A la limite, dans le cas industriel, le dépôt du brevet représente 1% du coût. Dans le cas logiciel, le dépôt du brevet représente 99% du coût.
Il faut aussi tenir compte du coût d'exploitation de l'invention. Sinon l'inventeur du dernier codec à la mode pourrait te dire qu'il a passé 10 ans à le mettre au point et que donc il mérite rémunération. Dans le cas d'une invention physique, chaque produit à un coût de production non nul.
Exemple bien connu : Le common rail (breveté par Bosch) utilisé dans la plupart de moteur diesel modernes. Le coût de production d'un moteur est élevé. Il faut des machines, des chaines de montages, forger un grand nombre de petites pièces, etc. Le coût de production baisse peu, même après en avoir produit des centaines. Donc si un moteur coûte 2000 euros et que le brevet fait passer son prix à 2003 euros, ça ne vas pas changer la face du monde. Pour le fabricant c'est peanuts. Il préfèrera payer un paquet de carambar que d'essayer de réinventer la roue. Le brevet joue ici son rôle.
Dans le cas d'une invention immatérielle (logiciel), une fois le code au point, le coût de production est nul. Produire un logiciel à un exemplaire ou à 1M, c'est pareil. Ca demande le même coût de développement et le coût de réplication est quasi nul. On se trouve face à un vrai problème s'il faut payer des royalties. Exemple classique du brevet de Fraunhoffer sur le MP3 : Je dois payer x$ par copie de mon logiciel alors que ces copies ne me coûtent rien à fabriquer. Il y a comme un problème.
Pour finir j'ajouterait un point qui me semble problématique dans le système actuel : Les brevets ne tiennent pas compte de la vitesse d'évolution du secteur visé. Une invention industrielle peut rester d'actualité pendant des années (moteur diesel). Le temps pour passer du prototype à la commercialisation (time to market) est important en raison des coûts de production. On ne s'engage pas sans précautions. Une brevetabilité de 20 ans ne parait pas disporportionnées. Pour un logiciel, le time to market est ridicule. Dès qu'un logiciel est pret, on peut le proposer en téléchargement ou l'envoyer chez un presseur de CD/DVD. Il n'y a que peu de frais à engager, si ça marche tant mieux, si c'est un flop on ne perd pas grand chose. Pour finir, un logiciel considéré comme performant aujourd'hui sera sans doute dépassé dans 3 ans. Dans ses conditions une brevetabilité plus longue est inpensable.
[^] # Re: Ce commentaire n'est pas un troll ...
Posté par Croconux . En réponse à la dépêche Entretien avec Michel Rocard dans "Le Monde" sur les brevets logiciels. Évalué à 7.
Il faut aussi tenir compte du coût d'exploitation de l'invention. Sinon l'inventeur du dernier codec à la mode pourrait te dire qu'il a passé 10 ans à le mettre au point et que donc il mérite rémunération. Dans le cas d'une invention physique, chaque produit à un coût de production non nul.
Exemple bien connu : Le common rail (breveté par Bosch) utilisé dans la plupart de moteur diesel modernes. Le coût de production d'un moteur est élevé. Il faut des machines, des chaines de montages, forger un grand nombre de petites pièces, etc. Le coût de production baisse peu, même après en avoir produit des centaines. Donc si un moteur coûte 2000 euros et que le brevet fait passer son prix à 2003 euros, ça ne vas pas changer la face du monde. Pour le fabricant c'est peanuts. Il préfèrera payer un paquet de carambar que d'essayer de réinventer la roue. Le brevet joue ici son rôle.
Dans le cas d'une invention immatérielle (logiciel), une fois le code au point, le coût de production est nul. Produire un logiciel à un exemplaire ou à 1M, c'est pareil. Ca demande le même coût de développement et le coût de réplication est quasi nul. On se trouve face à un vrai problème s'il faut payer des royalties. Exemple classique du brevet de Fraunhoffer sur le MP3 : Je dois payer x$ par copie de mon logiciel alors que ces copies ne me coûtent rien à fabriquer. Il y a comme un problème.
Pour finir j'ajouterait un point qui me semble problématique dans le système actuel : Les brevets ne tiennent pas compte de la vitesse d'évolution du secteur visé. Une invention industrielle peut rester d'actualité pendant des années (moteur diesel). Le temps pour passer du prototype à la commercialisation (time to market) est important en raison des coûts de production. On ne s'engage pas sans précautions. Une brevetabilité de 20 ans ne parait pas disporportionnées. Pour un logiciel, le time to market est ridicule. Dès qu'un logiciel est pret, on peut le proposer en téléchargement ou l'envoyer chez un presseur de CD/DVD. Il n'y a que peu de frais à engager, si ça marche tant mieux, si c'est un flop on ne perd pas grand chose. Pour finir, un logiciel considéré comme performant aujourd'hui sera sans doute dépassé dans 3 ans. Dans ses conditions une brevetabilité plus longue est inpensable.