Je ne nie pas que l'entrée dans l'UE puisse aider les démocrates turcs et ceux qui se battent là bas pour les droits de l'homme.
Mais :
- faut-il proposer l'adhésion de l'UE à tous ceux que l'ont se propose d'aider sur ce point ? Probablement pas. Il faudrait la renommer ONU dans ce cas.
- l'aide apportée est à double tranchant : elle peut également être perçue comme de l'ingérence, comme une remise en cause de croyances, de lois, etc... Qu'Attaturk le fasse, très bien, j'applaudi des deux mains et sans arrières pensées. Mais le discours entier qu'on nous sert est "l'UE impose des réformes à la Turquie", et ceci me parraît difficile. Je n'ai pas dit impossible, mais _imposer_ des changements profonds de mentalité est un pari hasardeux. Qu'on aide les démocrates turcs en leur fournissant des recherches utiles, en les aidant à se former ou à fonder des journaux ou des sites, ce serait déjà bien. Ca n'a pas de rapport avec l'entrée dans l'UE et ça ne devrait pas être limité à la Turquie.
- le parallèle avec la réunification allemande est complêtement foireux, désolé. En RDA, culture, langue, et passé commun avec la RFA étaient beaucoup plus forts qu'entre la Turquie et l'Europe. J'étais à fond pour la réunification allemande à l'époque, beaucoup plus que notre Président malade, hélas.
- enfin, j'observe l'attitude actuelle de la Turquie sur bien des points et la trouve déplorable. Comment l'UE accepte-t-elle de discuter d'adhésion avec un pays qui ne reconnaît pas tous ses membres (Chypre) et est suffisamment nationaliste pour ne pas s'interroger sur ses crimes passés ? Sans parler des droits de l'Homme, des femmes ou des minorités ethniques et religieuses.
A juste titre, celà ne sera pas toléré pour la Serbie, par exemple. Pourquoi l'est-ce pour la Turquie ? Pourquoi les turcs utilisent-ils ces questions comme autant de monnaies d'échange ? C'est inacceptable. Ces points ne sont pas négociables, ils sont des pré-requis.
On marche sur la tête. Mis à part les démocrates turcs, je vois surtout des gens avides de renforcer les liens économiques (de part et d'autre) et de dissoudre l'Union (côté UK-US). C'est moche. C'est triste.
Et je suis navré pour le turc moyen auquel on monte le bourrichon, auquel les pro-adhésion ont bourré le crâne depuis des années en lui disant "vous allez rentrer dans l'UE, n'écoutez pas les autres", qui a le sentiment que beaucoup de lois, déjà, ont été imposées par Bruxelles et qui maintenant découvre que beaucoup d'européens ne sont pas d'accord. Comme a dit Straw (encore lui), "nous sommes au bord du gouffre". En fait, on vient probablement sa sauter dedans, et c'est lui et sa clique de bas affairistes (et criminels de guerre, d'ailleurs) qui nous y précipitent.
[^] # Re: Craintes, espoirs
Posté par Giboyle . En réponse à la dépêche Brevets logiciels : la Commission Européenne revient à la charge. Évalué à 3.
Mais :
- faut-il proposer l'adhésion de l'UE à tous ceux que l'ont se propose d'aider sur ce point ? Probablement pas. Il faudrait la renommer ONU dans ce cas.
- l'aide apportée est à double tranchant : elle peut également être perçue comme de l'ingérence, comme une remise en cause de croyances, de lois, etc... Qu'Attaturk le fasse, très bien, j'applaudi des deux mains et sans arrières pensées. Mais le discours entier qu'on nous sert est "l'UE impose des réformes à la Turquie", et ceci me parraît difficile. Je n'ai pas dit impossible, mais _imposer_ des changements profonds de mentalité est un pari hasardeux. Qu'on aide les démocrates turcs en leur fournissant des recherches utiles, en les aidant à se former ou à fonder des journaux ou des sites, ce serait déjà bien. Ca n'a pas de rapport avec l'entrée dans l'UE et ça ne devrait pas être limité à la Turquie.
- le parallèle avec la réunification allemande est complêtement foireux, désolé. En RDA, culture, langue, et passé commun avec la RFA étaient beaucoup plus forts qu'entre la Turquie et l'Europe. J'étais à fond pour la réunification allemande à l'époque, beaucoup plus que notre Président malade, hélas.
- enfin, j'observe l'attitude actuelle de la Turquie sur bien des points et la trouve déplorable. Comment l'UE accepte-t-elle de discuter d'adhésion avec un pays qui ne reconnaît pas tous ses membres (Chypre) et est suffisamment nationaliste pour ne pas s'interroger sur ses crimes passés ? Sans parler des droits de l'Homme, des femmes ou des minorités ethniques et religieuses.
A juste titre, celà ne sera pas toléré pour la Serbie, par exemple. Pourquoi l'est-ce pour la Turquie ? Pourquoi les turcs utilisent-ils ces questions comme autant de monnaies d'échange ? C'est inacceptable. Ces points ne sont pas négociables, ils sont des pré-requis.
On marche sur la tête. Mis à part les démocrates turcs, je vois surtout des gens avides de renforcer les liens économiques (de part et d'autre) et de dissoudre l'Union (côté UK-US). C'est moche. C'est triste.
Et je suis navré pour le turc moyen auquel on monte le bourrichon, auquel les pro-adhésion ont bourré le crâne depuis des années en lui disant "vous allez rentrer dans l'UE, n'écoutez pas les autres", qui a le sentiment que beaucoup de lois, déjà, ont été imposées par Bruxelles et qui maintenant découvre que beaucoup d'européens ne sont pas d'accord. Comme a dit Straw (encore lui), "nous sommes au bord du gouffre". En fait, on vient probablement sa sauter dedans, et c'est lui et sa clique de bas affairistes (et criminels de guerre, d'ailleurs) qui nous y précipitent.
Triste affaire.