• [^] # Re: Peu de députés présents...

    Posté par . En réponse à la dépêche Le projet de loi DADVSI adopté. Évalué à 3.

    Si Mme Royale avait eut à coeur de défendre note societé contre ce projet, elle serait aller voter parceque _*justement*_ c'est un acte hautement symbolique...

    Franchement, je ne sais pas si Ségolène Royal a à c1⁄2ur ce projet de loi. Ce que je sais, c'est qu'aller à la séance n'aurait rien changé, si ce n'est qu'une proportion limitée des quelques centaines de personnes qui regardaient la retransmission aurait été plus content.

    Moi, l'acte symbolique (encore une fois, où s'arrête le symbolique et commence l'électoraliste), je m'en fous. Ce qui m'intéresse, c'est les actes concrets.

    Je suis en partie d'accord sur le reste de ton commentaire. Mais sérieusement, ça n'a aucun rapport, là. On peut être parfaitement d'accord pour être dubitatif sur le fait que le PS, une fois au pouvoir, revienne effectivement sur DADVSI de façon intelligente et profonde, en proposant une véritable alternative. Ceci dit, c'est un peu du procès d'intention : le PS a déclaré qu'il le ferait, jusque la. En revanche, on peut carrément s'inquiéter de la partie sur le droit d'auteur et sur les NTIC dans le projet du PS, qui n'est pas franchement dans le sens de ce que je pense ou prône, personnellement. Là, ce sont des arguments concrets.

    Tant que nos élus n'auront pas à se justifier *après* coup de leur promesse d'*avant*

    Il faut analyser pourquoi ça n'est pas le cas : c'est le rôle des élections libres et régulières, après tout. À quel moment les choses ne se font pas ? Comment amener les députés à faire systématiquement des réunions publiques pour les compte-rendus des mandats (c'est quelque chose qui se fait dans certaines formations politiques : je peux parler pour le PCF, où par exemple les élus parisiens organisent régulièrement ces réunions dans leur arrondissement) ? Comment, surtout, amener les citoyens, tous les citoyens, à être présents à ces réunions et à en tirer quelque chose ? C'est une question non négligeable, concernant des députés, qui sont des mandats attachés à une circonscription.

    Sur les circonscriptions plus larges (régionales, nationales) ça pose la question très importante des médias, des moyens de communication entre les représentants et le peuple. Et la constatation du rôle des « nouveaux médias » dans la campagne sur le TCE (quel qu'ait été notre opinion, d'ailleurs) nous amène à nous interroger sur la possibilité d'en faire un moyen de mettre en avant le bilan des mandats, les promesses tenues ou non, de faire fonctionner la mémoire et l'évaluation critique. C'est un enjeu critique, et ça va être notre rôle à tous pour 2007.

    tant que le vote blanc ne sera pas comptabilisé

    Bon, je ne suis toujours pas sûr que cela change grand chose, mais soit, c'est une revendication légitime. Ne serait-ce que parce que ça constitue un élément de lecture de plus des élections, et que tout ce qui permet de rendre une élection plus lisible est bénéfique à la démocratie, sans doute.

    et surtout tant que le candidat à la candidature sera choisi au sein d'un microcosme absolument déconnecté

    Là, en revanche, je trouve ça simpliste et injuste. Pour rappel, les candidats sont choisis de deux façons :

    * Pour la plupart des candidats, ça passe par l'investiture d'un parti. En France, il n'y a pas de primaires à l'italienne ou à l'américaine, donc on a grosso modo deux méthodes de désignation :

    * La désignation par l'exécutif ou l'organe dirigeant (Conseil national, ...) : c'est généralement dans des cas de consensus, mais ça n'est pas très à la mode de nos jours ;
    * Le vote interne ou le vote du congrès : on fait jouer la démocratie « interne ». Seuls les adhérents (voire les cotisants) peuvent alors voter. Oui, c'est un filtre. Est-ce un microcosme déconnecté ? Je ne crois pas. Par exemple, le PCF compte 135 000 adhérents, dont 100 000 cotisants (en mars dernier). Je ne crois pas qu'on puisse dire que tous fassent parti d'un « microcosme » (le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a des différences de culture, de classes sociales, de profession, de « microcosme » quoi). Le PS affirme avoir largement amélioré son nombre d'adhérents et avoir facilité l'adhésion en vue de rendre ce vote interne plus « démocratique » (je suis très critique sur ce système : il semble qu'énormément d'adhérents aient pris leur carte uniquement pour ce vote interne, et non pour être militant du Parti socialiste : moi, un vote interne ouvert à condition de payer 20 EUR, j'appelle ça du suffrage censitaire). À l'UMP, il y aura peut-être primaire : dans tous les cas, il est largement soudé autour d'une personne, à défaut d'un accord sur le programme.

    * Par les cinq cent signatures : pour les candidats investis par la plupart des partis (PCF, Verts, PS, UMP, FN (quoi qu'en dise JMLP)) c'est sans aucun problème, pour les plus petits (LO, LCR, MPF, PT) c'est généralement bon (même si c'est jamais gagné), pour d'autres c'est problématique, c'est clair. Ceci dit : je ne crois pas avoir jamais entendu un candidat vraiment sérieux (qui manquera à une élection) rejeté à cause des 500 signatures. Oui, c'est potentiellement un obstacle, mais est-ce que c'est vraiment une raison pour crier au loup ?

    Donc, on est surtout dans un système où c'est le filtre partisan qui joue, c'est clair, même pour la règle des 500 signatures. Quand est-ce que tu t'es senti concrètement floué sur le choix d'un candidat, c'est à dire que tu pensais qu'un candidat aurait obtenu l'investiture par un vote plus « ouvert » ? Franchement, je ne trouve pas d'exemple. Si c'est le cas, il y a une solution : soit militer pour l'ouverture de la candidature à tous (mais de toutes façons, la majorité des candidats issus des partis ne se présenteront pas contre l'avis de leur parti, c'est évident), soit militer pour d'autres organisations des « primaires ». Considère bien la difficulté que ça représente : comment savoir qui a le droit de voter ou non ? En particulier, comment on fait en respectant le secret du vote ? Ou doit-on laisser le loisir aux sympathisants UMP de choisir le candidat du PS, ou l'inverse ? C'est pas un problème simple, même s'il est intéressant.

    Si je peux me permettre un petit détour : faire choisir le programme, le candidat par ceux qui sont intéressés par la construction d'une certaine gauche, c'est la démarche des collectifs pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale en 2007 (pfiou, cte nom). La forme du collectif, censée être ouverte à tous, les rend surtout ouverts aux militants hors partis (associatifs, syndicaux, individuels, ...) mais peu au reste du « peuple ». Ceci dit, c'est à voir.

    Je comprends qu'on en ait marre, franchement. Je ne suis pas satisfait du système, je suis même très critique. Ceci dit, je pense qu'il faut garder plusieurs principes dans l'action (dans mon action, en tous cas) :

    * Le système n'est pas là parce que des Méchants(tm) l'ont fait comme ça pour nous emmerder : il a une histoire, une pratique, des règles, et surtout une logique propre et des contradictions. C'est en les comprenant qu'on peut les critiquer, et les dépasser ;
    * Il y a des connards à l'Assemblée, au Sénat, au Gouvernement (pas que, hein !). Ceci dit, c'est pas ça l'important : je ne crois pas à une combinaison fortuite de cons : c'est des logiques, des systèmes qui produisent les décisions politiques, avec une multitude d'acteurs ;
    * ll y a des incompétents à l'Assemblée, aussi. Ceci dit, la majorité des députés sont compétents pour ce qu'on leur demande. De même, ils sont conseillés par des gens qui ne sont pas des incompétents. À un moment, voter DADVSI, c'est pas juste par manque d'information, de compréhension : c'est généralement un véritable choix idéologique. Et au passage, croire les majors plutôt que quelqu'un d'autre, c'est déjà un choix idéologique.

    Bon, j'ai été long (je doute que beaucoup de gens arrivent jusqu'ici dans le post, ou par hasard ;-). Ceci dit, je pense que c'est des sujets importants. Et en particulier, je suis persuadé que ces principes sont super importants pour la construction de notre mode d'action dans le futur, parce que le mode d'action "à la brevets logiciels" a montré ses difficultés à s'appliquer dans ce cadre là.