• [^] # Re: Ça ne donne pas tellement envie...

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Conférence - Débat avec Antoine Moreau. Évalué à 0.

    Pourquoi tout ramener à des vues qui se veulent économiques ? Je trouve l'axiome implicite comme quoi il existe un nombre de manière limité de "gagner ça vie" (celle que tu imagines) un peu réducteur, et en plus cela fourvoie le raisonnement (méthode dite des biffurcations), et en plus il me semble que le point de vue est mauvais.

    On fait avant tout de l'argent sur son nom quand on est artiste ou indépendant. Après les modalités (vente de tickets de concerts, mécénats) sont finalement qu'un point de détail : tu te focalises sur l'accidentel : les modalités de rétributions et tu ne réfléchis pas à la chose qui est vendu.

    Le logiciel libre comme l'art sont basés sur l'économie de la reconnaissance ; peu importe que l'on te copie, du moment que l'on te reconnait l'oeuvre orignale. Et le nom, la reconnaissance (qui sont au final les vraies choses marchandées) ne sont pas concrètes. On marchande la signature (que ce soit sur un bloc de granit, une toile, un morceau de musique...), le prix du produit effectivement réalisé est peanuts en regard du prix de vente.

    Et en ce qui concerne le droit moral (qu'advient-il d'un texte modifié qui n'est plus conforme à la volonté de l'auteur), il est inaliénable et internationalement reconnu. Ce point est indépendant de la licence et garanti par je ne sais plus quelle convention ; autrement dit toute personne faisant dire à un de tes textes l'opposé des idées de l'auteur et les lui attribuant pourra toujours subir les foudres de l'auteur ou celles de ses ayant droits que le texte soit sous CC ou LAL ou la GFDL ou le domaine public.

    Bizarrement j'ai l'impression que les peurs autours des licences sont plus de l'ordre de fantasme sur le thème de l'appropriation de mon bien par autrui (une idée que j'ai eu qui m'appartiendrait et que l'on pourrait corrompre), et que ce type de discours est justement le fondement qui permet d'appuyer les discours sur les brevets logiciels.
    Je pense qu'il vaut mieux être reconnu comme l'auteur d'une idée originale (au deux sens du mot), que vouloir s'approprier ce qui ne peut l'être (une idée). Pour écrire ceci je me suis inspiré de "l'esprit de la loi" de Montesquieu, et me dit que les grands auteurs préféraient influer sur le destin de leur contemporain plutôt que leurs idées meurt dans la naphtaline de droit restrictifs. L'altération du sens est un risque, mais entre nous tout est riqué, même vivre. Après il y a des auteurs qui sont clairs et se voient bien compris, puis il y a les autres, et les licences de toute façon ne peuvent pas grand chose pour ceux-là.