• [^] # Re: DRM et bibliothèque, mon avis de (ex-)documentaliste

    Posté par . En réponse à la dépêche Les bibliothèques anglaises se préoccupent de la prolifération des DRM. Évalué à 10.

    Honnêtement je pense que ce n'est justement pas aussi simple que ca et que ce n'est pas un simple problème d'incompatibilité de philosophie. D'ailleurs, concernant les bibliothèques, les problèmes ne viennent pas seulement des DRM mais c'est une évolution majeure du métier et de leur place dans la société.
    Comment fait on pour prêter un objet dématérialisé ? Si un jour, toute la musique et les films deviennent disponible en version numérique et sur internet, que doivent faire les médiathèques ? créer un support pour pouvoir le prêter ?

    Le DRM, c'est aussi un moyen d'éviter de remettre en cause un modèle économique ou de repousser ce difficile moment le plus loin possible.

    Je vais revenir à l'exemple de la publication scientifique car : c'est plus près du sujet de la news, ca nous change du mp3, c'est aussi touché par l'effet DADVSI et c'est un modèle économique différent.
    La différence entre un artiste professionnel et un chercheur professionnel (qui sont donc tous les deux payés pour cela) c'est que le chercheur est pas payé par une entreprise ou un organisme, pas par ses publications (même si le nombre de citations peuvent influer sur le salaire) un peu comme le mécénat des artistes. Par contre, les deux ont les mêmes objectifs de visibilités. Mais du coup, le chercheur n'a pas à résoudre la difficile équation visibilité-financement.
    Qui gagne de l'argent dans le modèle actuel : les éditeurs ; qui paye : les organismes, doublement (une fois le chercheur pour son travail, une autre fois pour avoir accès aux publications)
    Les modèles de l'Open Access et de l'Open Archive viennent de là : pouvoir accèder librement et rapidement à toute publication et en conserver une trace (voir arXiv [1] par exemple dont le but est aussi de garder la source des articles (latex) de manière à pouvoir les retraivailler le jours où les formats évoluent)

    Pour l'instant, il n'y a pas de révolution mais de plus en plus de gens mettent en ligne leurs articles sur leur pages et des archives numériques commencent à se créer dans chaque institut de recherche et il est à prévoir que bientôt toute nouvelle publication pourra être accessible librement, les revues n'étant là que pour gérer le reviewing et pour le prestige qu'elles apportent à un auteur.
    Reste à gérer le problème de la validation, mais pour peu qu'un nouvel acteur sorte un modèle original permettant de recréer des comités de lectures donnant leur caution, le système risque d'exploser d'un moment à l'autre.

    Après le problème de l'archivage est autre. on archive pas pour dans dix an, mais pour 100, 1000 ou des temps incertains. Il est donc nécéssaire de réfléchir dés le début aux futurs évolutions du format et de maitriser totalement celui que l'on utilise (voir formats-ouvert.org sur le sujet) ce n'est pas un format à DRM qu'il faut archiver mais la source, sinon, autant prendre du papier.

    [1]http://arxiv.org/help/submit

    voilà, et moi je me suis encore enflammé