Cette news telle que présentée par ploum me pose deux questions :
1) est il nécessaire de convertir les gens ?
2) si oui la fin justifie t'elle les moyens ?.
On a l'impression pour certains que le logiciel libre à vocation à convertir la masse des gens. Pour quoi faire ? Est ce le nombre qui apporte le poids aux idées? Microsoft étant utilisés à 90% est il meilleur que le libre ? Apporter plus de monde trop vite n'apporte que des ennuis ; les nouveaux venus sont insuffisamment éduqués, aidés, le bruit augmente dans les ML des projets. Et là où le message semble gagner en force il perd en clareté. Qui se souvient encore que c'est une question de liberté quand les gens ne regardent que les licences d'un projet pour savoir si il est libre (voir le débat sur les ERP) ?
Grandir peut être. Et la solution proposée par ploum n'est pas réellement de se mettre à niveau des personnes, elle est de se contenter de message qui perdent en exactitude pour gagner en audience sans choquer personne. On quitte gentiment le domaine d'une certaine éthique du logiciel libre d'exactitude technique froide et immorale considérée comme égotiste pour rentrer dans le monde de la demi-mesure consensuelle si chère aux idéologues et aux marketeux . Nous ne devrions plus essayer d'éduquer les personnes, et de faire le pari de l'intelligence froide, mais faire celui de la manipulation à visage humain : qu'est ce donc que cacher volontairement des informations à des gens afin d'influer leur choix ?
Le logiciel libre pour moi est un choix éclairé basé sur la compréhension ce ce que l'on fait. L'appel à la peur (l'idée que MS outlook puissent envoyer des mails sans que vous le sachiez en est un exemple) est pour moi assez limite. Désigner un ennemi à la vindicte populaire (microsoft en l'occurence ou les éditeurs propriétaires) est pour moi assez abjecte. Microsoft a fait un pari et édite de bon logiciel, ce n'est juste pas mon pari. Qu'est ce que construire une communauté sur le rejet de l'autre alors que nous avons tant de belles constructions à valoriser ? Où est le discours constructif ?
Le libre est un pari que l'on fait. Il est compliqué et pas intuitif. Pour un développeur renoncer a ses droits d'auteurs (notamment dans le domaine de l'exploitation commerciale) est le frein à surpasser. Ce n'est pas un acte anodin. Pour l'utilisateur de logiciel propriétaire, il faut renoncer au confort de la relation client rassurante (avoir un support, une hotline ....), c'est un pas à franchir. Quelle différence que d'avoir confiance en soi et dans les autres et de coopérer plutôt que d'être tour à tour maître et esclave. Les discours prosélytes bizarrement occultent le changement de la relation que l'on a à l'autre, la partie sociale. Allez vous dire à un directeur de service informatique que si il raconte des conneries, il peut se faire rabrouer par un gamin de 14 ans (de façon peu diplomatique) et avoir le soutient de toute une équipe ? non. Pourtant les flamewars sont courantes dans le LL. Allez vous dire à quelqu'un qui ne veut pas lire le manuel car il est habitué à être un consommateur que si il pose une question stupide il va se faire exploser ? Non. Le libre ne change rien au manque de fiabilité de l'informatique, aux problèmes de sécurité ou de performance, car il ne change pas la nature de l'informatique, par contre il change la relation à l'autre.
C'est pour ça que j'aime bien la démarche de questionnement de François Obada (et framasoft en général) qui me semble bizarrement à l'opposé de ploum : le libre a plus valeurs à questionner en permanence les personnes et leurs pratiques qu'à être un modèle à (faire) adopter.
# prosélytisme
Posté par Jul (site web personnel) . En réponse à la dépêche La liberté, la face méconnue de l'informatique. Évalué à 10.
1) est il nécessaire de convertir les gens ?
2) si oui la fin justifie t'elle les moyens ?.
On a l'impression pour certains que le logiciel libre à vocation à convertir la masse des gens. Pour quoi faire ? Est ce le nombre qui apporte le poids aux idées? Microsoft étant utilisés à 90% est il meilleur que le libre ? Apporter plus de monde trop vite n'apporte que des ennuis ; les nouveaux venus sont insuffisamment éduqués, aidés, le bruit augmente dans les ML des projets. Et là où le message semble gagner en force il perd en clareté. Qui se souvient encore que c'est une question de liberté quand les gens ne regardent que les licences d'un projet pour savoir si il est libre (voir le débat sur les ERP) ?
Grandir peut être. Et la solution proposée par ploum n'est pas réellement de se mettre à niveau des personnes, elle est de se contenter de message qui perdent en exactitude pour gagner en audience sans choquer personne. On quitte gentiment le domaine d'une certaine éthique du logiciel libre d'exactitude technique froide et immorale considérée comme égotiste pour rentrer dans le monde de la demi-mesure consensuelle si chère aux idéologues et aux marketeux . Nous ne devrions plus essayer d'éduquer les personnes, et de faire le pari de l'intelligence froide, mais faire celui de la manipulation à visage humain : qu'est ce donc que cacher volontairement des informations à des gens afin d'influer leur choix ?
Le logiciel libre pour moi est un choix éclairé basé sur la compréhension ce ce que l'on fait. L'appel à la peur (l'idée que MS outlook puissent envoyer des mails sans que vous le sachiez en est un exemple) est pour moi assez limite. Désigner un ennemi à la vindicte populaire (microsoft en l'occurence ou les éditeurs propriétaires) est pour moi assez abjecte. Microsoft a fait un pari et édite de bon logiciel, ce n'est juste pas mon pari. Qu'est ce que construire une communauté sur le rejet de l'autre alors que nous avons tant de belles constructions à valoriser ? Où est le discours constructif ?
Le libre est un pari que l'on fait. Il est compliqué et pas intuitif. Pour un développeur renoncer a ses droits d'auteurs (notamment dans le domaine de l'exploitation commerciale) est le frein à surpasser. Ce n'est pas un acte anodin. Pour l'utilisateur de logiciel propriétaire, il faut renoncer au confort de la relation client rassurante (avoir un support, une hotline ....), c'est un pas à franchir. Quelle différence que d'avoir confiance en soi et dans les autres et de coopérer plutôt que d'être tour à tour maître et esclave. Les discours prosélytes bizarrement occultent le changement de la relation que l'on a à l'autre, la partie sociale. Allez vous dire à un directeur de service informatique que si il raconte des conneries, il peut se faire rabrouer par un gamin de 14 ans (de façon peu diplomatique) et avoir le soutient de toute une équipe ? non. Pourtant les flamewars sont courantes dans le LL. Allez vous dire à quelqu'un qui ne veut pas lire le manuel car il est habitué à être un consommateur que si il pose une question stupide il va se faire exploser ? Non. Le libre ne change rien au manque de fiabilité de l'informatique, aux problèmes de sécurité ou de performance, car il ne change pas la nature de l'informatique, par contre il change la relation à l'autre.
C'est pour ça que j'aime bien la démarche de questionnement de François Obada (et framasoft en général) qui me semble bizarrement à l'opposé de ploum : le libre a plus valeurs à questionner en permanence les personnes et leurs pratiques qu'à être un modèle à (faire) adopter.