Je viens d'écouter l'enregistrement. Antoine Moreau nous gratifie, comme à son habitude, de quelques jolies formules; j'ai noté par exemple «non pas gratuit, mais gracieux», «l'auteur n'est pas celui qui a autorité, c'est (étymologiquement) celui qui augmente», «esthétique, est-ce éthique», «la création ne vaut rien car elle est inestimable», et aussi un rappel juridique intéressant sur les créations collectives, collaboratives, ou composites, par rapport à la création commune au sens du copyleft.
Mais les questions posées par le public n'étaient pas moins intéressantes. D'emblée, le problème économique a été mis sur le tapis, et repris par plusieurs intervenants. Antoine, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'une question essentielle, a aussi avoué que c'est «un autre problème», car le but n'est pas de faire du commerce, mais d'«avoir commerce les uns avec les autres», et que «de toute façon un artiste ne vit pas de son art». Une personne a critiqué les esquisses de solutions économiques proposées (par exemple, pour un musicien, monter un fan-club ou vendre des produits dérivés) en soulignant le contraste entre la grâce du don et les techniques marketing redoutables à acquérir. Une autre a insisté: «moi je suis artiste, j'ai du mal à vivre parce que je sais pas faire du commerce avec mon art». Comme l'a dit le dernier intervenant, «sur la question financière, le copyleft laisse encore béants tous les problèmes».
La remarque la plus judicieuse m'a semblé être celle d'une artiste qui, pour ne pas que le créateur soit la dinde de la farce, suggère que l'économie de la création soit «gracieuse d'un bout à l'autre», non pas pour interdire le commerce à la façon des licences non-commerciales, mais pour en garantir l'équité. Car si la création est fondée sur le don, il devrait en aller de même pour son économie. C'est là tout le sens du projet IANG http://iang.info(...) et de la licence IANG qui garantit que le commerce de la création sera contrôlé non pas par l'auteur, ni par l'éditeur, mais par le public.
# Esthétique, est-ce éthique?
Posté par Patrix . En réponse à la dépêche Conférence - Débat avec Antoine Moreau. Évalué à 2.
Mais les questions posées par le public n'étaient pas moins intéressantes. D'emblée, le problème économique a été mis sur le tapis, et repris par plusieurs intervenants. Antoine, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'une question essentielle, a aussi avoué que c'est «un autre problème», car le but n'est pas de faire du commerce, mais d'«avoir commerce les uns avec les autres», et que «de toute façon un artiste ne vit pas de son art». Une personne a critiqué les esquisses de solutions économiques proposées (par exemple, pour un musicien, monter un fan-club ou vendre des produits dérivés) en soulignant le contraste entre la grâce du don et les techniques marketing redoutables à acquérir. Une autre a insisté: «moi je suis artiste, j'ai du mal à vivre parce que je sais pas faire du commerce avec mon art». Comme l'a dit le dernier intervenant, «sur la question financière, le copyleft laisse encore béants tous les problèmes».
La remarque la plus judicieuse m'a semblé être celle d'une artiste qui, pour ne pas que le créateur soit la dinde de la farce, suggère que l'économie de la création soit «gracieuse d'un bout à l'autre», non pas pour interdire le commerce à la façon des licences non-commerciales, mais pour en garantir l'équité. Car si la création est fondée sur le don, il devrait en aller de même pour son économie. C'est là tout le sens du projet IANG http://iang.info(...) et de la licence IANG qui garantit que le commerce de la création sera contrôlé non pas par l'auteur, ni par l'éditeur, mais par le public.