«Pourquoi tout ramener à des vues qui se veulent économiques ?»
C'était la principale préoccupation des gens qui sont intervenus dans l'interview-débat, et c'est en règle générale la principale objection quand on parle de licences libres. Répondre à ces préoccupations c'est « tout ramener à des vues qui se veulent économiques » ?
Il y a sûrement plein d'autres considérations intéressantes, mais je crois qu'on est tous d'accord sur ce site pour reconnaitre les mérites philosophiques véhiculés par les licences libres.
«On fait avant tout de l'argent sur son nom quand on est artiste ou indépendant. Après les modalités [...] sont finalement qu'un point de détail»
Hum, c'est un peu facile à dire... Si on répondait à un artiste qui demande comment on peu vivre avec des oeuvres sous licences art-libre que les modalités sont un point de détail, je ne suis pas persuadé que ça convaincrait grand monde.
Pour moi, c'est un peu éluder la question. Il n'y a pas toujours d'équivalents aux concerts, le mécénat c'est très peu rassurant si l'on n'est pas un artiste de renommée au moins nationale, et les micro-payements n'ont pas encore fait leur preuve. Je suis d'accord que la renommée est importante, mais même dans les logiciels libres il n'y a que "le haut du panier" qui a trouvé un emploi (dans le logiciel libre) grâce à ça.
«j'ai l'impression que les peurs autours des licences sont plus de l'ordre de fantasme sur le thème de l'appropriation de mon bien par autrui [...] et que ce type de discours est justement le fondement qui permet d'appuyer les discours sur les brevets logiciels.»
Tout à fait, et ça rejoint ce que je disais sur le fait que l'on pouvait vendre une concrétisation (ou implémentation) d'une idée, mais pas l'idée elle même. C'est une vieille idée qui fait son chemin en étant reformulée de temps en temps, mais elle est loin d'être encore bien acceptée.
«autrement dit toute personne faisant dire à un de tes textes l'opposé des idées de l'auteur et les lui attribuant pourra toujours subir les foudres de l'auteur ou celles de ses ayant droits que le texte soit sous CC ou LAL»
Je ne suis pas d'accord. La licence Art Libre autorise à modifier un texte dans le sens qu'on veut. Si elle incluait une restriction du genre "vous pouvez modifier ce texte, mais en en préservant le sens", elle ne serait pas libre. Ce que l'on ne peut pas faire, c'est prétendre que le texte modifié véhicule le même sens que l'original.
[^] # Re: Ça ne donne pas tellement envie...
Posté par Yusei (Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence - Débat avec Antoine Moreau. Évalué à 4.
C'était la principale préoccupation des gens qui sont intervenus dans l'interview-débat, et c'est en règle générale la principale objection quand on parle de licences libres. Répondre à ces préoccupations c'est « tout ramener à des vues qui se veulent économiques » ?
Il y a sûrement plein d'autres considérations intéressantes, mais je crois qu'on est tous d'accord sur ce site pour reconnaitre les mérites philosophiques véhiculés par les licences libres.
«On fait avant tout de l'argent sur son nom quand on est artiste ou indépendant. Après les modalités [...] sont finalement qu'un point de détail»
Hum, c'est un peu facile à dire... Si on répondait à un artiste qui demande comment on peu vivre avec des oeuvres sous licences art-libre que les modalités sont un point de détail, je ne suis pas persuadé que ça convaincrait grand monde.
Pour moi, c'est un peu éluder la question. Il n'y a pas toujours d'équivalents aux concerts, le mécénat c'est très peu rassurant si l'on n'est pas un artiste de renommée au moins nationale, et les micro-payements n'ont pas encore fait leur preuve. Je suis d'accord que la renommée est importante, mais même dans les logiciels libres il n'y a que "le haut du panier" qui a trouvé un emploi (dans le logiciel libre) grâce à ça.
«j'ai l'impression que les peurs autours des licences sont plus de l'ordre de fantasme sur le thème de l'appropriation de mon bien par autrui [...] et que ce type de discours est justement le fondement qui permet d'appuyer les discours sur les brevets logiciels.»
Tout à fait, et ça rejoint ce que je disais sur le fait que l'on pouvait vendre une concrétisation (ou implémentation) d'une idée, mais pas l'idée elle même. C'est une vieille idée qui fait son chemin en étant reformulée de temps en temps, mais elle est loin d'être encore bien acceptée.
«autrement dit toute personne faisant dire à un de tes textes l'opposé des idées de l'auteur et les lui attribuant pourra toujours subir les foudres de l'auteur ou celles de ses ayant droits que le texte soit sous CC ou LAL»
Je ne suis pas d'accord. La licence Art Libre autorise à modifier un texte dans le sens qu'on veut. Si elle incluait une restriction du genre "vous pouvez modifier ce texte, mais en en préservant le sens", elle ne serait pas libre. Ce que l'on ne peut pas faire, c'est prétendre que le texte modifié véhicule le même sens que l'original.