J'ai une vision beaucoup moins catastrophiste du vote du Dadvsi.
Si on relit la directive européenne de 2001, le mot 'interopérabilité' y était totalement absent. Il n'y avait absolument rien sur le droit des consommateurs. Le texte avait pour arrière-plan uniquement la lutte contre les méchants pirates et la réponse envidagée était la pénalisation juridique du 'cassage' des DRM.
Dans le texte voté aujourd'hui, la logique de base de la directive européenne est toujours présente. Elle est peut-être même renforcée par l'amendement Vivendi. Néanmoins, l'interopérabilité intervient souvent et une nouvelle équation voit le jour : on doit protéger les industries de la culture du piratage mais pas au point d'empêcher l'interopérabilité .
La grande réussite de notre mouvement de mobilisation c'est d'avoir changé les termes du débat et d'introduire dans le face-à-face entre le méchant pirate et l'auteur floué, un troisième personnage le consommateur. Certes, l'interopérabilité organisée par la loi est loin d'être suffisante et il y a une grande régression par rapport au texte voté par l'Assemblée Nationale qui avait marqué une avancée remarquable pour le logiciel libre.
Néanmoins, je pense que la jurisprudence ou des ajouts dans les prochaines années dans la loi ne peuvent aller que dans l'accroissement de cette interopérabilité. L'action de cette Autorité administrative ne pourra que gêner les fabricants de DRM et rendre leur position plus inconfortable.
Enfin, le gouvernement qui a une élection à gagner en 2007 va, j'imagine, bien se garder de publier les décrets d'application de la loi rapidement. Des contraventions en rafale sur des électeurs dont le fils a téléchargé Les Bronzés sur e-donkey, c'est pas du meilleur effet. Ils se sont mis en ligne avec l'injonction européenne maintenant ils vont mettre la loi sous le boisseau. Cela veut dire que les téléchargeurs vont avoir le champ libre en tout cas jusqu'à l'élection présidentielle.
L'industrie du disque est globalement en déroute et les derniers chiffres publiés par le syndicat du disque montre que la chute des ventes de CD s'accélère principalement à cause de la réduction des espaces de vente dans les Hypermarchés. J'ai l'impression qu'ils sont en train de chercher avec l'énergie du désespoir un modèle économique qui marche. Le fait ainsi que l'industrie du disque autorise une initiative comme last.fm qui me permet d'écouter gratuitement et légalement plein de musique sur ma plateforme KDE montre une évolution.
# Le ver est dans le fruit : la victoire du Dadvsi
Posté par cmiramon . En réponse à la dépêche Le projet de loi DADVSI adopté. Évalué à 6.
Si on relit la directive européenne de 2001, le mot 'interopérabilité' y était totalement absent. Il n'y avait absolument rien sur le droit des consommateurs. Le texte avait pour arrière-plan uniquement la lutte contre les méchants pirates et la réponse envidagée était la pénalisation juridique du 'cassage' des DRM.
Dans le texte voté aujourd'hui, la logique de base de la directive européenne est toujours présente. Elle est peut-être même renforcée par l'amendement Vivendi. Néanmoins, l'interopérabilité intervient souvent et une nouvelle équation voit le jour : on doit protéger les industries de la culture du piratage mais pas au point d'empêcher l'interopérabilité .
La grande réussite de notre mouvement de mobilisation c'est d'avoir changé les termes du débat et d'introduire dans le face-à-face entre le méchant pirate et l'auteur floué, un troisième personnage le consommateur. Certes, l'interopérabilité organisée par la loi est loin d'être suffisante et il y a une grande régression par rapport au texte voté par l'Assemblée Nationale qui avait marqué une avancée remarquable pour le logiciel libre.
Néanmoins, je pense que la jurisprudence ou des ajouts dans les prochaines années dans la loi ne peuvent aller que dans l'accroissement de cette interopérabilité. L'action de cette Autorité administrative ne pourra que gêner les fabricants de DRM et rendre leur position plus inconfortable.
Enfin, le gouvernement qui a une élection à gagner en 2007 va, j'imagine, bien se garder de publier les décrets d'application de la loi rapidement. Des contraventions en rafale sur des électeurs dont le fils a téléchargé Les Bronzés sur e-donkey, c'est pas du meilleur effet. Ils se sont mis en ligne avec l'injonction européenne maintenant ils vont mettre la loi sous le boisseau. Cela veut dire que les téléchargeurs vont avoir le champ libre en tout cas jusqu'à l'élection présidentielle.
L'industrie du disque est globalement en déroute et les derniers chiffres publiés par le syndicat du disque montre que la chute des ventes de CD s'accélère principalement à cause de la réduction des espaces de vente dans les Hypermarchés. J'ai l'impression qu'ils sont en train de chercher avec l'énergie du désespoir un modèle économique qui marche. Le fait ainsi que l'industrie du disque autorise une initiative comme last.fm qui me permet d'écouter gratuitement et légalement plein de musique sur ma plateforme KDE montre une évolution.