Désolé d'interrompre ce troll passionnant, mais il y a toujours quelque chose que je ne comprends pas dans cette histoire de développer un logiciel libre qui lit les trucs DRM. Si j'ai bien tout compris, le DRM implique le décryptage d'un flux crypté à l'aide d'une clef (fournie selon les conditions choisies par le distributeur). Mais une fois le flux décrypté, il est là, tout nu, dans le logiciel libre, qu'il soit GPL, LGPL ou ce que vous voulez. 1) si je peux voir le film sur l'écran, c'est que je peux capturer l'image/son d'une manière ou d'une autre, que le logiciel soit libre ou non, et 2) si le logiciel est libre et qu'il fait juste appel à une bibliothèque binaire pour décoder le flux, ce flux est décrypté à la sortie de la bibliothèque et on peut en faire ce qu'on veut, ce qui se résume au point 1), mais sans la nécessité de passer par le système (serveur X par exemple) pour récupérer le flux de données, non?
J'ai bien l'impression que pour que le DRM fonctionne, il faut qu'il marche de bout en bout sur une chaine DRMisée : du processeur à l'écran, en passant par le système d'exploitation. Là, OK, la seule manière de récupérer le flux, c'est en analogique (mais bon, pour le son par exemple, la perte ne doit pas être gigantesque avec du matos approprié). Mais si seule une brique du système est DRM, alors il y a des milliers de moyens de récupérer le flux de données n'importe ou entre son décodage et sa sortie. La seule "protection" de l'"oeuvre" n'est donc plus du tout le cryptage, mais une loi éventuelle qui empêche (au moins légalement) cette récupération. Dans ce cadre là, je ne vois aucun moyen d'écrire un logiciel libre qui ne puisse pas être considéré comme une incitation à détourner le flux: même si l'algo de décryptage est obfusqué par exemple (ahah, quelle protection :-) ), on s'en fout ; il suffit de diriger la sortie de l'algo vers un fichier au lieu de l'écran ; c'est probablement à la portée de n'importe quel noob un peu curieux.
Bref, la question ne semble pas être "est-il légal de lire un flux DRM avec un logiciel libre?", parce que si c'est légal, autant ne pas adopter les DRM (à moins que le but soit de pourrir un peu la vie des développeurs). La question est plutôt "Le fonctionnement des logiciels libres est-il compatible avec toute technologie propriétaire?", et ça, je crains que la réponse soit "non" : oui, on fait tourner Linux, Xorg, Mandriva... avec des bouts de code proprio, on utilise le droit à l' intercompatibilité pour, finalement, dévoiler les spécification techniques des cartes graphiques etc. Mais au final, cette situation est complètement bancale : de moins en moins de distributions sont vraiment "libres", les développeurs prennent toujours un risque -- fin du support du pilote binaire par la boite qui a pondu le truc, bugs irréparables... Bill Gates décrit le logiciel libre comme un cancer, mais il est pas con Bill Gates, il sait très bien que le libre peut aussi être pourri par ce même type de cancer. Et je pense que la communauté du libre est aussi responsable de ça, parce qu'elle ne veut pas accepter que les genres ne puissent pas être mélangés : les gens veulent lire leur CD de Lorie avec Linux, mais je ne vois pas vraiment comment ils auraient le pouvoir d'imposer ça aux majors dont le but est de vendre de la musique, beaucoup de musique, sous des centaines de formats différents, et de controller leur diffusion. Immoral? Peut-être, mais peut-être pas ; après tout, c'est leur musique, non?
[^] # Re: Lire toute la loi....jusqu'au bout
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 3.
J'ai bien l'impression que pour que le DRM fonctionne, il faut qu'il marche de bout en bout sur une chaine DRMisée : du processeur à l'écran, en passant par le système d'exploitation. Là, OK, la seule manière de récupérer le flux, c'est en analogique (mais bon, pour le son par exemple, la perte ne doit pas être gigantesque avec du matos approprié). Mais si seule une brique du système est DRM, alors il y a des milliers de moyens de récupérer le flux de données n'importe ou entre son décodage et sa sortie. La seule "protection" de l'"oeuvre" n'est donc plus du tout le cryptage, mais une loi éventuelle qui empêche (au moins légalement) cette récupération. Dans ce cadre là, je ne vois aucun moyen d'écrire un logiciel libre qui ne puisse pas être considéré comme une incitation à détourner le flux: même si l'algo de décryptage est obfusqué par exemple (ahah, quelle protection :-) ), on s'en fout ; il suffit de diriger la sortie de l'algo vers un fichier au lieu de l'écran ; c'est probablement à la portée de n'importe quel noob un peu curieux.
Bref, la question ne semble pas être "est-il légal de lire un flux DRM avec un logiciel libre?", parce que si c'est légal, autant ne pas adopter les DRM (à moins que le but soit de pourrir un peu la vie des développeurs). La question est plutôt "Le fonctionnement des logiciels libres est-il compatible avec toute technologie propriétaire?", et ça, je crains que la réponse soit "non" : oui, on fait tourner Linux, Xorg, Mandriva... avec des bouts de code proprio, on utilise le droit à l' intercompatibilité pour, finalement, dévoiler les spécification techniques des cartes graphiques etc. Mais au final, cette situation est complètement bancale : de moins en moins de distributions sont vraiment "libres", les développeurs prennent toujours un risque -- fin du support du pilote binaire par la boite qui a pondu le truc, bugs irréparables... Bill Gates décrit le logiciel libre comme un cancer, mais il est pas con Bill Gates, il sait très bien que le libre peut aussi être pourri par ce même type de cancer. Et je pense que la communauté du libre est aussi responsable de ça, parce qu'elle ne veut pas accepter que les genres ne puissent pas être mélangés : les gens veulent lire leur CD de Lorie avec Linux, mais je ne vois pas vraiment comment ils auraient le pouvoir d'imposer ça aux majors dont le but est de vendre de la musique, beaucoup de musique, sous des centaines de formats différents, et de controller leur diffusion. Immoral? Peut-être, mais peut-être pas ; après tout, c'est leur musique, non?