• [^] # Re: Le Glas Du Paf

    Posté par . En réponse à la dépêche Le libre: la porte ouverte au téléchargement? Paris Nanterre X 19/05/2005. Évalué à 4.

    > C'était pas ça le problème. Le problème était la pratique : il est impraticable de nommer tout le monde

    Tu as raison, mon raccourci était un peu rapide. Désolé :-(

    > il n'y a aucun sens à modifier un texte d'opinion.

    Pas d'accord. On peut avoir de nombreuses raisons de modifier un texte d'opinion : poursuivre un raisonnement qui n'est qu'ébauché dans celui-ci, adapter d'éventuels exemples à son audience pour les rendre plus parlants, incorporer un argument qui te semble excellent au texte original (ou au contraire, en virer un qui te semble contre-productif), etc. Plusieurs fois, en lisant un texte, je me suis dit « mais pourquoi donc l'auteur ne donne-t-il pas tel exemple très frappant » ou « pourquoi n'extrapole-t-il pas sur son argument ? Il y a des choses à en tirer »…

    > Les fameux close d'invariant était un moyen pour la fsf de mettre des textes explicatifs sur le libre sans risquer de se les faire changer.

    Il y a des manières plus intelligentes pour éviter les dérives. Par exemple, indiquer que sauf autorisation des auteurs originaux, les produits dérivés doivent être renommés. Ça évite que quelqu'un fasse passer ses opinions pour les tiennes, sans lui enlever sa liberté de changer ce qu'il désire.

    > L'argent est un problème secondaire.

    Je n'en suis pas aussi sûr. En fait, j'aurais tendance à penser que ce qui a fait le succès du Libre en premier lieu (par rapport à d'autres types de programmes à sources ouvertes), c'est qu'on pouvait l'utiliser dans un contexte commercial. Si cela n'avait pas été le cas, peu d'entreprises y auraient vu un intérêt et, même s'ils ne sont pas des anges, il faut reconnaître que Red Hat, Novell, IBM et toute la bande apportent leur contribution au Libre (entre autres, en payant des développeurs).

    > La différence, qui m'a fait modifier mon opinion est que les softs sont des outils à la différence des oeuvres.

    Bon, là on est visiblement en désaccord ;-) Pour moi, cette caractérisation du programme informatique en tant qu'« outil » est artificielle. Il y a de nombreux contre-exemples de logiciels qui rélèvent plus (AMHA) du domaine artistique que de l'utilitaire. On peut citer les démos (de ce genre-là, hein : [http://www.mlab.uiah.fi/~eye/demos/(...)]), mais d'autres s'en rapprochent : greffons de visualisation XMMS, Meta-X doctor dans Emacs, « fictions interactives »…

    > Un outil peut s'améliorer sans cesse. Une oeuvre ne peut être réutiliser que pour créer une autre oeuvre, pas pour être améliorer.

    J'ai exposé mon opinion en ce qui concerne les textes… d'opinion justement, plus haut : on peut les améliorer et les adapter (soit dit en passant, même un texte d'opinion est un outil : il sert à persuader son lecteur de la justesse d'une position). Et on peut appliquer ceci à tous les types d'1⁄2uvres : combien de fois n'as-tu pas pensé que tel passage d'un roman était franchement bateau et méritait une réécriture ? Ou que tel groupe aurait bien fait de ne pas placer ce riff hideux dans son dernier titre ? D'ailleurs, certains auteurs au fil du temps remanient leurs textes, remasterisent leurs chansons, voire modifient leurs films vieillissants à coups d'images de synthèse. Pourtant, Star Wars ne devient pas une autre 1⁄2uvre parce que les chasseurs X-Wing ont un cockpit refait en 3D, mais simplement une version différente, améliorée. La liberté de modification me semble donc tout autant d'actualité pour ces créations « non-programmatiques » (désolé pour le barbarisme, je trouve pas le mot adéquat).

    Envoyé depuis mon PDP 11/70