• [^] # Re: Ça ne donne pas tellement envie...

    Posté par . En réponse à la dépêche Conférence - Débat avec Antoine Moreau. Évalué à 3.

    Je suis en grande partie convaincu par le mouvement Art Libre, mais je trouve que la présentation d'Antoine Moreau ne donne pas tellement envie, et ne répond pas à la peur des gens face au renoncement à une partie de leurs droits.


    Certes, Antoine n'est ni un marchand, ni un juriste, ni un homme de marketing. Ce n'est pas, selon moi, ce qui constitue un frein au mouvement qu'il a lancé et qu'il anime, malgré les écueils nombreux qui surgissent sur son chemin.

    Pour reprendre tes points :
    - Le Copyleft artistique permet d'entériner le fait qu'on ne sort pas de nulle part sans influence ni source d'inspiration, et qu'on espère soi-même pouvoir inspirer d'autres. Dans ce sens, la LAL facilite cette reconnaissance car elle incite au métissage et à citer explicitement de qui on tient des éléments de ses propres oeuvres,

    - Naturellement pour la question des oeuvres dérivées, il suffit de s'y pencher 2 minutes pour comprendre que le droit de modification s'applique à une copie de l'oeuvre.

    - Donner une valeur aux seules oeuvres ayant une «concrétisation» me semble très réducteur. Plus on avance dans les techniques et technologies numériques, plus on va voir d'oeuvres qui n'ont pas de telle «concrétisation». Par contre, il ne faut pas penser qu'aux ventes aux enchères, ce qui serait penser aux automobiles qu'en termes de Formule 1. On peut acheter une oeuvre non concrétisable (i.e. purement numérique) pour en avoir la primeur, pour se positionner en terme d'image (ex. : une entreprise, une marque), pour pérenniser la situation du créateur (qu'il n'ait pas besoin de faire de la peinture en bâtiment pour pouvoir faire ses peintures artistiques ;-)... Posséder l'objet unique commence à devenir... démodé ;-)

    - Pour ce dernier sujet, celui de la revente d'oeuvres, cela me fait penser à ceux qui réagissent en terme d'une économie de la rareté (qui va de pair avec l'exclusivité) là où le modèle numérique nous propose une économie de la légitimité (nouveau paradigme). Nombreuses sont les personnes (physiques ou morales) qui produisent du logiciel libre et qui vivent directement de cette production. Paradoxe ? Non. Ceux qui peuvent se le permettre vont «à la source» pour avoir des services associés «de la propre main du créateur». Les autres peuvent malgré tout en profiter mais ne pourront pas avoir du sur-mesure (ou par d'autres tiers, pas forcément aussi légitimes). En art, comme en informatique, celui qui produit mise sur le futur, et son potentiel créatif ; par contre, dans un modèle propriétaire, on mise sur le passé : ce que j'ai déjà produit, ce que j'ai déjà inventé/créé.