• [^] # Re: Je profite de ce topic...

    Posté par . En réponse à la dépêche Diffusion du film d'animation 3D libre "Elephants Dream". Évalué à 3.

    Il y a un certain nombre de points délicats dans ton tableau par trop idyllique :

    Quels fonds? D'où vient l'argent? Les gens qui ont travaillé sur le projet Orange ont-ils travaillé durant leur temps libre ou à plein temps? C'est facile de se dire que je fais mon film d'animation dans mon temps libre sans forcément avoir besoin d'être payé, car j'ai un salaire d'ingénieur à côté, juste d'avoir quelques fonds pour le matériel. Ce n'est pas la même chose quand tu es intermittent du spectacle et que tu essayes tant bien que mal de vivre de ta production artistique. Et ce n'est pas comme du code : il ne s'agit pas juste de se mettre devant son ordi et de taper. Entre deux films, un réalisateur de courts peut mettre un an à retrouver l'inspiration et le courage de se relancer dans une telle aventure. Ce n'est pas inpersonnel comme du code, c'est une partie de toi que tu mets dans tes oeuvres et tu n'as pas forcément envie de voir ces éléments réutilisés et dénaturés ailleurs. Qu'ils inspirent d'autres personnes, soit mais ce n'est pas le même processus.
    Tu parles de publicité mais au fond, tu n'as entendu parler de ce projet que parce qu'il est le seul de sa catégorie, qu'il est fait avec des logiciels libres et que tu te sens concerné par cet aspect des choses.
    As-tu entendu parlé des quelques 1000 courts métrages d'animation qui se sont fait dans le monde cette année? Moi non plus et pourtant je m'y intéresse de près. Si tous avaient été fait sur le principe de CC, aucun n'aurait obtenu la visibilité de Elephant Dreams.
    La visibilité des courts ne permet d'envisager un financement viable par le volontariat. D'ailleurs, cela existe dans de nombreux pays (aux US, les courts d'arts sont généralement autofinancés par les réals qui prennent des mois sans salaires pour faire leurs films) et qu'est ce que l'on voit au final : les pays qui produisent le plus sont ceux qui ont développés toute une structure pour aider les réalisateurs à monter leurs projets. Or pour monter cesdits projets, il faut se différencier du reste, avoir son univers propre.
    Voila pourquoi tu auras du mal à à convaincre des auteurs à se rallier à cette philosphie : on ne parle pas de majors qui s'en mettent plein les poches, mais d'auteurs qui essayent de survivre avec des clopinettes en créant des oeuvres dont ils sont fiers. Ils ont déjà la sensation d'être dépossédés de leurs oeuvres car ils doivent céder les droits d'exploitation à une boite de prod : ils ne voudront pas avoir en plus l'impression d'être pillés en permettant en plus à quiconque de réutiliser les éléments de son oeuvre.
    Un film, ce **n'est pas** comme du code : c'est beaucoup plus intime quand c'est une oeuvre personnelle.
    L'art, ce n'est pas "réutilisable". Ce doit être une démarche personnelle pour être d'un quelconque intérêt.