Non, pas de la faute de l'Europe, mais du libéralisme débridé, et de l'orthodoxie économique. L'Europe de Maastricht y joue un rôle important, mais ce n'est pas la seule.
J'aime l'Europe. J'aime les peuples d'Europe. Je suis un fervent internationaliste, et l'Europe est pour moi une première étape importante dans l'unification du monde et la suppression des frontières. Une étape que l'on peut réaliser maintenant, contrairement à mon rêve internationaliste que je ne verrai sans doute pas de mon vivant (mais ça ne m'empêchera pas de me battre pour lui).
D'un point de vue pratique, je suis heureux de pouvoir voyager facilement en Allemagne ou en Belgique, et que mes amis d'Europe, d'Allemagne, des Pays-Bas, ... puissent eux aussi venir simplement. Je suis heureux de pouvoir payer en euro quand je vais au FOSDEM ou rendre visite à des amis en Allemagne.
Mais c'est justement parce que j'aime l'Europe que je refuse que l'Europe soit réduite à un espace de "concurrence libre et non faussée". C'est parce que j'aime l'Europe que je refuse de la voir être une arène où règne la loi de la jungle, la guerre éternelle de tous contre tous qui porte le nom de libéralisme. C'est parce que j'aime l'idée d'une Europe unie que je refuse un texte qui incite les peuples d'Europe à lutter les uns contre les autres dans une course insensée à la maximisation des profits et au dumping social.
C'est parce que j'aime l'Europe et les peuples d'Europe que je refuse que l'Europe "que nulle ambition ne mène, pour notre aventure humaine, qu'un rêve de boutiquier" pour reprendre la très belle formule de Ferrat. C'est parce que j'aime l'Europe que je refuse que nos ressources soient gaspillées afin d'"augmenter progressivement nos capacités militaires" pendant que des gens dorment dehors.
C'est parce que j'aime l'Europe que je refuse la construction européenne actuelle, qui conduit à la destruction du pacte social, et au renoncement des pouvoirs publics. C'est parce que j'aime l'Europe que j'ai le devoir de la critique, de dire ce qui ne va pas.
L'Europe est malade, gravement malade. D'un mal qui se nomme ultralibéralisme, avec ses conséquences: moins-disant social, misère, disparation de la démocratie. Pour sauver l'idée même d'Europe, pour éviter que dans le coeur et l'esprit des peuples d'Europe le simple concept d'Europe soit associé à régression sociale, à manque de démocratie, il est temps de changer radicalement la construction européenne. C'est maintenant qu'il faut le faire. Le très faible taux de participation aux élections du Parlement européen, dans TOUS les pays, montre le niveau du malaise.
Les peuples d'Europe ont envie d'Europe, mais se sentent trahis par cette Europe. Alors pour sauver l'Europe, il faut changer l'Europe. Et ça commence par rejetter le TCE qui constitutionalise tous les défauts de l'Europe actuelle. Si on le fait pas, on ne pourra plus changer l'Europe.
Pour sauver l'Europe, pour sauver l'idée d'une Europe unie, fraternelle, démocratique et sociale, pour sauver les peuples d'Europe, il faut voter NON.
[^] # Re: Si le oui passe, c'est l'Europe des brevets logiciels qui gagne ...
Posté par Gaël Le Mignot . En réponse à la dépêche La brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur adoptée par le Conseil. Évalué à 6.
J'aime l'Europe. J'aime les peuples d'Europe. Je suis un fervent internationaliste, et l'Europe est pour moi une première étape importante dans l'unification du monde et la suppression des frontières. Une étape que l'on peut réaliser maintenant, contrairement à mon rêve internationaliste que je ne verrai sans doute pas de mon vivant (mais ça ne m'empêchera pas de me battre pour lui).
D'un point de vue pratique, je suis heureux de pouvoir voyager facilement en Allemagne ou en Belgique, et que mes amis d'Europe, d'Allemagne, des Pays-Bas, ... puissent eux aussi venir simplement. Je suis heureux de pouvoir payer en euro quand je vais au FOSDEM ou rendre visite à des amis en Allemagne.
Mais c'est justement parce que j'aime l'Europe que je refuse que l'Europe soit réduite à un espace de "concurrence libre et non faussée". C'est parce que j'aime l'Europe que je refuse de la voir être une arène où règne la loi de la jungle, la guerre éternelle de tous contre tous qui porte le nom de libéralisme. C'est parce que j'aime l'idée d'une Europe unie que je refuse un texte qui incite les peuples d'Europe à lutter les uns contre les autres dans une course insensée à la maximisation des profits et au dumping social.
C'est parce que j'aime l'Europe et les peuples d'Europe que je refuse que l'Europe "que nulle ambition ne mène, pour notre aventure humaine, qu'un rêve de boutiquier" pour reprendre la très belle formule de Ferrat. C'est parce que j'aime l'Europe que je refuse que nos ressources soient gaspillées afin d'"augmenter progressivement nos capacités militaires" pendant que des gens dorment dehors.
C'est parce que j'aime l'Europe que je refuse la construction européenne actuelle, qui conduit à la destruction du pacte social, et au renoncement des pouvoirs publics. C'est parce que j'aime l'Europe que j'ai le devoir de la critique, de dire ce qui ne va pas.
L'Europe est malade, gravement malade. D'un mal qui se nomme ultralibéralisme, avec ses conséquences: moins-disant social, misère, disparation de la démocratie. Pour sauver l'idée même d'Europe, pour éviter que dans le coeur et l'esprit des peuples d'Europe le simple concept d'Europe soit associé à régression sociale, à manque de démocratie, il est temps de changer radicalement la construction européenne. C'est maintenant qu'il faut le faire. Le très faible taux de participation aux élections du Parlement européen, dans TOUS les pays, montre le niveau du malaise.
Les peuples d'Europe ont envie d'Europe, mais se sentent trahis par cette Europe. Alors pour sauver l'Europe, il faut changer l'Europe. Et ça commence par rejetter le TCE qui constitutionalise tous les défauts de l'Europe actuelle. Si on le fait pas, on ne pourra plus changer l'Europe.
Pour sauver l'Europe, pour sauver l'idée d'une Europe unie, fraternelle, démocratique et sociale, pour sauver les peuples d'Europe, il faut voter NON.