• [^] # Re: Merci

    Posté par . En réponse à la dépêche Le droit du logiciel (libre) : état et évolutions. Évalué à 1.

    Je pense qu'une manière de comprendre le problème, c'est l'ambiguité qu'il peut y avoir à propos de la notion d'"utilisation" du matériel et/ou du logiciel. Quand on achète une voiture, on a un mode d'emploi qui vous explique comment l'utiliser en tant que conducteur, point barre. L'utilisateur n'a pas à bricoler l'intérieur sous peine de perdre la garantie constructeur.

    Quand on achète un composant électronique, la notion d'"utilisateur" est ambigüe. De quoi a-t-on besoin en tant qu'utilisateur d'une carte graphique? Basiquement, un driver, et puis c'est à peu près tout. L'horreur pour les fabriquants de composants, c'est qu'il n'y a pas de drivers universels, et que pour garantir à l'utilisateur la possibilité de jouir du bien dans toutes les conditions possibles, il faudrait lui fournir des informations qui sont estimées (à tort probablement) comme confidentielles.

    La solution trouvée, à la fois par les fabricants de composants et par les éditeurs de logiciels, c'est d'imposer leur définition de l'utilisateur, et les conditions dans lesquelles le machin acheté doit s'utiliser. Mais il n'y a rien d'exceptionnel : quand votre machine à laver tombe en panne, vous pouvez aller râler pour en obtenir les plans, ça m'étonnerait que ça marche. Si vous essayez de faire marcher votre lave vaisselle en apesanteur, rien techniquement ne vous en empêche, mais si vous contactez le fabricant pour lui demander les schémas internes du bidule parce que vous voulez bricoler un truc pour le faire marcher en apesanteur, vous allez vous faire envoyer sur les roses. C'est pareil pour les composants matériels : votre carte graphique fonctionne sous Windows, elle est vendue comme telle et voila. Rien ne vous empêche d'essayer de la faire fonctionner autrement, mais rien n'oblige le fournisseur à vous aider si ca ne marche pas.

    Je ne vois aucune raison pour que ça change. 99% des utilisateurs s'en foutent, et les entreprises font pression sur les gouvernements pour que rien ne change. Pas parce qu'elles veulent particulièrement conserver le système actuel, qui n'est clair pour personne, mais parce que tout changement suppose un risque qu'elles ne sont pas prêtes à prendre. La seule solution serait d'imposer, par la loi, des standards de communication. Tout traitement de texte devrait être capable de lire / écrire des fichiers de type "open document", tout modem devrait être capable de communiquer avec l'ordinateur selon tel protocole, etc. C'est une solution clairement non-libérale, qui, il faut bien le reconnaitre, ne favoriserait pas l'innovation : les standards seraient en permanence en retard sur la technologie, et tout le monde râlerait, on se retrouverait avec des logiciels qui rechignent à utiliser les standards pour profiter de leurs propres formats qui permettent plus de fonctionnalités, etc. Finalement, je ne vois pas vraiment la différence avec le système actuel...