• [^] # Re: Esthétique, est-ce éthique?

    Posté par . En réponse à la dépêche Conférence - Débat avec Antoine Moreau. Évalué à 2.

    De manière fort simpliste, la licence IANG réduit l'économie à des échanges marchands ; pourtant, ce terme regroupe une notion
    bien plus subtile et intéressante, à savoir l'échange de "valeur".

    Bien des auteurs on voulu ce type de licences, à vocation sociale et/ou contre la sphère marchande :
    - la GGPL (Greater Good Public License), maintenant renommée en CGPL (Common Good Public License) http://cgpl.org/(...)
    - La mention CopID http://copid.org/article.php3?id_article=1(...)
    - la Foundation Public License http://www.bridgethink.com/html/fpl.php(...)

    Malheureusement, tous (y compris la licence IANG) tombent dans le piège de la discrimination (même positive), ce qui les met directement en porte-à-faux avec les principales définitions du logiciel libre (à savoir l'Open Source Definition, les Debian Free Software Guidelines et la Free Software Definition)

    De plus, l'"utilisation commerciale" (comme c'est souvent la dénomination de l'usage discriminé dans ces licences) est très mal définie.

    Qu'est-ce qu'un usage commercial ? Si je vends un CD dont, parmi 100, 1 seul logiciel n'autorise la diffusion que dans un but non commercial, ne puis-je pas dire que ce que je vends est "tout le reste"... ? Si j'écoute à mon boulot de la musique sous une licence "non commerciale", ne suis-je pas en train de violer la licence ?
    Si je fais une compilation de 3000 logiciels/musiques/oeuvres que je diffuse pour financer une "juste cause", ne suis-je pas en train de violer cette clause ?

    On rétorque souvent que cette clause ("à usage non commercial") peut sauter si on contacte directement les personnes ayant les droits sur l'oeuvre (logiciel, texte, chanson, musique...), et c'est pour ça que je prends l'exemple d'une compilation "massive" ; on se rend vite compte que contacter individuellement chacun des auteurs est impossible. Et que dire des oeuvres aux auteurs multiples ? On retombe sur une complexité juridique indémélable (Cf. : http://www.libroscope.org/Qui-veut-perdre-des-millions(...) ).

    Le logiciel libre a réussi à trouver une légitimité grâce à cette non-discrimination radicale (Cf. : http://mako.yukidoke.org/talks/20030709-lsm/foil09.html(...) ), qui se retrouve dans des formulations différentes dans chacune des définitions du libre ou de l'OpenSource.

    Nous sommes en train de faire naître un nouveau système d'échange de valeur, un nouveau paradigme, qui s'implante par les faits, et la licence IANG nous fait retomber 20 ans en arrière en balayant cette épopée naissante au nom d'une liberté au sens étriqué.

    Au nom de la liberté, la licence IANG veut ôter des libertés ! Je ne suis pas que dubitatif, je suis radicalement contre !

    Pas de liberté pour les ennemis de la Liberté.