• [^] # Re: Dommage...

    Posté par . En réponse à la dépêche Faut-il célébrer la confiscation intellectuelle ?. Évalué à 6.

    Tes commentaires m'ont surpris. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais je ne percevais pas les termes progressistes et réactionnaires comme étant liés à des tendances politiques. Si je comprends bien ce que tu dis, les progressistes sont de gauche (voire d'extrême gauche) et les réactionnaires de droite.

    En faisant quelques recherches, je me suis rendu compte que des partis de droites se sont dotés du label progressiste. Par exemple, Roosevelt qui était membre du parti Républicain et déçu de la politique de son successeur à la présidence avait fondé le Parti Progressiste. Egalement, il existait jusqu'en 2003 au Canada un Parti Progressiste-Conservateur (ironiquement surnommé PC !).

    Je ne partage pas ton point de vue comme quoi les défenseurs des brevets logiciels ne sont pas des réactionnaires.
    les partisants des brevets logiciels ne souhaitent pas «faire revivre un état passé». Ils souhaitent au contraire s'approprier des choses qui ont toujours été un bien commun: les idées.
    Jusqu'à présent, l'économie s'était occupée principalement des biens matériels (et des services). En considérant les logiciels comme des biens, on peut les qualifier de biens immatériels, ou tout du moins ce sont des biens qui ne sont pas sujets aux mêmes contraintes que les biens matériels. La principale différence étant qu'une fois une unité produite, il n'y a quasiment aucun coût pour en produire une infinité d'autres ; par exemple, en supposant que mettre en place un serveur FTP est un coût d'entrée sur le marché, il n'y a ensuite aucun coût additionnel pour que les utilisateurs téléchargent le "produit".
    Les "réactionnaires" refusent d'admettre que les règles qui s'étaient appliquées jusqu'à présent ne sont plus valables. Ils veulent donc appliquer les mêmes principes et protéger leurs "inventions" par des brevets. Les "progressistes" en revanche veulent un changement. C'est du moins le discours des associations comme l'APRIL.

    Paradoxalement, dans la mesure où certains "progressistes" prétendent que le droit d'auteur est suffisant, on pourrait aussi les qualifier de réactionnaires. Dans cette optique, je veux bien admettre que les termes ne sont pas absolument justes (comme tu le signales également). Cependant, dans la mesure où ce partage du savoir que les progressistes promeuvent n'est pas encore une réalité, mais bien un état futur, on ne peut pas nier qu'il s'agit bien projet politique progressiste.

    Et c'est bien un projet fondamentalement politique, qui dépasse les clivages gauche/droite habituels. De fait que le langage adopte des tournures partisanes n'est pas surprenant. Le contraire l'eût été.
    Comme le répète un sloggan sur la BBC ces temps-ci : If you don't do politics, there isn't much you do do (Si vous ne faites pas de politique, il n'y a vraiment pas grand chose que vous fassiez).