• # protection: contre-attaque ET engagement de non agression mutuelle

    Posté par . En réponse à la dépêche Création de l'Open Invention Network (OIN). Évalué à 10.

    La news explique très justement que ce pool de brevet peut servir d'arme pour contre attaquer.
    C'est un point interessant. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus fascinant (et aussi moins polémique je crois, "la fin justifie-t-elle les moyens ? etc."), c'est que tout les adhérents sont aussi protégés par le simple fait qu'ils se sont engagés à ne pas s'entre-attaquer !

    Le texte indique (traduit vite fait):

    "Les brevets détenus par Open INvention Network seront disponibles gracieusement (sans frais) pour toute compagnie, institution ou individu qui accepte de ne pas utiliser les brevets dont il dispose contre le systeme d'exploitation Linux ou certaines applications en relation avec Linux".


    Et je trouve ça absolument fascinant ! ça ouvre des abymes de questions et d'idées:

    - Certains groupes sont fermement opposés aux brevets logiciels et n'acceptent pas l'idée d'utiliser des brevets, même pour contre attaquer.
    Par contre je pense qu'ils souscriront volontier à cette idée: j'adhère à OIN et je m'engage a ne pas attaquer les autres adhérents , en contreparti je ne serait pas attaqué par les autres adhérents (dont IBM, Sony etc.). C'est donc une excellente garantie, même pour les simples individus, et on n'est pas forcé d'utliser OIN pour contre-attaquer (donc on peut rester intègre sur sa position).

    - Pour de nombreuses compagnies, adhérer a OIN peut être un bon moyen de se protéger contre ces énormes boites (IBM dispose de milliers de brevets) à moindre cout (négocier avec IBM, à l'amiable ou devant un tribunal, même si on a des brevets a leur opposer où si on est dans son droit, c'est couteux et long).

    - Du coup, OIN pourrait croitre exponentiellement: chaque nouvelle société qui y adhère apporte son lot de brevet, rendant ainsi OIN plus fort et dangereux pour les autres boites utilisant les brevets, qui seraient alors encouragées à adhérer. Je fantasme ? peut-être, mais ce serait superbe non ? et ce n'est pas impensable !
    exemple: si je me fait attaquer par Sony, IBM ou Phillips, je crois que je serait très tenté de régler ça en 5mn en adhérant à OIN ! ou bien encore: si j'ai envi d'utiliser gratuitement une techno (linux related) de Sony ou IBM, je commencerai par adhérer à OIN pour ne pas être attaquable.

    - Linux pourrai devenir très vite, grace à OIN, un système inattaquable tellement le nombre de brevets le protégeant seront nombreux.

    - Le status quo (non attaque entre les grosses compagnies) est déjà plus ou moins effectif dans le monde du brevet logiciel. Mais ce qui pèse toujours lourd, ce n'est pas tant d'être attaqué que d'être attaquable.
    Les compagnies attaquables perdent la confiance des investisseurs, les particuliers et sociétés s'empechent d'utiliser des technos brevetés à cause des incertitudes (cf. par ex. la lecture mp3, souvent exclus des distros bien que Frauhnofer ai indiqué qu'ils n'attaqueraient que les encodeurs).
    Les brevets excercent déjà leur nocivité à plein régime par le simple FUD (fear uncertainty and doubt).

    - Sera-t-il possible pour de simples individus adhérants d'utiliser OIN pour menacer des sociétés detenant des brevets, et les forcer à adhérer à leur tours ? (non plus contre-attaquer, mais prendre les devants !).
    Je verai bien un tir groupé et massif sur Fraunhofer, divx, Apple, Secure Computing etc.

    - Ce qui est couvert par l'alliance, "Linux operating system or certain Linux-related applications" est un concept à géométrie variable ... comment définisse-t-ils ceci ? Par ex. est-ce que l'ensemble de Debian GNU/Linux est compris dans cette définition ?

    - Nokia s'est déjà engagé à ne pas attaquer les developpeurs et utilisateurs du noyau Linux. Pourquoi n'adhèrent-ils pas ? Et Sun ?

    - La non décision du parlement Européen concernant la brevetabilité logicielle ne rend elle pas caduque cette initiative en Europe ? Un particulier n'aura alors pas les moyen de se défendre (en faisant valoir l'illégalité du brevet) ni de contre-attaquer (puisque ces brevets n'ont pas de valeur).