vient de signer avec fierté le plus gros contrat au monde de maintenance informatique sur logiciels ouverts, pour un montant de 39 millions d'euros. Ce qui fait de ces «logiciels gratuits» les logiciels les plus chers de l'histoire ". Peut-etre s'agit-il également de maintenir le parc d'application le plus important de l'histoire. Dans ce cas, je demande à connaitre le coût par poste ou par application, cela me semble une variable plus indicative.
"Privilégier le service sur la création, c'est comme choisir de construire des stations services et ignorer l'industrie automobile." L'un n'existe pas sans l'autre.
Cordialement,
"