• [^] # Re: Non Respect

    Posté par . En réponse à la dépêche Ubuntu : le canard pimpant est arrivé !. Évalué à 9.

    C'est pourtant un débat que je vois revenir souvent, surtout lors d'une discussion sur les efforts que doivent/devraient/pourraient fournir les constructeurs de matériel pour mettre à disposition des pilotes libres et/ou des specs.

    C'est pas le gain d'utilisateurs amené par Ubuntu qui va changer quoi que ce soit au fait qu'un grand nombre de constructeurs ne fournissent pas de pilotes (libres ou non). Je rappelle que le problème se pose également dans une large mesure pour Mac OS X, qui manque cruellement de drivers pour les périphériques third-party. Apple ayant ses propres machines, elle peut commander à ATI des pilotes pour des cartes spécifiques pour son OS, solution à plusieurs titres inenvisageable pour GNU/Linux. Par conséquent, on a des pilotes qui sont de largement moins bonne qualité mais qui suffisent à garantir un (petit) segment de marché à bas prix.

    La libération des sources ou des spécifications des cartes graphiques n'a rien à voir avec le nombre d'utilisateurs. C'est une question politique et industrielle, et Ubuntu pourrait avoir 50% de parts de marché que ATI et Nvidia ne libérerait vraisemblablement pas leur code source.

    À la rigueur, on pourrait donc imaginer qu'une augmentation substantielle du nombre d'utilisateurs de GNU/Linux (disons, passer de 1% à 5% de PDM) pourrait amener à des pilotes propriétaires de meilleure qualité. Sauf que, j'aimerais bien avoir des chiffres par rapport à ça. De ce que je peux voir ici, sur IRC ou ailleurs, la majorité des utilisateurs d'Ubuntu semblent avoir déjà testé GNU/Linux avant - souvent hésitant de distribution - pour se fixer finalement sur Ubuntu. Gain d'utilisateur ? Sans doute, mais pour le moins mineur. Qui plus est, concernant les pilotes, on est plutôt dans un processus inverse : ATI, qui du temps de la rage128 refusait de libérer la moindre spécification ou pilote, avait aidé au développement d'un pilote libre (avec SuSE, à l'époque) pour ses cartes, et on a eu pendant des années des pilotes libres et assez complets pour les cartes ATI. Depuis quelques années, retour en arrière... pilote propriétaire et aucune spec. Les raisons de ce changement restent à analyser : évolutions industrielles sans doute, lobbying moins fort aussi (tout le monde ou presque se contente aujourd'hui d'un pilote non libre : les Ubuntu zealots ici vont même jusqu'à me répondre que ça ne les "choque pas"...).

    Par contre des arguments anti-ubuntu, à part 2/3 arguments techniques je vois surtout un discours anti canonical

    Comme si le discours anti-Canonical était un discours idéologique pas valide. Je suis désolé, mais le discours anti-Canonical se base sur des faits : non reversement à Debian, contributions spécifiques à Ubuntu sans souci du libre, non-participation à des projets libres, attitude schizophrène vis à vis du logiciel non-libre (inclu sur les CDs et supporté, installé en standard, conspué d'un côté et jugé normal quand Ubuntu le fait), et j'en passe. Le journal où tu es intervenu présentait nombre d'éléments concrets. Oui, c'est mon principal problème avec Ubuntu, même si par ailleurs je ne l'apprécie pas techniquement.

    Quand au fait de choisir d'inclure des versions de developpement dans les distribs, ca ne me dérange pas du tout si c'est la meilleure solution (puis je n'ai pas vraiment vu de retours sur cups à part pour des problèmes de pilotes)

    Et en quoi c'est la meilleure solution ? C'est certainement la meilleure solution pour affirmer qu'on est en avance sur Debian, certainement la meilleure solution aussi pour sortir des releases tous les six mois sans avoir des logiciels obsolètes (hé oui, le cycle de développement de tous les logiciels n'est pas le même et la release de la prochaine version majeure pourra tomber un mois après la release, truc de fou !), mais d'un point de vue qualité ça n'est que très rarement la meilleure solution. Concernant les noyaux, Apache, Xfce, c'est même rarement une bonne idée. Sauf à considérer que si Ubuntu le fait, c'est que forcément c'est la meilleure solution...

    Pour CUPS, problème très concret en breezy : la version de CUPS est incapable de faire fonctionner mon imprimante (Canon BJC-210, plus de dix ans d'âge, simplissime !). À cela plusieurs raisons : d'abord, le gestionnaire CUPS de Gnome est extrêmement incomplet et reste très buggé (segfaults, bugs graphiques, annulation de tâche qui marche pas une fois sur deux : ce sont des problèmes connus upstream, c'est un logiciel jeune) ; ensuite, l'interface web de CUPS a été désactivée (un joli message te le dit quand t'essayes de t'y connecter : n'importe quoi !), ce qui rend carrément pénible l'installation d'une imprimante quand le logiciel Gnome ne fonctionne pas ; et enfin, la version de CUPS fournie est tout simplement buggée. Installer un CUPS de Debian n'était clairement pas une solution puisque ça niquait à peu près tout le système de paquets (ce qui est assez normal, somme toute). Résultat : dû installer et configurer un lprng/magicfilter à la main depuis universe, en ligne de commande. Mais comme la moitié des applications sont configurées pour utiliser uniquement CUPS, j'ai vingt fois moins d'options d'impression que sur ma Debian. *Joie* *bonheur*.

    Ce qui me fait le plus chier, c'est les pro-debian qui n'arretent pas de crier au vol/viol de leur distrib, alors que debian affiche fièrement qu'ils se rejouissent que d'autres sortent des distribs debian-based car cela prouve leur talent.

    C'est normal qu'il y ait des dérivés. Les forks sont également autorisés. Pour autant :

    * Toute distribution dérivée ou fork n'est pas bonne pour autant : ça n'est pas parce qu'ils ont le droit de le faire que ce qu'ils font est bien. Les pratiques de Canonical envers Debian ne sont à mon sens clairement pas correctes, et j'ai expliqué pourquoi.
    * On n'a pas de raison de se réjouir parce qu'il y a une nouvelle distribution, qu'elle soit Debian-based ou non. Si la distribution apporte concrètement quelque chose aux utilisateurs, au Libre, alors il y aura des raisons de s'en réjouir. J'ai longuement expliqué pourquoi ça n'était pas le cas d'Ubuntu, par des arguments qui restent à démonter.

    Il n'y a pas d'opposition entre Debian et les pro-Debian comme tu le sous-entends. Debian n'a pas de position sur Ubuntu. Beaucoup de développeurs en sont mécontents, d'autres se tournent vers Ubuntu. Hé oué, y a des gens compétents, qui savent de quoi ils parlent et qui ont des arguments qui ne sont pas pro-Ubuntu. Mais non, ce ne sont que des intégristes pro-Debian aigris, j'oubliais...