Dominique Godon a pour habitude de cross-poster à foison. Le texte ici publié a déjà été envoyé à diverses listes de diffusion, à l'identique.
C'est limite casse-couilles : quand on répond à un tel texte, il faudrait s'emmerder à répondre sur tous les supports utilisés par l'auteur. Bien sûr, celui-ci ne prend la peine de préciser à quels endroits a été envoyé le texte (respecter le lecteur ? quoi ?).
Donc, je copie/colle la réponse que j'ai déjà faite sur la liste "freescape".
> Et comme le notait à la même
> occasion, et fort justement, Monsieur Pénet, l'ordinateur a pour
> fonction première de générer des copies, et des copies des copies, et
> ainsi de suite.
... L'informatique, comme son nom l'indique, sert à automatiser le
traitement de l'information (information + automatique). La copie est loin
d'être le seul traitement possible et, en terme de "plus value", de
quantité d'information ajoutée, est le moins intéressant (puisque la
quantité d'information apportée par une copie est exactement nulle). La
modification et la transformation d'oeuvres (de fichiers), au contraire,
est une tâche productrice de quantité d'information.
Si les ordinateurs ne servaient qu'à copier, ils n'auraient pas besoin
d'être aussi complexes qu'ils le sont actuellement.
Etymologiquement, un ordinateur "met de l'ordre", c'est-à-dire qu'il
remplit des structures ou transforme le chaos (des bits) en cosmos (de
l'information) - je conseille en passant la lecture de l'excellent «
Cosmos » de Witold Gombrowicz. C'est évidemment une vision un peu utopique
- les structures ou leur mode de création doit avoir été définie au
préalable par un être humain -, comme le souligne Michel Volle dans sa
dissection des mots de l'informatique : http://www.volle.com/opinion/informatique.htm(...)
> Quelque part, un
> autre informaticien, ou un groupement de passionnés, ou encore une
> start-up oeuvrant à l'amélioration de la sécurité informatique en
> général, se chargera de "casser" le verrou.
C'est une hypothèse que l'on voit souvent... Les systèmes de sécurité ne
peuvent pas être inviolables, donc ils seront forcément cassés, donc ils
ne servent à rien. (les personnes qui pensent cela, soit dit en passant,
feraient mieux de mettre leur carte bleue à la poubelle après avoir
demandé son invalidation auprès de leur banque)
Mais ce qui compte, c'est le temps pendant lequel la protection résistera
: c'est un principe archi-connu, par exemple, de ceux qui réalisaient les
protections des logiciels dans les années 80/90 (et de ceux qui les
déplombaient ;-)). En d'autres termes, si le système de DRM tient
techniquement pendant quelques années, le retour sur investissement sera
supérieur à l'investissement initial, donc c'est tout bénéf.
> Pourtant, ceux qui mettent au point ces "verrous"
numériques sont bien eux-mêmes des informaticiens, à tout le moins des
> techniciens! Ils doivent donc savoir que le "contrôle d'usage", sur
> Internet, ne peut pas fonctionner de manière durable.
>
Je travaille dans l'informatique et je pense qu'il y a erreur dans cette
supposition. La culture de l'informatique n'est pas celle de l'Internet.
Tous les gros acteurs (des opérateurs télécom aux fabriquants de bidules
électroniques) ont une "culture interne" qui est antérieure à l'explosion
du réseau des réseaux. Cela ne veut pas dire simplement que « le
management n'est plus à la hauteur », comme on l'entend souvent ; cela
veut dire que les gens qui travaillent dans ces entreprises (ingénieurs,
chercheurs, techniciens) ont été formés dans un sérail où les valeurs
promues n'étaient absolument pas celles du partage gracieux et de
l'ouverture auxquelles nous sommes habitués. Plus l'acteur est gros
(penser à France Telecom par exemple), plus le corps social constitué par
les personnes y travaillant est hermétique et insensible aux influences
extérieures. Du côté du logiciel, cela se retrouve dans les stratégies
internes de "valorisation" : brevetage maximal, production de logiciel
propriétaire, fermeture du code y compris vis-à-vis d'autres unités
internes, etc.
Le monde de l'informatique (et ce qu'on appelle souvent son « industrie »)
est loin d'être homogène.
# Cross-posting
Posté par Antoine . En réponse à la dépêche DRM, le retour de la rareté. Évalué à 4.
C'est limite casse-couilles : quand on répond à un tel texte, il faudrait s'emmerder à répondre sur tous les supports utilisés par l'auteur. Bien sûr, celui-ci ne prend la peine de préciser à quels endroits a été envoyé le texte (respecter le lecteur ? quoi ?).
Donc, je copie/colle la réponse que j'ai déjà faite sur la liste "freescape".
> Et comme le notait à la même
> occasion, et fort justement, Monsieur Pénet, l'ordinateur a pour
> fonction première de générer des copies, et des copies des copies, et
> ainsi de suite.
... L'informatique, comme son nom l'indique, sert à automatiser le
traitement de l'information (information + automatique). La copie est loin
d'être le seul traitement possible et, en terme de "plus value", de
quantité d'information ajoutée, est le moins intéressant (puisque la
quantité d'information apportée par une copie est exactement nulle). La
modification et la transformation d'oeuvres (de fichiers), au contraire,
est une tâche productrice de quantité d'information.
Si les ordinateurs ne servaient qu'à copier, ils n'auraient pas besoin
d'être aussi complexes qu'ils le sont actuellement.
Etymologiquement, un ordinateur "met de l'ordre", c'est-à-dire qu'il
remplit des structures ou transforme le chaos (des bits) en cosmos (de
l'information) - je conseille en passant la lecture de l'excellent «
Cosmos » de Witold Gombrowicz. C'est évidemment une vision un peu utopique
- les structures ou leur mode de création doit avoir été définie au
préalable par un être humain -, comme le souligne Michel Volle dans sa
dissection des mots de l'informatique :
http://www.volle.com/opinion/informatique.htm(...)
> Quelque part, un
> autre informaticien, ou un groupement de passionnés, ou encore une
> start-up oeuvrant à l'amélioration de la sécurité informatique en
> général, se chargera de "casser" le verrou.
C'est une hypothèse que l'on voit souvent... Les systèmes de sécurité ne
peuvent pas être inviolables, donc ils seront forcément cassés, donc ils
ne servent à rien. (les personnes qui pensent cela, soit dit en passant,
feraient mieux de mettre leur carte bleue à la poubelle après avoir
demandé son invalidation auprès de leur banque)
Mais ce qui compte, c'est le temps pendant lequel la protection résistera
: c'est un principe archi-connu, par exemple, de ceux qui réalisaient les
protections des logiciels dans les années 80/90 (et de ceux qui les
déplombaient ;-)). En d'autres termes, si le système de DRM tient
techniquement pendant quelques années, le retour sur investissement sera
supérieur à l'investissement initial, donc c'est tout bénéf.
> Pourtant, ceux qui mettent au point ces "verrous"
numériques sont bien eux-mêmes des informaticiens, à tout le moins des
> techniciens! Ils doivent donc savoir que le "contrôle d'usage", sur
> Internet, ne peut pas fonctionner de manière durable.
>
Je travaille dans l'informatique et je pense qu'il y a erreur dans cette
supposition. La culture de l'informatique n'est pas celle de l'Internet.
Tous les gros acteurs (des opérateurs télécom aux fabriquants de bidules
électroniques) ont une "culture interne" qui est antérieure à l'explosion
du réseau des réseaux. Cela ne veut pas dire simplement que « le
management n'est plus à la hauteur », comme on l'entend souvent ; cela
veut dire que les gens qui travaillent dans ces entreprises (ingénieurs,
chercheurs, techniciens) ont été formés dans un sérail où les valeurs
promues n'étaient absolument pas celles du partage gracieux et de
l'ouverture auxquelles nous sommes habitués. Plus l'acteur est gros
(penser à France Telecom par exemple), plus le corps social constitué par
les personnes y travaillant est hermétique et insensible aux influences
extérieures. Du côté du logiciel, cela se retrouve dans les stratégies
internes de "valorisation" : brevetage maximal, production de logiciel
propriétaire, fermeture du code y compris vis-à-vis d'autres unités
internes, etc.
Le monde de l'informatique (et ce qu'on appelle souvent son « industrie »)
est loin d'être homogène.
Amicalement
Antoine.