• [^] # Re: Le bon État face au vil Marché

    Posté par . En réponse à la dépêche Entretien avec Richard Stallman au sujet des DRMs. Évalué à 5.

    La communauté andine n'est pas une simple communauté économique, il y a des débuts d'institutions démocratiques intéressantes derrière. Au passage, il y avait aussi la Communauté sud-américaine de nations qui avait été invoquée y compris par Chavez en 2004 pour regrouper toute l'Amérique du Sud et avec un programme enthousiasment ( entre autres : une monnaie commune ; une citoyenneté et un passeport commun ; un parlement commun ) mais elle semble également complètement au point mort. C'est pour cela que je regrette la fin possible de la communauté andine qui serait vidée de son sens par le retrait du Vénézuéla. Il semble maintenant out de rêver de démocratie en dehors du cadre de l'État-Nation.

    Les causes du manque de démocratie en Europe ? Je l'ai sous-entendu plus haut : c'est parce qu'il a fallu ménager les souverainismes nationaux (qui aujourd'hui ne sont pas moins critiques envers l'Europe pour autant).

    En effet, la démocratie consiste à ce que la minorité se plie à la décision de la majorité. Ca a l'air tout con, mais quand pour la première fois dans l'histoire de l'humanité on essaye d'appliquer cela à des États réunis non par la force mais choisissant librement de s'associer pour former une union plus parfaite, c'est quelquechose d'énorme. Est-ce qu'une loi bénéfique pour 80% des citoyens de l'Union européenne ou de la Communauté Andine doit pouvoir s'appliquer même si 80% des citoyens d'UN ou de QUELQUES pays la rejettent ? (Tout comme une loi acceptée en France mais refusée en Franche-Comté doit être appliquée en Franche-Comté). C'est ca la question clé. La plupart des politiciens qui se disent "nonistes mais pro-européen" répondent non à cette question et sont donc opposés à la démocratisation de l'Europe.

    À ce petit concours, c'est Charles de Gaulle le plus grand anti-européen et le plus grand anti-démocrate de toute l'histoire de l'Europe. En France, on accuse souvent les anglais de tous les torts, mais Tony Blair a lancé la politique extérieure de sécurité commune, et le psyhchodrame de Thatcher sur I want my money back a parlaysé l'Europe bien moins longtemps et bien moins profondément que les conceptions de MonGénéral. Le rejet de la Communauté de Défense et donc la concentration sur l'économie, seul domaine "pas important" qu'il nous concédait, c'est lui, les cocos et une parti des socialistes de l'époque. Le fait qu'initialement le parlement européen n'avait avoir aucun pouvoir et ne devait surtout pas être élu au suffrage universel, c'est la France qui l'a voulu. L'idée qu'il fallait rester à l'unanimité partout, c'est lui et ca a paralysé l'Europe pendant 20 ans (!!) jusqu'à l'Acte Unique. N'oublions pas la politique de la chaise vide, le compromis boiteux du Luxembourg, le discours insultant de mai 1961 ( http://www.ena.lu?lang=1&doc=14644 ) ....

    Les conséquences ? Et bien elles sont dramatatiques : quand on ne peut décider qu'à l'unanimité ou même à la funeste "triple majorité" du traité de Nice (> 13 États de pays représentant > 62% de citoyens et >71,2 % de voix ponderées selon une logique diplomatico-mafieuse + nombreuses possibilités de minorités de blocages) qui revient quasi au même, à court terme, on ne mécontente fortement personne, mais à long terme, personne n'est satisfait puisqu'on n'agit que sur ce qui fait consensus (autrement dit : pas grand chose et pas l'essentiel).

    Voilà, on en est là.