Par exemple, à une époque pas si lointaine, les confesseurs catholiques vendaient des indulgences: tu as pêché, et tu vas passer X jours au purgatoire, mais tu peux acheter des "réductions de peine".
Déjà, les indulgences commençent à violemment dater. On reparle aujourd'hui de l'indulgence (plénière), accordée dans certaines circonstances, mais il s'agit de quelque-chose de bien différent.
Ensuite, il faut garder à l'esprit que l'indulgence n'est pas un substitut au pardon divin (qui ne saurait se monnayer, dans l'esprit d'un catholique) mais représente un marché purement humain : tu as péché, Dieu te pardonne, c'est fantastique. Reste que, de par ton péché, tu as causé du tort à ta communauté, à l'Eglise. Celle-ci propose, dans certaines conditions, de "racheter" ta faute. Non pas au moyen d'argent, mais par une démarche plus ou moins spirituelle (type pélerinage).
Les indulgences vendues au moyen-âge étaient un abus manifeste, et très rapidement perçu comme tel par les autorités religieuses de l'époque. Comme d'ailleurs un certain nombre de débordements de l'Eglise catholique (les évèques qui passaient le plus clair de leur temps à la cour du pape au lieu de s'occuper de leur diocèse, etc.). Débordements qui ont, pour beaucoup, été condamnés par le concile de Trente.
C'est très clairement "exploiter les croyances des autres", puisqu'on leur fait peur pour obtenir de l'argent. Comment faire la distinction avec une secte qui te dit que tu dois donner ton argent pour être sauvé ?
C'est effectivement une question difficile, et qui travaille un certain nombre de fidèles (et de membres du clergé). L'histoire du catholicisme n'a pas toujours été exemplaire, loin s'en faut. Mais il est important, d'une part, de remettre les choses en contexte. A l'époque, la notion de tolérance religieuse était pour ainsi dire inexistante, et la remise en question de l'existence de Dieu elle-même n'était pas franchement à l'ordre du jour. Comparer une position de cette époque-là avec une position actuelle nécessite de prendre des précautions drastiques si l'on ne veut pas sombrer dans la caricature (d'un côté comme de l'autre).
Est-ce que pour autant on peut dire que le catholicisme, à cette époque, était une secte ? N'était pas une (confession d'une) religion ?
Une secte partagée par l'immense majorité du monde "connu" d'alors, quand même. On perd le côté "élitiste" de la secte telle qu'on la voit actuellement.
[^] # Re: Ouverture et tolérance ?
Posté par Larry Cow . En réponse à la dépêche Sortie de Bible Desktop 1.0. Évalué à 8.
Déjà, les indulgences commençent à violemment dater. On reparle aujourd'hui de l'indulgence (plénière), accordée dans certaines circonstances, mais il s'agit de quelque-chose de bien différent.
Ensuite, il faut garder à l'esprit que l'indulgence n'est pas un substitut au pardon divin (qui ne saurait se monnayer, dans l'esprit d'un catholique) mais représente un marché purement humain : tu as péché, Dieu te pardonne, c'est fantastique. Reste que, de par ton péché, tu as causé du tort à ta communauté, à l'Eglise. Celle-ci propose, dans certaines conditions, de "racheter" ta faute. Non pas au moyen d'argent, mais par une démarche plus ou moins spirituelle (type pélerinage).
Les indulgences vendues au moyen-âge étaient un abus manifeste, et très rapidement perçu comme tel par les autorités religieuses de l'époque. Comme d'ailleurs un certain nombre de débordements de l'Eglise catholique (les évèques qui passaient le plus clair de leur temps à la cour du pape au lieu de s'occuper de leur diocèse, etc.). Débordements qui ont, pour beaucoup, été condamnés par le concile de Trente.
C'est très clairement "exploiter les croyances des autres", puisqu'on leur fait peur pour obtenir de l'argent. Comment faire la distinction avec une secte qui te dit que tu dois donner ton argent pour être sauvé ?
C'est effectivement une question difficile, et qui travaille un certain nombre de fidèles (et de membres du clergé). L'histoire du catholicisme n'a pas toujours été exemplaire, loin s'en faut. Mais il est important, d'une part, de remettre les choses en contexte. A l'époque, la notion de tolérance religieuse était pour ainsi dire inexistante, et la remise en question de l'existence de Dieu elle-même n'était pas franchement à l'ordre du jour. Comparer une position de cette époque-là avec une position actuelle nécessite de prendre des précautions drastiques si l'on ne veut pas sombrer dans la caricature (d'un côté comme de l'autre).
Est-ce que pour autant on peut dire que le catholicisme, à cette époque, était une secte ? N'était pas une (confession d'une) religion ?
Une secte partagée par l'immense majorité du monde "connu" d'alors, quand même. On perd le côté "élitiste" de la secte telle qu'on la voit actuellement.