• # Un exemple réel

    Posté par . En réponse à la dépêche La langue française dans l'aventure informatique. Évalué à 10.

    Exemple réel d'un chercheur français en informatique que j'ai rencontré. On sait que dans le domaine de la recherche, plusieurs équipes travaillent sur les mêmes thématiques, et une équipe va trouver quelque chose d'interessant à publier peu avant son concurent.
    Le chercheur en question a proposé un article à une conférence anglophone (elle le sont quasiment toutes aujourd'hui). Son papier a été jugé très interessant, mais refusé pour cause de rédaction en Anglais trop médiocre. Les scientifiques ne sont généralement pas spécialement doués pour les langues (elle ne sont pas régulières, et nécessitent majoritairement un apprentissage par c½ur), et l'anglais n'est pas aussi facile qu'il n'y parait (En France, un bachelier sur 100 ayant étudié l'anglais est capable de tenir une véritable conversation en Anglais.). Après avoir revu son article pour en améliorer la langue, le chercheur en question a reproposé son article. Il a été refusé... car un article présentant la même chose avait été publié entre temps.... par une équipe anglophone !

    Ceci pour dire que le choix de la langue de communication internationale est loin d'être anodin, et l'Anglais, même s'il est moins pire que d'autres langues dans le rôle de langue internationale, est loin d'être une solution neutre.

    Une négociation politique ou commerciale entre un anglophone natif et une personne ayant appris l'anglais équivaut à un match de ping pong dont l'un, droiter, est forcé de jouer avec sa main gauche. C'est joué d'avance, la langue est une arme. Le choix de l'anglais est également loin d'être le choix le plus facile : l'anglais n'est pas aussi facile qu'il n'y parait : par exemple il est quasiment impossible, à partir de l'écriture d'un mot, d'en connaitre la prononciation à coup sûr, et réciproquement. Je ne suis pas en train de dire ici que le Français est mieux, mais bien de critiquer l'anglais en tant que "choix" pour la communication internationale.

    Évidement, la solution existe, mais puisque nos élites et gouvernants font la plupart du temps partie de ces 6% d'européens à savoir comprendre un texte normal (ni Hamlet, ni une pub, mais un texte normal), ils ont une vision déformée de la réalité, et ont dans leur entourage une proportion de personnes parlant anglais plus importante, ils croient que l'anglais est un bon outil, ou alors ils se sont résigné à un pragmatisme d'acceptation du fait établi. Il est alors facile de considérer avec dédain la solution de l'Espéranto, langue logique, facile et neutre, en disant "bah, ça n'a pas marché". C'est oublier que les chiffres arables ont mis 4 siècles à "marcher", et le système international des poids et mesures n'a pas non plus "marché" de suite (même certains ne l'utilisent pas encore, en informatique par exemple...!).

    Pourtant, une simple étude objective de ces deux solutions, Anglais ou Espéranto, permet de savoir quel seraient les avantages et les inconvénients de chaque solution. Mais non, l'Espéranto est jugé comme ridicule, irréalisable, tout comme les gens croyaient impossible la création de machines volantes (débuts de l'aviation) ou de la possibilité de capturer des images du réel sur du papier (aux débuts de la photographie). L'Espéranto a prouvé qu'il marche, de manière incroyablement efficace, mais cachez ceci que je ne saurais voir !

    Même si cela parait idéaliste, tout comme les logiciels libres d'ailleurs, renseignez vous sur l'Espéranto, cela vous donnera peut être l'envie de l'apprendre. Ce n'est pas un vaporware ;-) ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Esperanto(...)