Salut Antoine,
merci de ne pas relacher ta vigilance ;-)
Mais je nuance juste pour t'embêter. D'après ce que j'ai compris de Stallman, pour un type de création, à une époque donnée, il y a telle ou telle réponse pertinente, mais on ne peut pas faire de généralité sur la propriété intellectuelle.
Déjà on peut penser que le libre est très adapté actuellement au logiciel, mais qu'il l'est seulement pour logiciel. C'est une opinion répandue et, pour moi, tout à fait respectable.
Ensuite, on peut défendre les logiciels libre, avoir envie de promouvoir la "philosophie" du libre à d'autres domaine, tout en appréciant les licences creative common pour leur aspect pédagogique, leur adaptabilité, et leur concession aux mentalités actuelles, et cela y compris lorqu'elle comporte une clause "commerce réservé".
D'autant plus que la nuance "commerce réservé" ne représente pas une contrainte pour la diffusion sur les sites de p2p, ni pour le gravage entre copain. Ce qui veut dire qu'en pratique cette contrainte n'en est pas vraiment une, du moins juqu'au jour où un éditeur voudra proposer des compilations ogg vorbis de musique "libre" sur DVD, à la Fnac, avec une jolie pochette, et un encouragement à soutenir les artistes.
Même si j'ai beaucoup plus d'affection pour la Licence Art Libre, il n'y a qu'un point qui me gène vraiment avec les creative common, c'est l'ambiguité du terme "non commercial" que j'ai rebatisé "commerce réservé". Sans même parler de savoir ce qu'il en est d'une publicaton d'une telle oeuvre sur un site qui (sur)vit avec de la publicité, ou sur une revue avec CD vendu à prix coutant par une association...
Pour beaucoup la clause "non commercial" exprime un cri radical contre la marchandisation de tout : ils manifeste ainsi leur envie d'éloigner leur oeuvre de ces préoccupations mercantiles. Hors il s'agit en fait du contraire : c'est une clause "tout droit d'exploitation commercial réservé à moi et à l'éditeur que je me choisirais".
Autrement dit si on veut pousser un cri d'art pour l'art, la solution est de démonétariser sa création, en abolissant tout privilège d'exploitation, et de la laisser ainsi circuler librement, sans qu'aucun éditeur ne puisse mettre véritablement le grapin dessus. Bien sur cela peut choquer au premier abord que des entreprises comme Mandrake ou Redhat fasse leur business avec de nombreuses créations conçues dans un but non-commercial... mais cela fonctionne : pas de privilège d'exploitation qui empeche la concurrence (commerciale et surtout non commerciale), et reversement au pot commun de nombreux bouts de code. Le shareware n'a pas le même dynamisme, ni les mêmes valeurs.
En conclusion, que l'on soit plus ou moins idéaliste ou pragmatique, dans telles ou telle direction, chacun fait comme il veut. Mais mettons nous d'accord sur les définitions :
NE DITES PLUS CLAUSE "NON COMMERCIALE"
MAIS DITES CLAUSE "COMMERCE RESERVEE"
ET DANS CE CAS,
NE DITES PLUS "MUSIQUE LIBRE"
MAIS DITES "MUSIQUE SEMI-LIBRE"
Tiens ça me rappelle un album de Gaston Lagaffe.
Merci de m'avoir lu juqu'ici.
[^] # Re: un pas dans la bonne direction ?
Posté par Séverin Tagliante-Saracino . En réponse à la dépêche Concert Creative Commons à Paris. Évalué à 2.
merci de ne pas relacher ta vigilance ;-)
Mais je nuance juste pour t'embêter. D'après ce que j'ai compris de Stallman, pour un type de création, à une époque donnée, il y a telle ou telle réponse pertinente, mais on ne peut pas faire de généralité sur la propriété intellectuelle.
Déjà on peut penser que le libre est très adapté actuellement au logiciel, mais qu'il l'est seulement pour logiciel. C'est une opinion répandue et, pour moi, tout à fait respectable.
Ensuite, on peut défendre les logiciels libre, avoir envie de promouvoir la "philosophie" du libre à d'autres domaine, tout en appréciant les licences creative common pour leur aspect pédagogique, leur adaptabilité, et leur concession aux mentalités actuelles, et cela y compris lorqu'elle comporte une clause "commerce réservé".
D'autant plus que la nuance "commerce réservé" ne représente pas une contrainte pour la diffusion sur les sites de p2p, ni pour le gravage entre copain. Ce qui veut dire qu'en pratique cette contrainte n'en est pas vraiment une, du moins juqu'au jour où un éditeur voudra proposer des compilations ogg vorbis de musique "libre" sur DVD, à la Fnac, avec une jolie pochette, et un encouragement à soutenir les artistes.
Même si j'ai beaucoup plus d'affection pour la Licence Art Libre, il n'y a qu'un point qui me gène vraiment avec les creative common, c'est l'ambiguité du terme "non commercial" que j'ai rebatisé "commerce réservé". Sans même parler de savoir ce qu'il en est d'une publicaton d'une telle oeuvre sur un site qui (sur)vit avec de la publicité, ou sur une revue avec CD vendu à prix coutant par une association...
Pour beaucoup la clause "non commercial" exprime un cri radical contre la marchandisation de tout : ils manifeste ainsi leur envie d'éloigner leur oeuvre de ces préoccupations mercantiles. Hors il s'agit en fait du contraire : c'est une clause "tout droit d'exploitation commercial réservé à moi et à l'éditeur que je me choisirais".
Autrement dit si on veut pousser un cri d'art pour l'art, la solution est de démonétariser sa création, en abolissant tout privilège d'exploitation, et de la laisser ainsi circuler librement, sans qu'aucun éditeur ne puisse mettre véritablement le grapin dessus. Bien sur cela peut choquer au premier abord que des entreprises comme Mandrake ou Redhat fasse leur business avec de nombreuses créations conçues dans un but non-commercial... mais cela fonctionne : pas de privilège d'exploitation qui empeche la concurrence (commerciale et surtout non commerciale), et reversement au pot commun de nombreux bouts de code. Le shareware n'a pas le même dynamisme, ni les mêmes valeurs.
En conclusion, que l'on soit plus ou moins idéaliste ou pragmatique, dans telles ou telle direction, chacun fait comme il veut. Mais mettons nous d'accord sur les définitions :
NE DITES PLUS CLAUSE "NON COMMERCIALE"
MAIS DITES CLAUSE "COMMERCE RESERVEE"
ET DANS CE CAS,
NE DITES PLUS "MUSIQUE LIBRE"
MAIS DITES "MUSIQUE SEMI-LIBRE"
Tiens ça me rappelle un album de Gaston Lagaffe.
Merci de m'avoir lu juqu'ici.
Allez, au boulot, moi, maintenant !