• [^] # Re: Ça ne donne pas tellement envie...

    Posté par (Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence - Débat avec Antoine Moreau. Évalué à 6.

    «Certes, Antoine n'est ni un marchand, ni un juriste, ni un homme de marketing.»

    Quand je dis que ça ne donnait pas envie, ce n'est ni une critique du mouvement ni de l'orateur... j'ai simplement trouvé que ça manquait d'entrain. On sent qu'il est convaincu, mais en dehors de quelques passages comme sa présentation du générateur poïétique où on voit vraiment une nouvelle manière de faire de l'art, ça manque d'entousiasme.

    «Naturellement pour la question des oeuvres dérivées [...] le droit de modification s'applique à une copie de l'oeuvre.»

    C'est vrai, mais ce n'est pas (exactement) ce à quoi je faisais référence. Ce n'est pas seulement une copie mais une oeuvre dérivée. Une personne intervient à un moment pour dire qu'il n'a pas envie que l'on change son texte dans un sens qui contredit ses propos. S'il ne s'agissait que d'une copie, il serait possible de lui faire dire n'importe quoi, comme il le craint, mais c'est plus qu'une copie. Un texte modifié, ce ne sera plus son texte, mais son texte accompagné d'une modification, ce qui constitue une nouvelle oeuvre dont il n'est pas responsable (juridiquement et moralement).

    «Donner une valeur aux seules oeuvres ayant une "concrétisation" me semble très réducteur»

    Le tableau n'était qu'un exemple, il y a bien d'autres concrétisations, et d'ailleurs Antoine Moreau parle de concerts par opposition à un morceau enregistré. Mais surtout, je ne parle pas de valeur, je parle de prix, c'est différent. Les artistes qui sont intervenus avaient peur de ne plus pouvoir vendre leurs oeuvres, et effectivement ils ne pourront pas vendre la partie immatérielle de leur oeuvre, tout juste se faire sponsoriser. Par contre ils peuvent encore vendre toutes les formes concrètes que peuvent prendre leurs oeuvres.

    Ça ne veut pas dire que toutes les oeuvres peuvent prendre des formes concrètes, simplement c'est une réponse parmis plein d'autres à la question "comment je gagne ma vie ?".

    Et pour en revenir à la différence entre valeur et prix, on peut difficilement parler de prix dans le cas d'une oeuvre numérique, le prix n'est une notion utile que pour les objets non reproductibles. Ici, le prix d'une concrétisation dépend de la valeur de l'oeuvre, mais la valeur de l'oeuvre ne dépend pas du prix de ses concrétisations, s'il en existe. La distinction existe aussi pour l'art classique: on s'extasie devant un scan de Picasso autant que devant le tableau concret.

    «On peut acheter une oeuvre non concrétisable (i.e. purement numérique) pour en avoir la primeur, pour se positionner en terme d'image (ex. : une entreprise, une marque), pour pérenniser la situation du créateur»

    Ce n'est plus vraiment de l'achat mais du mécénat ou du sponsoring. C'est tout à fait valable comme mode de rémunération, c'est une autre réponse à la question "comment je gagne ma vie ?", mais il y a des gens à qui ça répugne.