• [^] # Re: escalade dans la répression jusqu'aux échanges privés entre amis ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Appel du Nouvel Observateur contre la répression du peer-to-peer. Évalué à 4.

    oui \o/
    Tu cibles bien le débat et emploie les termes corrects ("Fraude", "Manque à gagner").

    Tes jugements sont peut être un peu sommaire, basés plus sur une valeur sociale morale établie et "non contestable". ("inadmissible", "excuse valable", "Non-sens"), mais il mettent sur la voie du vrai problème.

    Il faut connaitre, ou du moins tenter d'évaluer les implications économiques et sociales de toute évolution et de toute régression.

    Dans ce cas, l'échange de fichier par peer to peer incluant les fichiers soumis au droit d'auteur, est une évolution. Elle a impliqué la création de mécanismes socio-culturels et économiques (positifs ou négatifs), comme la multiplication d'achats de supports (CD vierges, lecteurs portables, de salon, FAI avec énorme bande passante...), et bien d'autres choses encore (achat de nouvelles oeuvres découvertes via le P2P: hé si ! même si ça ne concerne que 5% des téléchargeurs, il y en a ; Plus grands déplacements vers les concerts).
    En effet, le budget moyen d'une personne pour les loisirs ne disparait pas comme ça, il se déplace.

    Concernant les mécanismes de l'échange massif de fichiers protégés :

    D'une part, hormis le manque à gagner engendré, il y a peut être (ou pas !) des risques d'effondrement culturel (de type crash boursier). Il y a peut etre des risques de pertes énormes pour des artistes ou majors et réciproquement des possibilités de gains d'argent pour d'autres artistes. Des risques de lassitude et de dépreciation, ou de choix plus difficile (la starac ne convient plus ?), une ouverture culturelle plus importante (pour certains, ça peut être vu comme un risque). Il serait intéressant de voir quelques chiffres, et pas seulement chez les plus connus.
    D'autre part, un mécanisme ne s'arrête pas d'un coup de frein (à supposer qu'il faille l'arrêter, mais bon...), il existe une forte inertie. Celle-ci peut en effet être combattue par la répression, ce qui dans ce cas implique d'autres risques, et ce ne sont pas les exemples historiques qui manquent. Le meilleur moyen de combattre ce mécanisme est en effet la culpabilisation. Sisi ça marche, même si ça ne rend pas intelligent (mais est-ce le but ?).

    Savoir si une loi s'accepte sans broncher ou se combat est un débat sans fin.
    Au milieu il y aura toujours les profiteurs qui sauront tirer partie du système. Dans notre cas : soit les quelques majors qui y gagnent des millions d'euros et beaucoup de profits, soit les millions de téléchargeurs qui y gagnent (peut-être) quelques euros et un peu de plaisir.
    Est-ce que les artistes gagneront vraiment à ne plus être "facilement" connus ? Est-ce que quelqu'un qui a la "morale" et la "loi" pour lui a forcément et automatiquement raison ?

    Je pense qu'avant de se laisser manipuler par la démagogie de "la loi c'est comme ça, c'est pas autrement", il faut réfléchir aux implications réelles (voire aux risques) de nos actes, quoi que l'on fasse. Finalement, c'est comme pour l'écologie, sauf que c'est immatériel. Mais ce qui est étrange, c'est que je sens un danger bien plus imminent au niveau écologique.